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	<title>BLOG &#187; philosophie</title>
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		<title>La futilité est un signe d&#8217;évolution !</title>
		<link>http://www.jrpac.com/blog/2009/la-futilite-est-un-signe-devolution/</link>
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		<pubDate>Mon, 07 Dec 2009 02:11:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Romain Pac</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Quelle folie d&#8217;aller s&#8217;asseoir dans le fauteuil rouge profond d&#8217;une salle de concert et d&#8217;écouter, transporté, un concerto de Tchaïkovski ! Quel délice d&#8217;oser prendre sur son temps pour remplir de couleurs harmonieuses une feuille de papier, dessiner et s&#8217;exprimer. Enfin, quel luxe de pouvoir aller dans un parc, prendre place sur un banc et, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quelle folie d&#8217;aller s&#8217;asseoir dans le fauteuil rouge profond d&#8217;une salle de concert et d&#8217;écouter, transporté, un concerto de Tchaïkovski !</p>
<p>Quel délice d&#8217;oser prendre sur son temps pour remplir de couleurs harmonieuses une feuille de papier, dessiner et s&#8217;exprimer.</p>
<p>Enfin, quel luxe de pouvoir aller dans un parc, prendre place sur un banc et, muet, penser à sa condition voire à l&#8217;humanité.</p>
<p>Me voilà de retour de la projection du film <a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=127661.html">La route</a>, tiré du roman éponyme de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Cormac_McCarthy">Cormac McCarthy</a>. Il présente la vie quotidienne d&#8217;un père et son fils, dans un univers post-apocalyptique. Ils doivent manger, survivre, marcher et tentent d&#8217;éviter le cannibalisme malgré leur faim. Leur vie est brute, sans répit. Dans un monde pareil, la tranquillité semble être un néologisme. Même s&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une fiction, il fut un temps sur Terre où l&#8217;ensemble des êtres humains devaient avoir une vie similaire.</p>
<p>En regardant la vie d&#8217;un occidental moyen, le contraste est saisissant. Qu&#8217;est-ce qui fait qu&#8217;aujourd&#8217;hui, on insère un plat cuisiné dans le four à micro-ondes et deux minutes plus tard, notre repas est prêt et son besoin oublié ?</p>
<p>L&#8217;évolution.</p>
<p>L&#8217;homme a trois besoins : se nourrir, dormir et se reproduire. Toute l&#8217;évolution de l&#8217;humanité s&#8217;est efforcée de travailler sur ces trois points pour qu&#8217;ils ne représentent plus de problème à l&#8217;homme dans sa vie de tous les jours. Il n&#8217;a plus à s&#8217;en préoccuper et peut donc passer au palier supérieur.</p>
<div id="attachment_465" class="wp-caption aligncenter" style="width: 450px"><img class="size-full wp-image-465 " title="Pyramide de l’activité humaine en fonction de l’évolution." src="http://www.jrpac.com/blog/wp-content/uploads/2009/12/pyramide_besoins1.jpg" alt="Pyramide de l’activité humaine en fonction de l’évolution." width="440" height="219" /><p class="wp-caption-text">Pyramide de l’activité humaine en fonction de l’évolution.</p></div>
<p>Il existe une pyramide des priorités, variant plus ou moins en fonction des cultures. Chacun pourrait créer la sienne, je vous présente ci-dessus comment je vois l&#8217;évolution humaine. La définition même d&#8217;évolution est très subjective : les moines tibétains n&#8217;auront certainement pas la même définition que certains milliardaires ultra-matérialistes mais qu&#8217;importe, il y a malgré tout des points communs.</p>
<p>Le premier fait de l&#8217;évolution humaine porte sur la pensée. Tout être humain n&#8217;a pas le luxe de philosopher. La philosophie, représentée en rouge dans le schéma (pensée) suppose d&#8217;être serein, donc d&#8217;avoir du temps et de vivre dans un certain confort matériel.</p>
<p>Pouvoir penser aux choses qui nous entourent et analyser notre rapport au monde n&#8217;est pas du tout lié à la structure mentale de l&#8217;individu. En d&#8217;autres termes, même les imbéciles peuvent philosopher ! Par contre, le mineur &#8211; intelligent ou pas &#8211; qui travaille douze heures par jour à casser de la roche tous les mois de l&#8217;année, qui n&#8217;a pas de vacances et qui dort dans une habitation bruyante n&#8217;aura que peu de chance de se voir philosopher un jour sur sa condition. Effectivement, cela suppose du temps et un environnement apaisant.</p>
<p>Le but de l&#8217;évolution humaine, à mon sens, est que ce luxe n&#8217;en soit plus un. Une société moderne, idyllique à la préhistoire, serait que l&#8217;ensemble des êtres humains passent leur temps à s&#8217;amuser, rigoler, créer, écouter de la musique, discuter. Arriver à cet état signifierait que les premiers paliers de l&#8217;évolution, en suivant le schéma sont acquis et que les Hommes ne se concentrent que sur le haut de la pyramide. Tout le monde aurait une maison chauffée, avec l&#8217;eau courante et l&#8217;électricité, elle serait reliée à Internet et on se déplacerait avec une grande mobilité.</p>
<p>On pourrait alors disserter sur l&#8217;avenir de l&#8217;Homme, ou plus futilement se demander si &laquo;&nbsp;<a href="http://burkiblog.blog.canalplus.fr/archive/2009/11/24/la-chronique-du-mardi-24-novembre.html">le prout, c&#8217;est chic ?</a>&nbsp;&raquo; (le <a href="http://burkiblog.blog.canalplus.fr/">blog de Daphné Burki</a> est une véritable agence de publicité pour le futile. Et, sérieusement, c&#8217;est une grande marque d&#8217;évolution humaine !) ou enfin faire une soirée beauf-revival en écoutant du Joe Dassin sous-titré en japonais.</p>
<p>De même, les notions de plaisir et d&#8217;humour n&#8217;ont rien de systématiques. Si le rire est presque une exclusivité humaine (à l&#8217;exception du singe, et de quelques rares autres animaux qui jouent entre eux), il est fortement lié au cadre dans lequel on vit, aux conditions sociales. Il est évident qu&#8217;une vie dure, comme celle des héros du film La Route, n&#8217;est pas du tout propice à l&#8217;humour. Ce dernier répond donc d&#8217;un certain confort &laquo;&nbsp;matériel&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Je crois donc en la futilité. Longtemps je me suis demandé ce qui m&#8217;intriguait chez certaines personnes (surtout des filles), il s&#8217;agissait de cette légèreté dans l&#8217;appréciation de la vie. <a href="http://www.penelope-jolicoeur.com/">Pénélope Bagieu</a> (mais aussi <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Pintades">Les Pintades</a>) en fait partie par exemple. Ses histoires sont fraîches, simples et marrantes ! Elles font du bien au cerveau car nous éloignent de nos besoins primaires, pulsionnels.</p>
<p>La futilité est donc un hymne au plus haut niveau de l&#8217;évolution humaine, selon les valeurs occidentales malgré tout. C&#8217;est une sorte de Graal à atteindre et dont la route présente entre autres points de contrôle toute la culture Pop des années 60-70.</p>
<p>Le seul point inquiétant dans tout ça, et je ne m&#8217;étendrai pas dessus car l&#8217;heure est suffisamment au pessimisme, c&#8217;est l&#8217;extrême polarité des conditions sociales. Comment dans un pays comme la France, peut-on encore trouver des êtres qui essaient de survivre, comme les sans-abri par exemple : attaqués, affamés comme des animaux et sur le trottoir d&#8217;en face une personne s&#8217;amusant sur son téléphone portable pour atteindre le dernier niveau de son jeu vidéo à grands renforts de sabres laser en pixels ?!</p>
<p>Quoiqu&#8217;il en soit, les activités qui n&#8217;ont pas d&#8217;importance profonde représentent un cap du confort matériel. La spiritualité, grande absente de cet article, pourrait finalement n&#8217;être qu&#8217;une étape vers le palier supérieur.</p>
<p>Arriver à la futilité, c&#8217;est atteindre un niveau de sagesse, dicté certes par une aisance matérielle mais aussi par une liberté de l&#8217;esprit, qui s&#8217;inscrit dans le présent.</p>
<div id="attachment_462" class="wp-caption aligncenter" style="width: 450px"><img class="size-full wp-image-462 " title="Citroën 2CV, Pays-Bas, 2009." src="http://www.jrpac.com/blog/wp-content/uploads/2009/12/grenouille.jpg" alt="Citroën 2CV, Pays-Bas, 2009." width="440" height="320" /><p class="wp-caption-text">Citroën 2CV, Pays-Bas, 2009.</p></div>
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		<title>Une œuvre d&#8217;art doit-elle être rare ?</title>
		<link>http://www.jrpac.com/blog/2009/une-oeuvre-dart-doit-elle-etre-rare/</link>
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		<pubDate>Tue, 10 Nov 2009 00:00:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Romain Pac</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Avant d&#8217;arriver à cette question, le fil rouge de ma réflexion a suivi ces interrogations : Quelle est la nature particulière de la photographie dans le marché de l&#8217;art ? La valeur d&#8217;une œuvre est-elle liée à son caractère unique ? Allons plus loin : est-ce que derrière l&#8217;unicité, il n&#8217;y aurait pas une notion [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Avant d&#8217;arriver à cette question, le fil rouge de ma réflexion a suivi ces interrogations :</p>
<ol>
<li>Quelle est la nature particulière de la photographie dans le marché de l&#8217;art ?</li>
<li>La valeur d&#8217;une œuvre est-elle liée à son caractère unique ?</li>
<li>Allons plus loin : est-ce que derrière l&#8217;unicité, il n&#8217;y aurait pas une notion plus fondamentale &#8211; et universelle &#8211; : celle de la rareté de toute création artistique ?</li>
</ol>
<p><strong>Quelle est la nature particulière de la photographie dans le marché de l&#8217;art ?</strong></p>
<p>Le marché de l&#8217;art a toujours été très conservateur. Dès lors qu&#8217;il y&#8217;a de l&#8217;argent en jeu, et surtout de manière conséquente, les investisseurs veulent des garanties. Ces garanties portent essentiellement sur la <strong>valeur</strong> d&#8217;un artiste donc sur son œuvre. Pour simplifier, je ferai abstraction de la migration actuelle d&#8217;une frange du marché de l&#8217;art qui se base plus sur la côte d&#8217;un artiste que sur la valeur réelle de son travail. Certaines ventes répondent donc plus à un effet de mode qu&#8217;à une conviction <em>émotionnelle </em>sincère de la part des investisseurs.</p>
<p>Le documentaire vidéo &laquo;&nbsp;Pauvre et Sexy&nbsp;&raquo; d&#8217;<a href="http://www.arte.tv/">Arte</a> évoque notamment ces mutations ayant lieu dans certains salons et ventes aux enchères d&#8217;art. Quant à la notion de valeur, je vous renvoie aux traités fondamentaux de Marx sur la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_de_la_valeur_%28marxisme%29">théorie de la valeur</a>, qui peut s&#8217;appliquer, dans une certaine mesure, au domaine artistique.</p>
<div id="attachment_376" class="wp-caption alignright" style="width: 223px"><img class="size-full wp-image-376 " title="Karl Marx" src="http://www.jrpac.com/blog/wp-content/uploads/2009/11/karl_marx.jpg" alt="Karl Marx" width="213" height="300" /><p class="wp-caption-text">Karl Marx</p></div>
<p>La photographie est arrivée dans le marché de l&#8217;art assez tardivement, il y&#8217;a environ 10-15 ans en France. Pour une œuvre picturale ou une sculpture, la méthode de création en fait un objet physique unique. On ne peut pas le reproduire, le copier et le dupliquer à l&#8217;identique.</p>
<p>Le support photographique est différent à ce sujet : il est possible, à partir d&#8217;un même négatif (ou fichier numérique) de tirer (ou imprimer) plusieurs épreuves sur papier et ce de manière identique. L&#8217;œuvre qu&#8217;aura créé l&#8217;artiste est donc multipliable à l&#8217;infini.</p>
<p>La parade à cette limitation a été d&#8217;introduire le concept de séries limitées. Concrètement, le photographe décide de ne faire, par exemple, que 50 tirages d&#8217;une même photo, numérotés et signés. Au-delà, toute production supplémentaire n&#8217;est plus légale dans le cadre d&#8217;une vente.</p>
<p>A l&#8217;époque de l&#8217;argentique, chaque tirage était véritablement unique. De nos jours, avec des impressions type &laquo;&nbsp;Art&nbsp;&raquo; comme le système Digigraphie d&#8217;Epson, chaque épreuve est identique. Seul le numéro au dos du tirage et la signature de l&#8217;auteur en fait un objet à part.</p>
<p>Le vrai débat est alors ailleurs : une œuvre d&#8217;art doit-elle être unique pour avoir de la valeur ?</p>
<p><strong>La valeur d&#8217;une œuvre est-elle liée à son caractère unique ?</strong></p>
<p>Si on peut reproduire une œuvre d&#8217;art, cela déprécie en quelque sorte le talent qu&#8217;aura pu avoir l&#8217;artiste lors de sa création. Cette vision est en passe de devenir totalement rétrograde, surtout en regardant le contenu de l&#8217;art contemporain, fortement basé sur l&#8217;idée de concept plutôt que d&#8217;objet.</p>
<p>Finalement, l&#8217;art actuel est tiraillé entre l&#8217;<strong>objet</strong> et l&#8217;<strong>idée</strong>. Si il y&#8217;a quelques décennies, l&#8217;objet était ce que le spectateur allait admirer dans les musées, l&#8217;évolution de la société &#8211; et sa forte complexification &#8211; amène a porter notre attention sur le concept et l&#8217;idée même d&#8217;une création artistique.</p>
<p>Les conservateurs de musée sont donc en train de faire le deuil de la sensibilité d&#8217;un artiste au profit d&#8217;un concept qui l&#8217;amènerait dans les murs du patrimoine artistique d&#8217;un pays. L&#8217;exemple le plus probant est bien évidemment la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fontaine_%28Duchamp%29">Fontaine</a> de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Duchamp">Marcel Duchamp</a> qui n&#8217;a strictement aucun intérêt esthétique et n&#8217;a rien d&#8217;unique. Cet urinoir est le produit d&#8217;une société industrielle et existe donc en de multiples exemplaires, tous identiques (à noter d&#8217;ailleurs que plusieurs fontaines, certifiées par Marcel Duchamp, sont présentes dans différents musées du monde).</p>
<div id="attachment_375" class="wp-caption alignleft" style="width: 220px"><img class="size-full wp-image-375  " title="Fontaine, Marcel Duchamp." src="http://www.jrpac.com/blog/wp-content/uploads/2009/11/marcel_duchamp_fontaine.jpg" alt="Fontaine, Marcel Duchamp." width="210" height="193" /><p class="wp-caption-text">Fontaine, Marcel Duchamp.</p></div>
<p>Quelle est la donc la valeur ajoutée qu&#8217;apporte l&#8217;artiste pour que cela devienne une œuvre d&#8217;art ? Une réponse en trois mots pourrait être : le concept, la réflexion et l&#8217;intellect.</p>
<p>Si à la fin du XIXème siècle, la différence admise entre la production d&#8217;un artisan et celle d&#8217;un artiste était l&#8217;intelligence dans la démarche, nous retrouvons de nos jours ce trait là de manière très visible. Les artistes sont dans l&#8217;art contemporain des intellectuels avant tout. Je ne porte plus de jugement sur ce fait car c&#8217;est un débat sans fin ; pour paraphraser le designer <a href="http://www.starck.com/">Philippe Starck</a> lors de sa <a href="http://www.ted.com/talks/lang/eng/philippe_starck_thinks_deep_on_design.html">conférence à TED</a>, l&#8217;Homme actuel ne peut s&#8217;élever intellectuellement que s&#8217;il comprend qu&#8217;il fait partie d&#8217;un maillon de l&#8217;évolution de l&#8217;humanité : il y a eu un avant et il y&#8217;aura un après et vouloir renoncer à l&#8217;évolution est une aberration par nature. Donc, quelque part, tout effort à critiquer l&#8217;art actuel et à le déconsidérer (comme l&#8217;architecture du Centre Pompidou pendant de longues années) est vain.</p>
<p>En même temps, cela ne veut pas forcément dire que l&#8217;art <em>physique</em> est mort. Lorsque l&#8217;artiste <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Pinoncelli">Pierre Pinoncelli</a> dégrade l&#8217;urinoir de Marcel Duchamp, ne pourrait-on pas y voir la tentative de combattre l&#8217;art conceptuel par une action elle-même conceptuelle ? Les 2,8 millions d&#8217;euros de dommages et intérêts demandés par le musée Beaubourg à l&#8217;artiste montrent une certaine absurdité du modèle mercantile dans l&#8217;art. Cet urinoir ne vaut physiquement pas cet argent, on peut demander à l&#8217;industriel d&#8217;en reproduire un autre : l&#8217;idée ironique et géniale qu&#8217;a eu Marcel Duchamp à mettre cette fontaine dans un musée restera intacte ! On peut y voir une métaphore avec les actions politiques : si les têtes disparaissent, l&#8217;idée, elle, ne meurt jamais. En l&#8217;occurrence, elle a été évaluée à 2,8 millions d&#8217;euros !</p>
<p>Je crois qu&#8217;il faut donc discerner, avant tout propos ou analyse sur une œuvre d&#8217;art, deux catégories : les œuvres conceptuelles et les physiques ; car si l&#8217;actualité nous amène à faire relever les flashmobs, happenings ou toute autre performance originale du domaine artistique, il reste malgré tout un art plus traditionnel et profondément naturel où on découvre une idée de rareté.</p>
<p><strong>Allons plus loin : est-ce que derrière l&#8217;unicité, il n&#8217;y aurait pas une notion plus fondamentale &#8211; et universelle &#8211; : celle de la rareté de toute création artistique ?</strong></p>
<p>La nature d&#8217;une œuvre artistique venant de grands peintres par exemple est la qualité. La réalisation, le choix du format, les décisions dans la composition : tout amène à contempler le tableau et à le parcourir sans fin.</p>
<p>En guise de récréation d&#8217;esprit et avant de poursuivre, amusez-vous sur <a title="Créer en amateur une fausse peinture de Jackson Pollock" href="http://www.jacksonpollock.org/">ce site</a> permettant de créer un faux-Pollock en quelques clics !</p>
<div id="attachment_373" class="wp-caption aligncenter" style="width: 450px"><img class="size-full wp-image-373 " title="Lavender Mist : Number 1. Jackson Pollock, 1950." src="http://www.jrpac.com/blog/wp-content/uploads/2009/11/jackson_pollock_number1.jpg" alt="Lavender Mist : Number 1. Jackson Pollock, 1950." width="440" height="326" /><p class="wp-caption-text">Lavender Mist : Number 1. Jackson Pollock, 1950.</p></div>
<p>Pour trouver la place qu&#8217;a la rareté dans l&#8217;art, il suffit de retourner au premier âge, à l&#8217;époque préhistorique. Voici un extrait d&#8217;un texte écrit par <a href="http://www.nyu.edu/gsas/dept/anthro/programs/csho/white.html">Randall White</a>, spécialiste de l&#8217;art et de la parure du Paléolithique supérieur européen. Le texte provient du livre <a href="http://www.amazon.fr/naissance-lart-Randall-White/dp/2847342907/ref=sr_1_10?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1257810908&amp;sr=8-10">La naissance de l&#8217;art</a> :</p>
<blockquote><p>En fait, notre conception occidentale de l&#8217;art nous fait exclure les formes de représentation dont l&#8217;objectif est pratique : on ne range pas dans la catégorie &laquo;&nbsp;art&nbsp;&raquo; des activités comme la publicité des magazines ou de la télévision. Pourtant, si nos capacités de représentation relèvent d&#8217;un succès évolutif, nous devons supposer que leur valeur adaptative doit être dissociée de l&#8217;idée de l&#8217;art pour l&#8217;art.</p>
<p>[...]</p>
<p>La décoration corporelle est toujours impliquée dans l&#8217;identité sociale ou &laquo;&nbsp;moi social&nbsp;&raquo;, mais elle ne traduit pas simplement une identité : elle participe de manière fondamentale à sa construction.</p>
<p>[...]</p>
<p>La parure corporelle est en général liée à l&#8217;obtention sur de longues distances &#8211; souvent grâce à des échanges &#8211; de matières premières. Habituellement, les gens ne se parent guère d&#8217;objets ou de substances ordinaires ou obtenus facilement. Dès lors, nous constatons souvent une sorte de prédilection pour la rareté. Des parties d&#8217;animaux, de plantes, des matières de grande valeur cosmologique sont souvent utilisées. C&#8217;est dans ce contexte que la question de l&#8217;origine de la représentation doit être évaluée.</p></blockquote>
<p>On voit donc que dès le début, la rareté est une notion indissociable de la représentation artistique.</p>
<p>Pour reprendre le titre de cet article, une œuvre d&#8217;art ne &laquo;&nbsp;doit&nbsp;&raquo; rien, elle est. Cependant, si pour la création physique la notion de rareté sera présente directement ou indirectement dans l&#8217;œuvre, pour la création conceptuelle, celle-ci est déportée dans l&#8217;intelligence et la subtilité du message qui deviennent alors la véritable enveloppe de l&#8217;œuvre, son &laquo;&nbsp;corps&nbsp;&raquo;.</p>
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