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Exposition : Clay Ketter à la galerie Daniel Templon

25 novembre 2009

La galerie Daniel Templon expose du 31 octobre au 31 décembre 2009 les derniers travaux de Clay Ketter.

L’exposition regroupe des peintures et photographies de l’artiste, dont notamment cette photographie intitulée Hickey.

Clay Ketter, Hickey. 2009.

Clay Ketter, Hickey. 2009.

Elle a été prise en 2009, lors d’un travail mené sur trois semaines dans l’état du Mississipi, qui a été ravagé par l’ouragan Katrina en août 2005.

Clay Ketter n’a fait aucune retouche sur ses photos, elles ont été prises à la chambre grand format, depuis une grue pour obtenir ce point de vue aérien, plongeant.

J’ai été profondément ému par cette photographie, d’autant que je ne connaissais pas cet artiste et d’où provenaient ses photos. Tout semblait parfait, de bon goût et puis, quel soucis du détail !

La composition était implacable, construite par les différentes textures, dictées par les matériaux se juxtaposant dans l’image. C’était un plan de maison dont les murs n’existaient plus. En résulte une mise à nu des pièces dont on devine la fonction. Une douche sur la droite, un salon avec couloir au milieu, une chambre à gauche. Les interrogations arrivent vite car le puzzle est incomplet.

Pourquoi cette maison est-elle si endommagée ? Est-ce l’imagination de l’artiste, une photographie documentaire ou une photographie retouchée, créée de toute pièce ? Quoiqu’il en soit, je trouvais la disposition de ces petits carreaux incroyablement juste et harmonieuse. On pourrait croire à une mosaïque dans une photo, comme une peinture dans une peinture. J’ai aussi pensé à une idée de zoom qui fasse apparaître la texture de l’image, avec une granularité plus grande où chaque carreau serait un pixel. L’artiste nous invite à nous rapprocher pour apprécier le détail du bois cassé, puis nous éloigner pour avoir une vision d’ensemble et essayer de trouver la solution à cette image.

Et puis, à mon retour chez moi je lis le dossier de presse de la galerie. C’est donc l’ouragan qui a crée tout ça, la nature est aussi violente que parfaite ! Certes, il y a eu le choix du photographe de faire un sujet sur ces habitations désincarnées, de décider d’un point de vue atypique, d’employer un appareil photographique haute-résolution et d’opter pour un tirage couleur argentique (C-print) qui restitue avec volupté toutes ces informations visuelles ; mais, malgré tout, l’auteur de cette photo reste en grande partie l’Homme au sens large et la nature qui l’entoure. C’est très certainement grâce à la double propriété de cette création (le sujet qui est tout autant auteur que le photographe) que cette photographie est à la frontière entre le document et l’œuvre d’art. Une œuvre art qui a une portée documentaire, consciente ou non est à mon sens toujours plus forte.

Clay Ketter, Oden Sr. 2007.

Clay Ketter, Oden Sr. 2007.

Clay Ketter parle, dans une interview vidéo pour le Moderna Museet à Stockholm de son travail, des peintures à ses photographies récentes. Le documentaire est en deux parties.

Partie 1

Partie 2

Elle tournait les pages une à une

15 novembre 2009

Silvie est une amie canadienne. On s’est rencontrés pendant mon année en Espagne et on a toujours gardé contact. Elle m’envoie ses cartes postales originales, quelques fois faites main et au verso toujours écrit avec un feutre noir. Sur les bords, il y a des fleurs colorées et sa signature intègre toujours un cœur rose. Point de déclaration d’amour déguisée derrière ce rituel, juste un état d’esprit et une vision de la vie positive et multicolore qui lui est propre.

Au printemps dernier, elle est venue passée quelques jours à Paris et je l’ai hébergée. Ma période Erasmus à Alicante a été émotionnellement forte et je crois qu’il en a été de même pour tous les étudiants, si bien que je n’ai pas du tout le même type de relations avec eux qu’avec mes amis Français. On n’a rien à se prouver, tout le monde est connecté de manière limpide. Il y a de la vie, simplement.

Donc, quand Silvie est venue dormir chez moi, elle était chez elle et ça s’est fait de suite, comme si c’était évident. Mon appartement l’avait intégré. Dans l’expérience Erasmus, tout le monde partage une partie de soi et il en résulte une proximité, un peu comme de vieux amis qui se connaîtraient depuis plusieurs dizaines d’années et qui auraient tout vécu ensemble. Là, le temps n’est pas passé mais a laissé place à l’intensité – et véracité – des relations humaines exacerbées par le contexte. Inconsciemment on s’est tous livrés et notre vraie personnalité ressort, diffusée.

Elle pose son sac à dos, je mets de la musique et allume la lampe-boule rouge et une autre lumière. Il fait nuit dehors. Ça fait longtemps qu’on ne s’est pas vus, plusieurs années déjà mais il n y pas un flot de parole incessant. On est bien, c’est calme. Il faut dire que Silvie a une voix douce et plus lente que nous, Français, réputés pour parler tellement vite que ça en devient incompréhensible !

Comme la plupart de mes hôtes, je lui amène un bouquin photo que j’adore particulièrement parce qu’il est beau et que son auteur fait partie des cinq photographes que j’admire le plus depuis bien des années. C’est le livre Beneath the Roses (Traduction : Sous la surface des Roses) de Gregory Crewdson. Je pense que l’univers de cet artiste, fortement inspiré par les rêves, fera écho à sa manière d’être parce qu’elle est souvent dans les nuages, ailleurs, dans ses pensées. Même si l’œuvre de Crewdson est très accessible (et c’est ce que j’aime chez lui : une simplicité dans la représentation, loin d’un snobisme artistique !), sa démarche incite malgré tout à se questionner, à analyser finement ce qu’il nous présente.

Elle s’installe dans le futon et commence à ouvrir cet ouvrage grand format. Il y a plus de cent pages, avec une photo à chaque feuille. Ancré dans la superficialité et la rapidité de la vie citadine que je mène, je me dis qu’elle va – comme la plupart des gens à qui j’ai montré ce livre – le feuilleter pendant une à deux minutes, le refermer brusquement et conclure par un attendu « c’est incroyable » ou « c’est joli », que sais-je !

Erreur.

Elle l’a ouvert à la première page, a parcouru la préface car elle était en français puis est passée au premier tableau de Crewdson : une photographie d’une rue de grande banlieue nord-américaine, à l’aube, avec tous les feux tricolores en position orange et surtout une femme en plein milieu mais de profil, enceinte, en petite nuisette et avec des chaussures  rouges à talons. Le comportement du sujet de cette image marque un moment d’absence, d’égarement dans une situation surréaliste.

Silvie regardait cette photo et au bout d’une minute passe à la photo suivante. Elle tournait les pages une à une, contemplant les œuvres de cet artiste. Elle prenait le temps d’apprécier. Son attitude était un hymne à la contemplation et à la lenteur, avec toute la profondeur à laquelle elle est associée.

Ils s’étaient trouvés finalement ! Crewdson, qui travaille en chambre photographique avec un processus de réalisation très long pour chaque image et Silvie, une lectrice à la hauteur du travail de l’artiste qui passa presque une heure à regarder ce livre.

Puis, elle ferme le livre. Je ne sais plus trop ce qu’elle dit ou même si elle dit quelque chose ! Quoiqu’il en soit, ce moment de calme a joué un rôle introductif à la soirée.

On a commencé à discuter et non, on ne s’est pas racontés nos vies mais plutôt on a eu une discussion banale, entre bons et vieux amis, sur des préoccupations humaines et relationnelles du quotidien. C’est ça Erasmus, on quitte les gens, on les revoit des années après, mais on a compris tellement ce qui fait l’importance d’un être et qui il est vraiment qu’on s’attarde sur des sujets qui peuvent sembler simples mais au fond sont primordiaux voire existentiels, en enlevant toute connotation philosophique.

Le lendemain matin, vers six heures, je l’entendais se préparer. Je me lève, l’accompagne en bas de chez moi et la laisse partir pour Vancouver, par un vol depuis Paris sans escales.

Recto/Verso. 2008.

Recto/Verso. 2008.

Une œuvre d’art doit-elle être rare ?

10 novembre 2009

Avant d’arriver à cette question, le fil rouge de ma réflexion a suivi ces interrogations :

  1. Quelle est la nature particulière de la photographie dans le marché de l’art ?
  2. La valeur d’une œuvre est-elle liée à son caractère unique ?
  3. Allons plus loin : est-ce que derrière l’unicité, il n’y aurait pas une notion plus fondamentale – et universelle – : celle de la rareté de toute création artistique ?

Quelle est la nature particulière de la photographie dans le marché de l’art ?

Le marché de l’art a toujours été très conservateur. Dès lors qu’il y’a de l’argent en jeu, et surtout de manière conséquente, les investisseurs veulent des garanties. Ces garanties portent essentiellement sur la valeur d’un artiste donc sur son œuvre. Pour simplifier, je ferai abstraction de la migration actuelle d’une frange du marché de l’art qui se base plus sur la côte d’un artiste que sur la valeur réelle de son travail. Certaines ventes répondent donc plus à un effet de mode qu’à une conviction émotionnelle sincère de la part des investisseurs.

Le documentaire vidéo « Pauvre et Sexy » d’Arte évoque notamment ces mutations ayant lieu dans certains salons et ventes aux enchères d’art. Quant à la notion de valeur, je vous renvoie aux traités fondamentaux de Marx sur la théorie de la valeur, qui peut s’appliquer, dans une certaine mesure, au domaine artistique.

Karl Marx

Karl Marx

La photographie est arrivée dans le marché de l’art assez tardivement, il y’a environ 10-15 ans en France. Pour une œuvre picturale ou une sculpture, la méthode de création en fait un objet physique unique. On ne peut pas le reproduire, le copier et le dupliquer à l’identique.

Le support photographique est différent à ce sujet : il est possible, à partir d’un même négatif (ou fichier numérique) de tirer (ou imprimer) plusieurs épreuves sur papier et ce de manière identique. L’œuvre qu’aura créé l’artiste est donc multipliable à l’infini.

La parade à cette limitation a été d’introduire le concept de séries limitées. Concrètement, le photographe décide de ne faire, par exemple, que 50 tirages d’une même photo, numérotés et signés. Au-delà, toute production supplémentaire n’est plus légale dans le cadre d’une vente.

A l’époque de l’argentique, chaque tirage était véritablement unique. De nos jours, avec des impressions type « Art » comme le système Digigraphie d’Epson, chaque épreuve est identique. Seul le numéro au dos du tirage et la signature de l’auteur en fait un objet à part.

Le vrai débat est alors ailleurs : une œuvre d’art doit-elle être unique pour avoir de la valeur ?

La valeur d’une œuvre est-elle liée à son caractère unique ?

Si on peut reproduire une œuvre d’art, cela déprécie en quelque sorte le talent qu’aura pu avoir l’artiste lors de sa création. Cette vision est en passe de devenir totalement rétrograde, surtout en regardant le contenu de l’art contemporain, fortement basé sur l’idée de concept plutôt que d’objet.

Finalement, l’art actuel est tiraillé entre l’objet et l’idée. Si il y’a quelques décennies, l’objet était ce que le spectateur allait admirer dans les musées, l’évolution de la société – et sa forte complexification – amène a porter notre attention sur le concept et l’idée même d’une création artistique.

Les conservateurs de musée sont donc en train de faire le deuil de la sensibilité d’un artiste au profit d’un concept qui l’amènerait dans les murs du patrimoine artistique d’un pays. L’exemple le plus probant est bien évidemment la Fontaine de Marcel Duchamp qui n’a strictement aucun intérêt esthétique et n’a rien d’unique. Cet urinoir est le produit d’une société industrielle et existe donc en de multiples exemplaires, tous identiques (à noter d’ailleurs que plusieurs fontaines, certifiées par Marcel Duchamp, sont présentes dans différents musées du monde).

Fontaine, Marcel Duchamp.

Fontaine, Marcel Duchamp.

Quelle est la donc la valeur ajoutée qu’apporte l’artiste pour que cela devienne une œuvre d’art ? Une réponse en trois mots pourrait être : le concept, la réflexion et l’intellect.

Si à la fin du XIXème siècle, la différence admise entre la production d’un artisan et celle d’un artiste était l’intelligence dans la démarche, nous retrouvons de nos jours ce trait là de manière très visible. Les artistes sont dans l’art contemporain des intellectuels avant tout. Je ne porte plus de jugement sur ce fait car c’est un débat sans fin ; pour paraphraser le designer Philippe Starck lors de sa conférence à TED, l’Homme actuel ne peut s’élever intellectuellement que s’il comprend qu’il fait partie d’un maillon de l’évolution de l’humanité : il y a eu un avant et il y’aura un après et vouloir renoncer à l’évolution est une aberration par nature. Donc, quelque part, tout effort à critiquer l’art actuel et à le déconsidérer (comme l’architecture du Centre Pompidou pendant de longues années) est vain.

En même temps, cela ne veut pas forcément dire que l’art physique est mort. Lorsque l’artiste Pierre Pinoncelli dégrade l’urinoir de Marcel Duchamp, ne pourrait-on pas y voir la tentative de combattre l’art conceptuel par une action elle-même conceptuelle ? Les 2,8 millions d’euros de dommages et intérêts demandés par le musée Beaubourg à l’artiste montrent une certaine absurdité du modèle mercantile dans l’art. Cet urinoir ne vaut physiquement pas cet argent, on peut demander à l’industriel d’en reproduire un autre : l’idée ironique et géniale qu’a eu Marcel Duchamp à mettre cette fontaine dans un musée restera intacte ! On peut y voir une métaphore avec les actions politiques : si les têtes disparaissent, l’idée, elle, ne meurt jamais. En l’occurrence, elle a été évaluée à 2,8 millions d’euros !

Je crois qu’il faut donc discerner, avant tout propos ou analyse sur une œuvre d’art, deux catégories : les œuvres conceptuelles et les physiques ; car si l’actualité nous amène à faire relever les flashmobs, happenings ou toute autre performance originale du domaine artistique, il reste malgré tout un art plus traditionnel et profondément naturel où on découvre une idée de rareté.

Allons plus loin : est-ce que derrière l’unicité, il n’y aurait pas une notion plus fondamentale – et universelle – : celle de la rareté de toute création artistique ?

La nature d’une œuvre artistique venant de grands peintres par exemple est la qualité. La réalisation, le choix du format, les décisions dans la composition : tout amène à contempler le tableau et à le parcourir sans fin.

En guise de récréation d’esprit et avant de poursuivre, amusez-vous sur ce site permettant de créer un faux-Pollock en quelques clics !

Lavender Mist : Number 1. Jackson Pollock, 1950.

Lavender Mist : Number 1. Jackson Pollock, 1950.

Pour trouver la place qu’a la rareté dans l’art, il suffit de retourner au premier âge, à l’époque préhistorique. Voici un extrait d’un texte écrit par Randall White, spécialiste de l’art et de la parure du Paléolithique supérieur européen. Le texte provient du livre La naissance de l’art :

En fait, notre conception occidentale de l’art nous fait exclure les formes de représentation dont l’objectif est pratique : on ne range pas dans la catégorie « art » des activités comme la publicité des magazines ou de la télévision. Pourtant, si nos capacités de représentation relèvent d’un succès évolutif, nous devons supposer que leur valeur adaptative doit être dissociée de l’idée de l’art pour l’art.

[…]

La décoration corporelle est toujours impliquée dans l’identité sociale ou « moi social », mais elle ne traduit pas simplement une identité : elle participe de manière fondamentale à sa construction.

[…]

La parure corporelle est en général liée à l’obtention sur de longues distances – souvent grâce à des échanges – de matières premières. Habituellement, les gens ne se parent guère d’objets ou de substances ordinaires ou obtenus facilement. Dès lors, nous constatons souvent une sorte de prédilection pour la rareté. Des parties d’animaux, de plantes, des matières de grande valeur cosmologique sont souvent utilisées. C’est dans ce contexte que la question de l’origine de la représentation doit être évaluée.

On voit donc que dès le début, la rareté est une notion indissociable de la représentation artistique.

Pour reprendre le titre de cet article, une œuvre d’art ne « doit » rien, elle est. Cependant, si pour la création physique la notion de rareté sera présente directement ou indirectement dans l’œuvre, pour la création conceptuelle, celle-ci est déportée dans l’intelligence et la subtilité du message qui deviennent alors la véritable enveloppe de l’œuvre, son « corps ».

Limitations du scanner Epson V700

26 octobre 2009

Après plusieurs numérisations de négatifs, faites avec mon scanner Epson V700, j’ai constaté des limitations optiques et comportements étranges du produit. Je m’attarderai que sur deux points :

  1. Les différences de couleur en fonction du temps depuis l’allumage
  2. Les limitations optiques par la détermination de la résolution optique réelle du scanner

Différences de couleurs en fonction du temps depuis l’allumage

Protocole :

  1. Allumage du scanner
  2. Numérisation d’un négatif couleur, sans aucun traitement numérique avec EpsonScan  (toutes les options de la section Ajustements sont désactivées)
  3. Attente de cinq minutes
  4. Numérisation à l’identique

Le négatif couleur est un plan-film 4 x 5 inches Fuji Pro 160s. Les deux fichiers obtenus, format TIFF 24 bits sont ouverts dans Photoshop.

Voici le résultat des deux images à 5 minutes d’intervalle.

Différences de couleur à 5 minutes d'intervalle

Différences de couleur à 5 minutes d'intervalle

Afin d’être sur du premier ressenti, chacune des images a été traitée avec le filtre Flou -> Moyenne sous Photoshop qui permet de calculer, sur l’ensemble des pixels d’une image, la valeur moyenne. Voici le résultat pour les deux scans présentés ci-dessus.

Différences de la moyenne RVB à 5 minutes d'intervalle

Différences de la moyenne RVB à 5 minutes d'intervalle

Résultat : il y’a bien une différence de l’image numérisée, dépendant du temps. La cause, quant à elle n’est pas facilement définissable. On peut suspecter entre autres :

  • les variations de la température de l’émulsion (la lampe chauffant la vitre du scanner)
  • les variations de la température des composants électroniques dans le scanner

Limitations optiques

Le scanner Epson V700 est vendu pour avoir une résolution optique de 6400 dpi. Il est évident que ni ce scanner ni les émulsions photographiques actuelles (2009) n’arrivent à atteindre cette finesse. Cependant, il peut être intéressant de déterminer jusqu’à quel résolution optique le produit va réellement.

Avec « x » la résolution de numérisation définie dans EpsonScan, voici le protocole employé :

  1. Numérisation d’une émulsion à x dpi
  2. Numérisation d’une émulsion à 2x dpi
  3. Sous Photoshop, agrandissement numérique de l’image de x dpi à 2x dpi par interpolation par un échantillonnage bicubique classique.
  4. Comparaison des images obtenues pour voir si l’image optique est meilleure que l’image agrandie numériquement.

Afin que toutes les images, numérisées à différentes résolutions restent visibles correctement, leur taille est identique à celle du scan à 1200 dpi. Sous Photoshop, le re-échantillonnage (agrandissement ou réduction) a été fait par l’algorithme bicubique classique.

Scanner Epson V700 : comparaison à 600 dpi

Scanner Epson V700 : comparaison à 600 dpi

Scanner Epson V700 : comparaison à 1200 dpi

Scanner Epson V700 : comparaison à 1200 dpi

Scanner Epson V700 : comparaison à 2400 dpi

Scanner Epson V700 : comparaison à 2400 dpi

Scanner Epson V700 : comparaison à 4800 dpi

Scanner Epson V700 : comparaison à 4800 dpi

Le résultat est sans appel ! On voit bien qu’au-delà de 1200 dpi, le scanner ne fournit plus aucune information additionnelle.

Par ce test empirique et par l’absurde, on peut déterminer la limite réelle de résolution optique du scanner Epson V700 à 1200 dpi.

Nous sommes bien loin des 6400 dpi vendus par le constructeur.

Lorsque notre pays nous conditionne dans l’appréciation d’une image

12 octobre 2009

English version available : read the translation by Joanna Carter

Du retour du stage de photographie grand format que j’ai suivi ces trois derniers jours à Pleudihen, j’ai pris conscience d’une information importante dans l’appréciation d’une image : la nationalité ou la culture du lecteur.

Le stage était animé par Joanna Carter, une photographe anglaise de paysage.

Depuis quelques années, la photographie de paysage ne m’intéresse plus vraiment, trop graphique et manquant de prise de risque à mon goût.

Etonnamment, cet avis était partagé par d’autres stagiaires, comme moi français.

C’est là où réside l’intérêt de ce stage car, avec l’aide de certains participants, de Joanna et de son amie anglaise, j’ai pu apprécier la simplicité de ces images.

L’ « école anglaise » du paysage photographique est très classique. Vous ne trouverez pas d’images choc dans ce patrimoine, juste des images qui ne s’inscrivent pas dans une série mais dont la beauté devient le sujet essentiel.

Les photos ne sont pas très contrastées et la subtilité du traitement au tirage – argentique ou numérique – fait partie intégrante des codes de cette école d’Outre-Manche.

Les paysages de Jem Southam par exemple, au contraste raisonnable profitent d’ombres bien détaillées et pas complètement noires.

Helen, l’amie de Joanna, me montre photo à l’appui ses différences culturelles. On était en train de traiter une photo sur Photoshop : l’horizon, un viaduc, des arbres autour et une rivière se frayant un chemin entre les plantes et les cailloux du sol.

Le tirage numérique était presque terminé pour moi. L’image rendait plutôt bien mais quelque chose me dérangeait dans le sol avec les plantes. Je trouvais ça trop fade, manquant légèrement de contraste et pas assez dense (sombre).

Pour les deux anglaises, la photo est finie et il n’y avait rien à modifier. J’explique mon insatisfaction, elles m’expliquent leur satisfaction et c’est à ce moment qu’Helen me fait comprendre ses différences de vision pour un univers commun : la photographie.

Les Français aiment tirer leur photo de manière très contrastée, avec des noirs et gris foncés extrêmement denses : « It has to be Art » dit Joanna avec une pointe d’ironie en parlant de l’école française. Elles feuillettent le magazine Réponses Photo du mois dernier et effectivement, d’un coup ça me saute aux yeux.

Le tirage est une question de dosage c’est-à-dire de bon goût. Force est de constater  que les Français ont la main lourde !

Une image avec des écarts entre les hautes lumières et les zones d’ombres trop marqués tombe rapidement dans le vulgaire. Mais, plus grave, elle en devient figée. Les lignes sont renforcées, les bordures s’élargissent et l’œil a du mal à naviguer à l’intérieur.

En regardant à nouveau l’image que nous étions en train de tirer sur le viaduc paraît bien équilibrée, fine, beaucoup plus subtile que ma proposition initiale.

On peut la regarder plusieurs fois en découvrant à chaque lecture quelque chose de nouveau. Quelques part, un dosage raisonnable au tirage augmente le nombre de niveaux de lecture d’une image.

Ce qui fait un peu peur dans cette expérience, c’est qu’entre le vendredi du début du stage et le dimanche, la photo insipide et fade du vendredi est devenue la photo subtile et élégante du dimanche. A contrario, l’image contrastée que j’aurais appréciée en début de stage tombe, dans mon esprit, dans la vulgarité et le mauvais goût à la fin des trois jours.

Une même photo, deux opinions différentes à trois jours d’intervalle.

Même si mon discours semble peu nuancé, les deux versions différentes de cette photo, en fonction des réglages au tirage, sont malgré tout « bonnes ». La différence est légère mais est représentative d’une culture visuelle spécifique à chaque pays.

En guise de conclusion, je citerai Jean-Lou Sieff qui a trouvé la solution à ces interrogations existentielles : « Je propose, sans grand espoir d’être suivi, de classer les photographies en deux grandes familles : les bonnes et les mauvaises ! ».

Mur, rue Montmartre, Paris.

Mur, rue Montmartre, Paris.

ENGLISH VERSION
Translation by Joanna Carter
After returning from the large format workshop, which I I attended for these past three days in Pleudihen, I have become aware of some important information about the appreciation of an image: the nationality or the culture of the person viewing it. 

The workshop was led by Joanna Carter, an English landscape photographer.

For several years, landscape photography didn’t really interest me, too pictorial and missing that element of risk for my taste.

Surprisingly, this point of view was shared by other attendees, who were French like me.

And it is there that lies the interest of this workshop because, with the help of certain participants, of Joanna and her English friend, I have been able to appreciate the simplicity of these images.

The « English School » of landscape photography is very classical. You will not find images that shock in this heritage, only images that do not belong to a series but, in which, beauty becomes the underlying subject.

The photographs are not very contrasty and the subtlety, from processing to printing – whether silver or digital – becomes an integral part of the codes of this school from the other side of the Channel.

The landscapes of Jem Southam for example, with a gentle contrast, benefit from well detailed shadows that are not completely dark.

Helen, Joanna’s friend, showed me photos that supported these cultural differences. We were in the process of preparing a photo in Photoshop: the horizon, a viaduct, some surrounding trees and a river cutting a path between the plants and the stones on the ground.

To my mind, the digital print was almost complete. Overall, the image looked good but something was disturbing me about the plants on the ground. I felt that this area was too bland, lacking slightly in contrast and not dark enough.

For the two English women, the photo was finished and there was nothing more to change. I explained my dissatisfaction to them, they explained their satisfaction to me and it was at this moment that Helen helped me to understand the differences of vision in a common universe: the photograph.

The French like to print their photos with a lot of contrast, with strong blacks and extremely dense greys : « It has to be art » said Joanna with a hint of irony, talking of the French school. Helen leafed through the previous month’s edition of the Réponses Photo magazine and, effectively, in a flash it hit me between the eyes.

Printing is a question of proportion, that is to say, of good taste. It has to be stated that the French have a heavy hand!

An image with too marked a variation between the highlights and the shadows falls rapidly into the vulgar. But, more seriously, it becomes rigid. The lines are strengthened, the edges are widened and the eye has trouble in finding its way around.

In looking again at the image that we were in the process of printing, the viaduct was well balanced, delicate, much more subtle than my initial ideas.

You could look at it several times and discover, at each look, something new. In places, a moderate weight to the print augmented the ways in which the print could be viewed.

That which made me a little afraid in this experience was that, between the beginning of the workshop and the Sunday, Friday’s insipid and bland photo had become Sunday’s subtle and elegant photo. On the other hand, the contrasty image that I would have appreciated at the start of the workshop had fallen, in my mind, into vulgarity and bad taste at the end of the three days.

One single photo, two different opinions separated by three days.

Even if my discourse seems a little qualified, the two different versions of this photo, by adjusting the printing, are both « good ». The difference is slight but is representative of a visual culture specific to each country.

In a manner of conclusion, I will cite Jean-Lou Sieff who has found the solution to these existential questionings: « I suggest, without great hope of being respected, to classify photographs in two large families: the good and the bad! »

Mur, rue Montmartre, Paris.

Mur, rue Montmartre, Paris.

Le capteur était vivant

2 septembre 2009

Et c’est à ce moment là que je me suis rendu compte qu’il y avait une potentialité. Je n’en connaissais pas encore sa nature ; artistique, technique ou expérimentale. Qu’importe, cette photo allait devenir un projet.

L’image a été prise pendant un mariage, vingt secondes de pose et une sensibilité de 800 ISO. Je m’éclipsais de la soirée, de cette piste de danse qui avait fait transpirer mon corps. J’étais le photographe officiel et après presque dix heures non-stop de prise de vue, mon esprit était en manque de repos, d’air frais et surtout, de tranquillité.

Les photos attendues par les mariés, les inévitables de la photographie de mariage avaient été assurés. Me voilà libre !

Je quitte donc cette grande tente blanche dans laquelle les jeunes dansaient et les vieux regardaient.

Il y’a une telle effervescence dans ce genre d’événements qu’un petit moment de calme comme celui-ci amène naturellement vers une déconnexion lente de l’instant présent et on plane dans une douce tranquillité d’âme. Chaque pensée semble venir d’une longue et profonde réflexion.

Je pose mon appareil dans l’herbe, tout est en manuel. Ce seront ces loupiotes illuminant l’allée amenant au château qui constitueront le centre de ma composition. Clic. 20 secondes. Clac.

Le miroir se rabat. Quelques semaines plus tard c’est en triant les milliers de photos du mariage que je découvre cet OVNI : une photographie sortie de nulle part au lien céleste assez évident. Pourtant, rien de tout ça n’était conscient à la prise de vue.

L’appareil photographique avait fonctionné toute la journée, le capteur était chaud et les 800 ISO de sa sensibilité avaient généré du bruit et des traînées sur l’image. Les défauts devenaient le sujet. Un deuxième auteur était intervenu. Le capteur lui-même était vivant. Il avait interprété cette lumière qui arrivait. Lui, simple composant électronique voulait partager la paternité du cliché car il y avait participé.

Par ces amas de pixels, irréguliers mais esthétiques, il nous laissait une signature, irreproductible.

Le dispositif numérique, las des déconsidérations que lui infligent les puristes depuis une dizaine d’années s’était rebellé. Timide, discret, il n’avait osé s’affirmer. Cette photo-là faisait office de revendication.

Oui, il était là. Oui, il existait et désormais, nous serons obligés de composer avec car il s’exprime et voici son œuvre.

"Message du Christ" de CCD 23.6 x 15.8 mm Sensor, France

"Message du Christ" de CCD 23.6 x 15.8 mm Sensor, France

De Séville j’ai retenu le Soleil

12 juillet 2009

Avant de partir pour l’Espagne, je réalisais un portrait de Thierry Janssen. Tel un message prémonitoire, lorsque j’arrive en plein milieu de l’interview, on me présente : Jean-Romain, le photographe.

Thierry Janssen s’arrête, se tourne vers moi et me demande de répéter mon prénom. Je m’y applique et il reprend : Jean-Romain, c’est un joli prénom. Vous savez Jean ça veut dire lumière, d’ailleurs la fête de la Saint-Jean est la fête des lumières. Jolie destinée d’avoir la lumière dans son prénom pour un photographe dis-je à voix haute ! L’interview continue et je photographie.

Cette transition vers mes vacances, sous forme de clin d’œil à ce qui allait se passer dans ma tête quelques jours plus tard introduisit mon escapade ibérique. Madrid, puis Séville.

Le train part de la capitale après y avoir passé quelques jours entre amis. Le AVE (Alta Velocidad Española) démarre pour rejoindre le Sud, toujours plus chaud et lumineux. Un homme à l’uniforme de la compagnie ferroviaire s’avance en ma direction et d’un élégant « ¿ Señor ? » me tend des écouteurs à brancher sur le siège pour profiter du voyage en musique.

Je les branche, choisis le premier canal proposé et la poésie opère. Alors que la lumière de fin de journée se lève, le train avance à une allure parfaite et, doucement, je reçois de la musique espagnole typique – du flamenco – plein mes oreilles. Quelque part, ce n’est qu’à ce moment là que mon voyage a véritablement commencé car il était introspectif et profond.

La capitale andalouse prend le temps. A l’arrivée, je me mets à son rythme (ou son absence). Pour un citadin moderne, ça devient une vraie gageure de ne plus regarder sa montre pour juste apprécier le moment.

Étalés sur plusieurs jours, mes balades m’amènent à des visites et rencontres fortuites ou préméditées.

Il y’a cette charmante Giralda. Ne lui demandez pas son âge, c’est impoli pour les demoiselles et encore plus pour les dames car celle-ci à plusieurs siècles d’existence. Le minaret de Séville a été commandé et construit au XIIème siècle par le calife Abu Yaqub Yusuf.

Puis, ce new-yorkais de naissance dont le nom m’a échappé qui exposait ses photographies dans la rue, en face de la cathédrale. Il a passé la majeure partie de sa vie dans les pays hispanophones. On a discuté photo, futur, vie et je suis reparti avec la photo de mon choix en guise de reconnaissance de notre amitié naissante. C’est derrière ce sublime portrait de deux péruviennes, une mère et sa fille à côté, la mère tenant une brebis que le photographe a écrit « Para Jean-Romain. Ha sido un placer conocerte. Espero verte en Paris. Tu amigo, sa signature. 9 de julio, Sevilla, España ».

La plaza de Torros de Séville, le parc des Princes local, l’élégance et la connaissance en plus. Voici ce que j’ai écrit dans mon carnet

Tel un flash, les murs entourant la Plaza de Torros – les arènes – de Séville éblouissent.

La lumière est forte et les couleurs solaires. Blanc pur pour les murs, ocre pour le sable de l’arène, rouge pour les portes et jaune pour quelques éléments décoratifs.

La forme ovale de l’arène (suite à une erreur de conception) nous amène à y trouver une connexion spatiale, transcendantale. Tout est beau, fin et la guide souligne le passé, tant d’un point de vue architectural que sur la corrida elle-même. Elle est habillée avec une chemise blanche et un tailleur rouge : quel plaisir pour mon œil de recevoir autant de couleurs « primaires » dans ce voyage !

Les toréadors sont animés par une véritable passion. C’est même encore plus fort : la corrida, c’est leur vie, et leur mort pour certains tristes destins.

Les picadores, cavaliers aux grandes lances ouvrent le bal, puis ce sont les peones qui posent les banderilles. La cérémonie continue avec le matador, âgé de 16 à 60 ans (28 ans étant l’âge d’or) qui entre en scène et fait le spectacle. Malgré cet aspect léger, en Espagne et surtout à Madrid et Séville, la corrida est une véritable institution avec ses familles de toréros et d’éleveurs de taureaux (ganaderías).

Le taureau qui rentrera le lendemain nous dit-on est jeune : quelques trois années alors que la moyenne se situe de 4 à 6 ans.

La guide nous montre les hauts-lieux de l’événement hebdomadaire. La chapelle donne sur la puerta mayor – la porte principale – pour que les familles et les toréros y prient avant l’entrée sur l’arène. On habille les chevaux des picadores juste derrière avec des vêtements décorés, onéreux et colorés.

Enfin, la porte principale est le centre de la nervosité générale où des dizaines de proches viennent soutenir le matador. Une corrida, ce sont trois matadores donc trois familles distinctes.

En fonction de l’emplacement et de la renommée du toréro, le prix des places varie énormément. Les billets les plus chers peuvent dépasser les 100 euros.

La cérémonie dure environ 2 heures 30. Une fois que le taureau quitte l’arène, il est découpé. Les différentes parties du corps sont vendues au marché de la ville, ce qui n’a pas toujours été le cas (lorsque la noblesse gardait les pièces du taureau). La popularité actuelle de la corrida provient en grande partie de ce partage culinaire !

Puis je rencontre Alice, une Erasmus italienne vivant à Séville avec 20 autres étudiants ! Merci CouchSurfing ! On se retrouve au bar « Er Tito », en face des Beaux-Arts de Séville. Elle me présente à ses amis (principalement italiens) et m’invite à boire un alcool, une spécialité non pas locale mais… italienne ! Ces italiens, ils restent fidèles à eux-même !

Quel bonheur de retrouver le temps d’un verre l’ambiance Erasmus, avec ses joies, ses peines (certaines colocataires étaient partis la veille), bref : la vie ! On discute quelques heures ensemble et je peux enfin vraiment parler espagnol (et pas rester frustré à juste passer une commande dans un restaurant ou demander la cuenta !), puis je les laisse pour assister à un concert de guitare romantique dans l’enceinte même des remparts de la ville : Alcazar.

A nouveau, voici mes notes sur ce concert magique :

Le concert de guitare classique était merveilleux. Le guitariste donnait de l’Amour, de la douceur.

Il n’y a pas de heurts à Séville. Zéro violence ni agressivité. Ici, tout est romantique. Il faisait beau, tiède avec un léger vent frais et le public – espagnol pour la plupart – écoutait le son de l’instrument à la belle étoile. Le bleu du ciel, clair au début du concert et foncé à sa fin était en dégradé, répondant aux aplats orangés du corridor éclairé et au jaune des lumières pour la muraille. Le tout créait une composition musico-pictorale, en plein air.

Les constellations supervisaient.

Je rentre à l’hôtel où mes doses d’émotion et de mélanine sont à leur maximum ! C’était sans compter sur cette autre rencontre.

Camilla a 21 ans, elle est de Milan. Sa voix est aussi douce que la ville et on s’est mis à discuter dans la pénombre. C’est incroyable comment par moments, deux êtres peuvent commencer à discuter comme ça, quasiment sans contexte et de manière évidente, simple, pure ! On ne se connaissait pas et en même temps, nous n’avions pas besoin d’en savoir plus sur l’autre pour partager et s’écouter. Elle descend pour demander quelque chose à la réception, je monte sur la terrasse de l’hôtel et écris.

Le lendemain matin, on se recroise (dans des dortoirs de 8 personnes ce n’est pas très compliqué !), on échange nos coordonnées. Je découvre son prénom. Un ange passe.

Je continue les jours qui suivent les visites et prends de plus en plus le temps pour apprécier le soleil et la contemplation. Mes sens passent de la saturation parisienne à l’éveil andalous. On reprend conscience de son corps. Pour poursuivre dans cette optique, je vais aux bains arabes : bains de plus en plus chauds, hammam et douche froide. Je ponctue cette activité par un massage relaxant :-).

La soirée restera sur le thème arabisant puisque je retourne aux concerts d’Alcazar pour écouter cette fois-ci un groupe de musique du Maghreb/Moyen-orient, nommé « Amineh » qui interprètera des morceaux traditionnels marocains, turcs et grecs principalement.

Je terminerai cet article par deux points introspectifs. L’un destiné à une amie très proche que j’ai écrit pendant mon voyage à Séville justement. J’espère qu’elle ne m’en voudra pas de dévoiler ce message à autant de personnes d’un seul coup ! Je ne l’ai pas traduit donc il est en espagnol.

Joder Mori me siento muy raro esos días. Debe ser el viaje pero tengo miedo de pasar al lado de mi propria vida.
Parece una tontería pero tengo la sensación que mi objetivo en esta Tierra es de dar amor. Tengo algo dentro de mi, cómo una energía positiva que tiene que salir para dar, compartir cosas buenas en la vida como música, relaciones humanas, sueños, esperanza.
Parece muy naivo y idealista pero es el fundo verdadero de mi sensación actual. Estoy desarollando el punto de vista que tengo del ser humano y de la humanidad. No sé, es muy raro todo eso.
Ayer, he tenido una foto que saqué yo en media-pagina de una revista politica/generalista muy muy famosa en Francia. Toda la gente me ha llamado, mi madre lo dijó a la Tierra entera tanto orgullosa estaba !!!
Pero primero no es una foto estupenda y segundo, temo que este mundo da importancia a cosas futiles, sin importancia justamente !
Cuando estuve en los conciertos dentro de Alcazar ayer y anteayer, los músicos daban amor con la música y su interpretación. Era un encanto, una emocíon pura, positiva y valerosa. Eso es la vida : alguien generoso que te ofrezca su alma, su bondad y su benevolencia.
Me siento tan lejos de la vida superficial y sin valores buenas de París…
Me dijiste que tengo el sol dentro de mi. No sé de eso pero desde que me lo has dicho, veo la gente en dos partes : los que vienen del sol o quien tienen un sol y los demás.
Me alejo mucho de la mayoria de mis amigos « antiguos » por este razón. Los falta la luz, la felicidad.
Bueno, tal vez eso es solo una pasada pero me pregunto muchas cosas esos días.
Agradezco la vida de haber podido conocerte chica especial !
Et enfin, un extrait d’une pensée écrite le 9 juillet dernier :

[…] A nouveau, entre le confort et la vie on préfère le premier. Le poids du regard des autres est immense car il fait écho non pas à un problème avec soi-même mais aux blocages et aux codes réducteurs sociaux de l’ensemble de la société.

Il faut avoir une force incroyable, une confiance en soi sans limite et une paix intérieure entière pour passer outres ces règles relationnelles réductrices.

La vraie liberté, c’est celle de l’Être. Pour moi, ce sont les personnalités solaires. Elles rayonnent, n’ont aucun  recoin intérieur caché, ni zones d’ombres. On peut les lire, les écouter et tout est limpide, transparent.

Ces gens-là sont positifs, profitent de la vie et partagent leur bonheur par une communication aussi simple que pure.

Ils sont beaux car ils voient tout par le prisme de la beauté.

"Digne". Bourges, France.

"Digne". Bourges, France.