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	<title>BLOG &#187; société</title>
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		<title>Le grand enfant qui dirigeait le monde</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Nov 2010 22:49:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Romain Pac</dc:creator>
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		<description><![CDATA[« The Social Network » est un film de David Fincher, sorti en salle le 13 octobre dernier. Il relate l&#8217;épopée de Facebook au travers des relations sentimentale, d&#8217;amitié et d&#8217;influence qu&#8217;entretient son créateur Mark Zuckerberg avec son entourage. Le film en lui-même est honnête, c&#8217;est du David Fincher bien rôdé : réalisation impeccable, scénario sans failles, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>« <a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=147912.html">The Social Network</a> » est un film de <a href="http://www.imdb.com/name/nm0000399/">David Fincher</a>, sorti en salle le 13 octobre dernier. Il relate l&#8217;épopée de <a href="http://www.facebook.com/">Facebook</a> au travers des relations sentimentale, d&#8217;amitié et d&#8217;influence qu&#8217;entretient son créateur Mark Zuckerberg avec son entourage.</p>
<div id="attachment_1066" class="wp-caption alignright" style="width: 210px"><a rel="attachment wp-att-1066" href="http://www.jrpac.com/blog/2010/le-grand-enfant-qui-dirigeait-le-monde/affiche_the_social_network/"><img class="size-full wp-image-1066 " title="Affiche du film &quot;The Social Network&quot; de David Fincher" src="http://www.jrpac.com/blog/wp-content/uploads/2010/11/affiche_the_social_network.jpg" alt="Affiche du film &quot;The Social Network&quot; de David Fincher" width="200" height="267" /></a><p class="wp-caption-text">Affiche du film &quot;The Social Network&quot; de David Fincher</p></div>
<p>Le film en lui-même est honnête, c&#8217;est du David Fincher bien rôdé : réalisation impeccable, scénario sans failles, rythme soutenu sans pour autant être un <a href="http://www.imdb.com/title/tt0317919/">M:i:III</a> et la photographie est correcte bien qu&#8217;un peu en deçà par rapport au reste (trop emprunte aux codes des séries TV). Ne vous trompez pas, le sujet de The Social Network n&#8217;est pas Facebook, l&#8217;intérêt est ailleurs : dans l&#8217;aspect social et la révélation en filigrane d&#8217;un monde qui change d&#8217;un point de vue anthropologique.</p>
<p>Il y a encore quelques décennies, pour être en haut de la pyramide sociale il fallait avoir de l&#8217;expérience dans les relations humaines, un charisme certain, une aisance rhétorique ; en somme, il s&#8217;agissait d&#8217;être un <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A2le_dominant">Alpha-Mâle</a> intellectuel (l&#8217;<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Alpha_(ethology)">article anglais</a> est plus fourni). La vision autre de ce postulat que propose dans ce film le scénariste <a href="http://www.imdb.com/name/nm0815070/">Aaron Sorkin</a> n&#8217;est pas une libre interprétation personnelle du monde actuel mais un fait : les codes sociaux sont en totale mutation.</p>
<p>Le film de Fincher n&#8217;est pas un documentaire mais il relate malgré tout la vie réelle du créateur de Facebook. Zuckerberg est en deuxième année à Harvard et sa petite amie de l&#8217;époque, excédée par son arrogance le quitte. Il boit de l&#8217;alcool pour faire passer la nouvelle et la même nuit se venge en créant Facemash, site web où les étudiants d&#8217;Harvard votent pour la fille la plus sexy du campus. Quelques mois plus tard, il reprend une partie du principe communautaire de Facemash et développe Facebook. Alors qu&#8217;il n&#8217;a que 20 ans, le site est lancé. Trois ans plus tard, il devient le plus jeune milliardaire de la planète.</p>
<p>Ce qui est fou et frappant, c&#8217;est comment un simple étudiant en informatique, presque autiste, mené par une motivation puérile initiale devienne l&#8217;une des personnes les plus influentes du monde. C&#8217;est fascinant et inquiétant. Fascinant car Mark Zuckerberg est un grand enfant, avec tout ce que ça implique. Un enfant ne voit pas le profit (Zuckerberg avait d&#8217;ailleurs créée Synapse quelques temps plus tôt, un logiciel qui détecte vos goûts musicaux et l&#8217;avait diffusé gratuitement sur la toile malgré des propositions d&#8217;achat par Microsoft et AOL), s&#8217;intéresse souvent à des choses nobles car simples et ne connait pas les codes sociaux du monde des adultes. Il s&#8217;affranchit donc automatiquement du poids de la responsabilité. Inquiétant car un enfant peut donc agir sans avoir la notion des conséquences de ses actes. Dans mon ancien métier d&#8217;informaticien, beaucoup de personnes très fortes techniquement étaient coupées du monde réel et ne voyaient pas les graves implications pour le coup loin d&#8217;être virtuelles de certaines de leurs actions.</p>
<p>Internet est encore un circuit parallèle. On peut arriver en haut sans passer par le circuit traditionnel. La voie normale, c&#8217;est encaisser les claques imagées délivrées par ses supérieurs pour nos erreurs de jeunesse &#8211; celles qui révèlent une vision étriquée du fonctionnement d&#8217;une société -, c&#8217;est se confronter à la complexité d&#8217;un marché, quel qu&#8217;il soit, c&#8217;est comprendre les réseaux d&#8217;influences, l&#8217;importance des aptitudes politiques dans l&#8217;ascension hiérarchique et surtout, calmer ses ardeurs de jeune loup prétentieux en emmagasinant un minimum d&#8217;humilité et de sagesse, la dernière qualité étant indissociable d&#8217;un poste à responsabilité.</p>
<p>Lorsque que Mark Zuckerberg est devenu le plus jeune milliardaire au monde, de par l&#8217;aspect financier, il bascule de fait dans le monde <em>réel</em> et celui des grands dirigeants. Sa parole porte et sa moindre décision peut être un raz-de-marée si elle porte sur un sujet sensible. Quelles seront les conséquences de ce genre de situation ? <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Larry_Page">Larry Page</a> et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Sergei_Brin">Sergei Brin</a> de <a href="http://www.google.fr/">Google</a> ont l&#8217;air de plutôt bien gérer leur affaire quant à eux. Ils sont accompagnés d&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Eric_Schmidt">Eric Schmidt</a> formant le fameux triumvirat qui a fait la force du moteur de recherche mais ils me semblent bien plus matures que Mark.</p>
<p>Pour revenir à l&#8217;aspect social, ce qu&#8217;il faut retenir de cette histoire c&#8217;est que ce sont les simples capacités intellectuelles du créateur de Facebook qui l&#8217;ont amené à cette situation. Il a bien évidemment fait les bons choix, a mis en œuvre rapidement de bonnes idées mais il est un handicapé social et ça, c&#8217;est une donnée assez nouvelle me semble-t-il.</p>
<p>Les grandes têtes dénuées d&#8217;une certaine <em>virilité sociale</em> ont rarement accédé à de telles sphères. Plus l&#8217;être humain évolue, moins l&#8217;aspect physique importe. L&#8217;encéphale devient la carte de visite. Lorsque je vois des jeunes qui ont un intellect très développé mais évoluent dans un cercle assez fermé, limitant par là même les possibilités de confrontation sociale et donc d&#8217;apprentissage de la vie en communauté (une société !), je me dis que mon opinion est passéiste et qu&#8217;un jour les « no life » dirigeront le monde ! Je ne sais pas si c&#8217;est triste ou heureux.</p>
<p>Quelque part, il y a un paradoxe. Lorsqu&#8217;un animal s&#8217;élève mentalement, les codes sociaux deviennent plus importants. Ce n&#8217;est pas le plus beau ou le plus fort qui domine mais le fin stratège, celui qui use de son cerveau pour se positionner dans la société. Dès lors, les qualités que le groupe reconnaîtra auprès de celui qui dirige porteront inconsciemment sur cette capacité à communiquer intelligemment avec les autres, à persuader, plaire, assurer, affirmer. Aujourd&#8217;hui, le crédit donné à l&#8217;intellect dans les sociétés dites développées croît de jours en jours (malgré une ouverture &#8211; mais est-ce un effet de mode ? &#8211; vers plus d&#8217;écoute de son corps et de son esprit) et la brusque arrivée du monde virtuel dans nos vies, depuis quelques dizaines d&#8217;années est en train de balayer toute cette culture de l&#8217;importance des codes sociaux, au profit de facultés d&#8217;analyse et de réflexion seules.</p>
<div id="attachment_1071" class="wp-caption aligncenter" style="width: 450px"><a rel="attachment wp-att-1071" href="http://www.jrpac.com/blog/2010/le-grand-enfant-qui-dirigeait-le-monde/placedesvictoires/"><img class="size-full wp-image-1071 " title="Place des Victoires à Paris. Octobre 2010. Chambre 4x5&quot;. Photo : Jean-Romain Pac." src="http://www.jrpac.com/blog/wp-content/uploads/2010/11/PlaceDesVictoires.jpg" alt="Place des Victoires à Paris. Octobre 2010. Chambre 4x5&quot;. Photo : Jean-Romain Pac." width="440" height="340" /></a><p class="wp-caption-text">Place des Victoires à Paris. Octobre 2010. Chambre 4x5&quot;. Photo : Jean-Romain Pac.</p></div>
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		<title>Du déni à l&#8217;appréciation&#8230; de la mode et de l&#8217;art !</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Sep 2010 22:35:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Romain Pac</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Allez, introduisons cet article par deux courts extraits vidéos tirés du film <a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=145352.html">The September Issue</a>.</p>
<p><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Anna_Wintour">Anna Wintour</a>, rédactrice en chef de <a href="http://www.vogue.com/?us_site=y">VOGUE</a>, évoque dans la première séquence le milieu de la mode, non sans une petite fierté délicieuse à être spectatrice et actrice majeure de cette sphère. Dans le second extrait, le cadre n&#8217;a pas pas changé. Même personne. Même film. Mais le discours est autre, il est emprunt de souffrance du à l&#8217;incompréhension, sinon au mépris de son entourage pour son métier et son monde. Sa famille s&#8217;arrête au strass et aux paillettes.</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="440" height="330" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/xeo584?additionalInfos=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="440" height="330" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/xeo584?additionalInfos=0" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always"></embed></object><br />
<strong><a href="http://www.dailymotion.com/video/xeo584_anna-wintour-about-fashion-sphere_creation">Anna Wintour about fashion sphere</a></strong></p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="440" height="330" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/xepcei?additionalInfos=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="440" height="330" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/xepcei?additionalInfos=0" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always"></embed></object><br />
<strong><a href="http://www.dailymotion.com/video/xepcei_anna-wintour-about-her-family-circl_creation">Anna Wintour about her family circle</a></strong></p>
<p>Il existe une cruauté dans le déni et le mépris. Une cruauté-bulldozer qui n&#8217;a pas l&#8217;élégance de comprendre ce qu&#8217;elle écrase. Ces filles écervelées qui défilent avec des visons sur un podium entouré de groupies, de chipies et pseudo-journalistes de mode trendy, cette peinture immensément blanche tâchée d&#8217;un minuscule carré rouge en son centre alors que le commissaire d&#8217;exposition au vernissage agrémente son discours de superlatifs aussi abscons que le dernier mot que je viens d&#8217;employer, ce film d&#8217;auteur qui fait fuir la moitié de la salle et qui obtient la Palme d&#8217;Or et l&#8217;approbation unanime de toute la critique presse.</p>
<p>Au début je trouvais ça ridicule, vraiment. Maintenant, je revois ce premier jugement, celui du déni de la mode et de certaines œuvres d&#8217;art. <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-fran%C3%A7ois_zygel">Jean-François Zygel</a> parlait en des termes similaires en présentant un nouvel épisode de <a href="http://programmes.france2.fr/la-boite-a-musique/index.php?page=article&amp;numsite=4010&amp;id_rubrique=4013&amp;id_article=11807">La boîte à musique</a> sur l&#8217;Opéra  :</p>
<blockquote><p>Quand j&#8217;étais petit, ça ne me disait pas grand chose l&#8217;opéra. Je trouvais même ça passablement ridicule, ces grosses dames qui chantaient avec des airs convaincus, un peu héroïques et puis avec des robes franchement pas possibles.</p>
<p>Non, c&#8217;est plus tard, que je me suis rendu compte qu&#8217;il se jouait là quelque chose d&#8217;important. Et puis, ça fait plus de trois siècles qu&#8217;on écrit des opéras, que tout le monde continue à aller voir cela alors, il doit y avoir quelque chose, quelque chose d&#8217;important dans cette histoire d&#8217;opéra.</p></blockquote>
<p>Avec le temps, en m&#8217;y intéressant légèrement plus, je me suis rendu compte qu&#8217;il y a dans la mode plus de profondeur que ce que l&#8217;œil du profane pourrait y voir. C&#8217;est un monde léger, coloré et qui s&#8217;amuse, à l&#8217;image des robes de <a href="http://www.ladygaga.com/">Lady Gaga</a> conçues par <a href="http://www.jc-de-castelbajac.com/">Jean-Charles de Castelbajac</a>. C&#8217;est un monde qui travaille, énormément, sans cesse, toujours sur la brèche, toujours porté vers l&#8217;avenir. La mode est ancrée dans le contemporain et est donc connectée au monde en permanence. Et puis ce qu&#8217;il me plaît le plus et qui est une qualité partagée avec les compositeurs de hip-hop, les « modeux » sont curieux : ils s&#8217;intéressent à tout, leur culture est certes superficielle mais s&#8217;étend à l&#8217;ensemble des styles musicaux, aux modes de vie des gens, au design, à l&#8217;art.</p>
<p>La mode est profondément liée à la société et dicte bien des comportements sociaux ! L&#8217;appartenance à un groupe social implique une certaine tenue vestimentaire. Que l&#8217;on s&#8217;intéresse ou non aux vêtements, on ne peut nier l&#8217;importance de ces bouts de tissus sociologiquement parlant. Tout n&#8217;est donc pas futile dans la mode (<a href="http://www.jrpac.com/blog/2009/la-futilite-est-un-signe-devolution/">et quand bien même, ce n&#8217;est pas grave</a>) et les détails auxquels elle semble s&#8217;attarder n&#8217;en sont pas !</p>
<p>Voici un extrait du génialissime <a href="http://www.nyu.edu/gsas/dept/anthro/programs/csho/pmwiki.php/Home/RandallWhite">Randall White</a>, spécialiste de l&#8217;art et de la parure du Paléolithique supérieur européen, il est professeur d&#8217;anthropologie à l&#8217;université de New York (<a href="http://www.nyu.edu/">NYE</a>) ; cet extrait provient de l&#8217;article <a href="http://www.nyu.edu/gsas/dept/anthro/programs/csho/Content/Facultycvandinfo/White/RWarticles/RW2000LaRecherchehorsserie.pdf">Un Big Bang socioculturel</a> paru dans <a href="http://www.larecherche.fr/">La Recherche</a> :</p>
<blockquote><p>Prenons un exemple : un anneau porté au nombril renvoie à des associations métaphoriques complètement différentes d&#8217;un anneau porté à l&#8217;annulaire de la main gauche. En outre, l&#8217;évocation ne sera pas la même selon le matériau, or, platine ou cuivre. De même qu&#8217;une lettre écrite sur du papier vergé à en-tête, imprimé en relief, sera plus solennelle que si elle est écrite sur du papier ordinaire. Pourtant il n&#8217;y a aucune signification inhérente à l&#8217;or, au papier vergé, à l&#8217;annulaire de la main gauche, ni même à la forme circulaire. Les symboles sont en fait représentés sous des formes matérielles culturellement convenues, dont le sens subjectif échappe aux individus d&#8217;une culture différente.</p></blockquote>
<p>Du &laquo;&nbsp;sens subjectif&nbsp;&raquo; qui échappe à certaines personnes au &laquo;&nbsp;sens du beau&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;sens artistique&nbsp;&raquo;, il n&#8217;y a qu&#8217;un pas ! La culture dans l&#8217;appréciation d&#8217;une œuvre est donc primordiale, de même que le palet d&#8217;un œnologue s&#8217;éduque pour apprécier tous les parfums d&#8217;un bon vin ! C&#8217;est ainsi qu&#8217;après la lecture de livres sur l&#8217;art, la présence à des conférences sur des domaines que je ne connaissais pas et l&#8217;intérêt de l&#8217;ignare en mode que je suis pour ce milieu, je suis passé du déni à l&#8217;appréciation.</p>
<blockquote><p><strong>DÉNIER</strong></p>
<p><em>Refuser (le plus souvent injustement) d&#8217;accorder que quelqu&#8217;un possède ou puisse posséder telle qualité, tel droit.</em></p>
<p><strong>APPRÉCIER</strong></p>
<p><em>Porter un jugement favorable sur une personne ou une chose, en reconnaître la valeur, la qualité, l&#8217;importance.</em></p></blockquote>
<p>La société fonctionne avec des sphères sociales :  les artistes, les agents immobiliers, les informaticiens, les journalistes, les commerciaux, &#8230;etc. Chaque sphère a une part d&#8217;invisible et il est frustrant pour leurs acteurs de ses sphères, sinon blessant, que cette part soit déconsidérée par autrui.  Les sphères sociales sont différentes, s&#8217;entrecroisent rarement, s&#8217;observent et se jugent. Il en résulte une vision biaisée et bien souvent peu flatteuse de ce que l&#8217;on ne connait pas. L&#8217;ignorance doublée d&#8217;un manque d&#8217;ouverture d&#8217;esprit nous amènent à dénigrer certains milieux.</p>
<p>Dans mon ancienne vie, je ne comprenais pas que mes parents ne me comprennent pas ! Je passais des nuits entières à développer des logiciels informatiques et j&#8217;étais fier de la manière avec laquelle je réalisais ces programmes. Lorsque je présentais le produit fini, j&#8217;aurais voulu que l&#8217;on s&#8217;intéresse à l&#8217;envers du décor, à la beauté de telle ou telle partie du programme et je ressentais les remarques <em>superficielles</em>, sur ce que l&#8217;on voit, comme un véritable déshonneur face à mon travail. L&#8217;histoire se suit et se répète lorsque je fais une photographie et que la seule question qu&#8217;on va me poser porte sur l&#8217;appareil photo utilisé ou et le diaphragme employé !</p>
<p>Mais je ne peux pas en vouloir à mes congénères, je suis exactement comme eux ! Je suis le premier à poser des questions sans intérêt réel dans l&#8217;approche et la réalisation d&#8217;un travail.</p>
<p>On retrouve là peut-être l&#8217;essence même de ce qu&#8217;est un artiste : une manière de faire les choses impossible à décrire car trop dans le ressenti, la sensation et une singularité dans l&#8217;action et le geste que l&#8217;on ne peut verbaliser. Au fond, on pourrait se dire qu&#8217;importe ce que pense Stravinski, ce que  ressent Rubens, leur œuvre est le meilleur reflet de la profondeur et l&#8217;élégance de leur esprit. Le fond d&#8217;un artiste est impénétrable et c&#8217;est ce qui le rend hors normes, magique dans une certaine mesure. La nature de l&#8217;esprit est la signature du créateur. Le pinceau suit la main, dirigée par le cerveau. Comme le disait Léonard de Vinci au sujet de la peinture, l&#8217;art est une &laquo;&nbsp;cosa mentale&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Si les méandres de la pensée de l&#8217;artiste sont impénétrables, il peut en être autant de son œuvre finie !</p>
<p>Le duo d&#8217;artistes <a href="http://www.lernertandsander.com/index.php?/about-us/">Lernert &amp; Sander</a> est parti du constat qu&#8217;il est difficile d&#8217;expliquer à ses parents son travail artistique (au sens où ce n&#8217;est pas une large fumisterie et juste du grand n&#8217;importe quoi !) pour réaliser une série de documentaires vidéos intitulée <a href="http://www.lernertandsander.com/index.php?/projects/how-do-i-explain-my-parents/">How To Explain It To My Parents</a> où des artistes plus ou moins connus, plus ou moins jeunes, s&#8217;assoient avec leurs parents autour d&#8217;une table et tentent d&#8217;expliquer leur démarche et leur activité. Le résultat est touchant, vrai et assez emblématique des deux sphères qui se voient sans se comprendre. Cette confrontation d&#8217;opinion s&#8217;étend bien au-delà du cercle familial.</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="440" height="247" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=13487217&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=0&amp;show_byline=0&amp;show_portrait=0&amp;color=fff&amp;fullscreen=1&amp;autoplay=0&amp;loop=0" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="440" height="247" src="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=13487217&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=0&amp;show_byline=0&amp;show_portrait=0&amp;color=fff&amp;fullscreen=1&amp;autoplay=0&amp;loop=0" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always"></embed></object></p>
<p>Grâce à une ouverture sur le monde, à un intérêt de l&#8217;inconnu et l&#8217;extension de sa culture personnelle, on peut apprécier ce que l&#8217;on déniait auparavant et revoir sa position. En art, la richesse et la multiplicité des niveaux de lecture d&#8217;une œuvre font que ces révisions sont permanentes. Un jour cette œuvre sera un chef d&#8217;œuvre, le jour suivant elle sera une imposture. Les approches sont tellement différentes que l&#8217;évaluation d&#8217;une œuvre est un rubik&#8217;s cube pour n&#8217;importe quel amateur d&#8217;art et a fortiori pour le critique.</p>
<p>Beaucoup d&#8217;œuvres d&#8217;art, surtout maintenant, sont inaccessibles. Elles présupposent une culture qui officiera comme un éveil. Mais, si avoir le bagage nécessaire pour recevoir mentalement une œuvre d&#8217;art est une chose, pouvoir déterminer si cette peinture ou cette photographie relève du pipeau intégral ou d&#8217;un véritable chef d&#8217;œuvre est une autre affaire !</p>
<p>J&#8217;ai dans ma &laquo;&nbsp;boîte à chaussures virtuelle&nbsp;&raquo; un schéma que je présenterai dans un prochain article permettant d&#8217;évaluer une œuvre et de comprendre la versatilité permanente d&#8217;un bon critique d&#8217;art.</p>
<p>En attendant, je vous laisse découvrir les peintures de l&#8217;artiste Roat Romano Chocalescu (!) et aussi, pour le plaisir, la bande-annonce du film Musée Haut, Musée Bas de Jean-Michel Ribes.</p>
<p><em>Roat Romano Choucalescu, un « destructureur d&#8217;intemporalité »</em></p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="440" height="352" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/G0WoW7hbOWA?fs=1&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="440" height="352" src="http://www.youtube.com/v/G0WoW7hbOWA?fs=1&amp;hl=fr_FR" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always"></embed></object></p>
<p><em>Bande-annonce de Musée Haut, Musée Bas</em></p>
<div id="blogvision" style="width: 420px; height: 335px;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="100%" height="100%" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.allocine.fr/blogvision/18837531" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="100%" height="100%" src="http://www.allocine.fr/blogvision/18837531" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always"></embed></object></div>
<p><em><br />
</em></p>
<p><strong>En savoir plus</strong></p>
<ul>
<li>Mode
<ul>
<li><a href="http://www.arte.tv/fr/Echappees-culturelles/Le-jour-d-avant/2903194,CmC=2903146.html">Le jour d&#8217;avant</a> par <a href="http://www.imdb.com/name/nm1459873/">Loïc Prigent</a>, une série documentaire diffusée sur <a href="http://www.arte.tv/">Arte </a>sur les 24H précédents un défilé de mode, dans 4 grandes maisons de couture</li>
<li><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=111567.html">Film documentaire Lagerfeld Confidentiel</a></li>
</ul>
</li>
<li>Art
<ul>
<li><a href="http://www.lernertandsander.com/">Site Web de Lernert &amp; Sander</a></li>
<li><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=129366.html">Film Musée Haut, Musée Bas</a> de <a href="http://www.imdb.com/name/nm0722980/">Jean-Michel Ribes</a></li>
<li><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=135547.html">Film Achille et la tortue</a> de <a href="http://www.imdb.com/name/nm0001429/">Takeshi Kitano</a></li>
</ul>
</li>
<li>Musique
<ul>
<li><a href="http://www.youtube.com/watch?v=EVBsypHzF3U">Clip Telephone de Lady Gaga</a>, où la robe rayée noir et blanc qu&#8217;elle porte a été spécialement conçue pour le clip par Jean-Charles de Castelbajac</li>
<li>Interview vidéo de Jean-François Zygel : <a href="http://animateurs.france2.fr/IMG/asx/zygel-1.asx">partie 1</a>, <a href="http://animateurs.france2.fr/IMG/asx/zygel-2.asx">partie 2</a></li>
</ul>
</li>
<li><a href="http://www.cnrtl.fr/definition/d%C3%A9nier">Source de la définition du verbe Dénier</a></li>
<li><a href="http://www.cnrtl.fr/definition/appr%C3%A9cier">Source de la définition du verbe Apprécier</a></li>
</ul>
<div id="attachment_907" class="wp-caption aligncenter" style="width: 450px"><a rel="attachment wp-att-907" href="http://www.jrpac.com/blog/2010/du-deni-a-lappreciation-de-la-mode-et-de-lart/jrpac-001/"><img class="size-full wp-image-907 " title="Pyrénées espagnoles. Août 2010. Photo : Jean-Romain Pac." src="http://www.jrpac.com/blog/wp-content/uploads/2010/09/jrpac-001.jpg" alt="Pyrénées espagnoles. Août 2010. Photo : Jean-Romain Pac." width="440" height="293" /></a><p class="wp-caption-text">Pyrénées espagnoles. Août 2010. Photo : Jean-Romain Pac.</p></div>
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		<title>L&#8217;art n&#8217;existe pas</title>
		<link>http://www.jrpac.com/blog/2010/lart-nexiste-pas/</link>
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		<pubDate>Fri, 12 Feb 2010 16:59:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Romain Pac</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pensée]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
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		<category><![CDATA[fritz lang]]></category>
		<category><![CDATA[galeries d'art]]></category>
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		<category><![CDATA[société]]></category>

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		<description><![CDATA[Une oeuvre devient une oeuvre d&#8217;art à partir du moment où elle entre dans un musée. Vous souvenez-vous de cette vidéo qui avait envahi la toile il y a quelques années ? Joshua Bell, un violoniste virtuose jouait dans le hall de la gare de Washington DC dans l&#8217;indifférence générale. Cette expérience est très révélatrice. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une oeuvre devient une oeuvre d&#8217;art à partir du moment où elle entre dans un musée.</p>
<p>Vous souvenez-vous de cette vidéo qui avait envahi la toile il y a quelques années ? <a href="http://www.joshuabell.com/">Joshua Bell</a>, un violoniste virtuose jouait dans le hall de la gare de Washington DC dans l&#8217;indifférence générale.</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="425" height="344" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/myq8upzJDJc&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;rel=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="344" src="http://www.youtube.com/v/myq8upzJDJc&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;rel=0" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p>Cette expérience est très révélatrice. L&#8217;art a besoin d&#8217;un contexte pour être apprécié. Si un panneau à côté indiquait : &laquo;&nbsp;Cet homme a gagné un Grammy Award&nbsp;&raquo; ou si le musicien jouait exactement les mêmes morceaux, avec la même interprétation mais juste dans une salle de concert, la réception de son œuvre aurait été totalement différente.</p>
<p>De même, à l&#8217;époque préhistorique, un silex gravé avec des ornements gagnera en reconnaissance uniquement si le groupe social, c&#8217;est-à-dire la société le reconnaît comme une œuvre d&#8217;art et non comme simple outil. La reconnaissance, légitime ou pas, impose l&#8217;intérêt.</p>
<p>Il n&#8217;y a pas d&#8217;art sans institutions. En soi, une peinture de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Rembrandt">Rembrandt</a>, un film de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fritz_Lang">Fritz Lang</a>, une musique de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Wolfgang_Amadeus_Mozart">Mozart</a> ou une sculpture de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Alberto_Giacometti">Giacometti</a> ne sont que des productions, des créations humaines.</p>
<p>Au fond, qu&#8217;est-ce qui différencie l&#8217;activité du peintre <a href="http://www.pierre-soulages.com/">Pierre Soulages</a>, qui investit toute sa vie à peindre des toiles blanches avec du noir d&#8217;un chercheur mathématicien qui dédie toute son existence à la démonstration d&#8217;un théorème ? Les deux sont déterminés, impliqués ; ils cultivent le goût pour l&#8217;excellence et sont &laquo;&nbsp;spécialistes&nbsp;&raquo; voire même uniques dans leur domaine. Les mathématiques font tout aussi appel à une ouverture sur le monde que la création picturale.</p>
<p>La seule différence que je vois dans ces deux productions, c&#8217;est l&#8217;étiquette. Ce label virtuel qui indique que les œuvres de Pierre Soulages relève du domaine artistique et pas celles du mathématicien. Ne faut-il pas de folie, de persévérance et d&#8217;entreprise à fort message &#8211; conceptuel ou pas &#8211; pour faire décoller une fusée et découvrir l&#8217;univers ? Certes, il y a des impératifs commerciaux et une volonté lucrative mais cela n&#8217;a pas toujours été le cas. Honnêtement, les ingénieurs qui réalisent ces objets sont très semblables aux artistes, autant dans la personnalité que dans la démarche.</p>
<p>Le fait donc de dire &laquo;&nbsp;ça c&#8217;est de l&#8217;art&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;ça ce n&#8217;est pas de l&#8217;art&nbsp;&raquo;, en quelque sorte n&#8217;a rien à voir avec l&#8217;œuvre même. Les institutions qui ont droit de vie ou de mort sur les travaux d&#8217;un créateur dessinent le paysage artistique, sur des critères qui me semblent bien peu ouverts. Le triumvirat infernal -  galeries, musées et salles de vente &#8211; est à l&#8217;origine de ce comité de censure et de promotion décentralisé. Il n&#8217;est pas seul, aidé par quelques branches satellites tenues par des universitaires, des critiques d&#8217;art et quelques concours à influence internationale, il représente une couche d&#8217;abstraction, ô combien subjective qui appose une valeur artistique ou financière à une œuvre.</p>
<p>De ce constat, on peut en déduire que l&#8217;art n&#8217;existe pas, ou tout du moins, qu&#8217;il ne représente que l&#8217;avis de certaines institutions, peu importe sur quoi porte cet avis. Il faut bien saisir d&#8217;ailleurs, que le mot &laquo;&nbsp;artiste&nbsp;&raquo; employé en son sens communément admis aujourd&#8217;hui n&#8217;est apparu qu&#8217;à partir de la Renaissance, soit extrêmement tard dans l&#8217;histoire de l&#8217;humanité. C&#8217;est donc une notion nouvelle et sa définition est aussi multiple que le nombre d&#8217;humains sur cette planète !</p>
<p>Je crois qu&#8217;il faut prendre du recul sur ce qui est l&#8217;art aujourd&#8217;hui. On devrait tous se considérer comme des praticiens, des artisans, des créateurs. <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Johann_Sebastian_Bach">Johann Sebastian Bach</a> se prenait-il pour un artiste ? J&#8217;en doute. Il travaillait sur commande uniquement, devait rendre sa copie tel un écolier toutes les semaines pour la messe du dimanche. On est bien loin de l&#8217;imagerie romantique de l&#8217;artiste-poète dont le génie impose la tolérance de tous les excès.</p>
<p><a href="http://www.vanityfair.com/culture/features/2009/11/norman-rockwell-200911?currentPage=1">Norman Rockwell</a> par exemple avait une vie assez banale, voire même monotone. Considéré comme un workaholic par son entourage, il fait plus penser à un enseignant-chercheur dévoué à sa tâche, mettant en second plan sa vie familiale et sociale qu&#8217;au très séduisant <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Keats">John Keats</a>.</p>
<p><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fontaine_%28Duchamp%29">La fontaine</a> de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Duchamp">Marcel Duchamp</a> est définitivement une œuvre majeure car non seulement elle explique le fonctionnement du milieu de l&#8217;art et la reconnaissance d&#8217;une œuvre par les institutions mais elle est aussi une métaphore très forte sur l&#8217;impact du groupe social dans l&#8217;échelle de valeurs de la société.</p>
<p>Tout n&#8217;est que hiérarchie : de la reconnaissance (célébrité, compétence) à la position sociale (pouvoir, argent) sans oublier la sacro-sainte séduction et attraction sexuelle intimement liée aux deux premiers points.</p>
<p>Les hommes et les femmes évoluent dans la rue de manière assez simple. Certains sont bien habillés, d&#8217;autres pas. Certains sont souriants, d&#8217;autres sont énervés mais, en filigrane, au-dessus de cette partie visible, il y a un monde parallèle, perceptible que par nos structures mentales complexes, celle des hiérarchies et de la place de la réussite, du succès. Tout est dicté par ça : ceux qui ont réussi et ceux qui sont restés en bas de l&#8217;échelle.</p>
<p>La différence va venir du choix de l&#8217;échelle justement : alors que les bouddhistes vont avancer sur les rails de la spiritualité, les sociétés occidentales elles ont choisi le matérialisme ou la position sociale. Mettre un urinoir dans un musée, c&#8217;est révéler les échelles de valeur et les étiquettes. Un objet insignifiant à Beaubourg représente, de facto, une œuvre d&#8217;art et profite donc d&#8217;une renommée mondiale dans le milieu de l&#8217;art. Duchamp crée l&#8217;étiquette, crée lui-même à partir de rien une légende qui dit : &laquo;&nbsp;La société va trouver ça génial donc à partir de là, considère-le&nbsp;&raquo;. Et ça fonctionne !</p>
<p>Son œuvre est donc méta-sociétale : elle explique le fonctionnement de la société en l&#8217;appliquant à un sous domaine, celui de l&#8217;art.</p>
<p>Ce n&#8217;est pas Rembrandt qui est de l&#8217;art, c&#8217;est le fait de le dire.</p>
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