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	<title>BLOG &#187; œuvre</title>
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		<title>Du déni à l&#8217;appréciation&#8230; de la mode et de l&#8217;art !</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Sep 2010 22:35:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Romain Pac</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Allez, introduisons cet article par deux courts extraits vidéos tirés du film <a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=145352.html">The September Issue</a>.</p>
<p><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Anna_Wintour">Anna Wintour</a>, rédactrice en chef de <a href="http://www.vogue.com/?us_site=y">VOGUE</a>, évoque dans la première séquence le milieu de la mode, non sans une petite fierté délicieuse à être spectatrice et actrice majeure de cette sphère. Dans le second extrait, le cadre n&#8217;a pas pas changé. Même personne. Même film. Mais le discours est autre, il est emprunt de souffrance du à l&#8217;incompréhension, sinon au mépris de son entourage pour son métier et son monde. Sa famille s&#8217;arrête au strass et aux paillettes.</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="440" height="330" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/xeo584?additionalInfos=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="440" height="330" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/xeo584?additionalInfos=0" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always"></embed></object><br />
<strong><a href="http://www.dailymotion.com/video/xeo584_anna-wintour-about-fashion-sphere_creation">Anna Wintour about fashion sphere</a></strong></p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="440" height="330" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/xepcei?additionalInfos=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="440" height="330" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/xepcei?additionalInfos=0" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always"></embed></object><br />
<strong><a href="http://www.dailymotion.com/video/xepcei_anna-wintour-about-her-family-circl_creation">Anna Wintour about her family circle</a></strong></p>
<p>Il existe une cruauté dans le déni et le mépris. Une cruauté-bulldozer qui n&#8217;a pas l&#8217;élégance de comprendre ce qu&#8217;elle écrase. Ces filles écervelées qui défilent avec des visons sur un podium entouré de groupies, de chipies et pseudo-journalistes de mode trendy, cette peinture immensément blanche tâchée d&#8217;un minuscule carré rouge en son centre alors que le commissaire d&#8217;exposition au vernissage agrémente son discours de superlatifs aussi abscons que le dernier mot que je viens d&#8217;employer, ce film d&#8217;auteur qui fait fuir la moitié de la salle et qui obtient la Palme d&#8217;Or et l&#8217;approbation unanime de toute la critique presse.</p>
<p>Au début je trouvais ça ridicule, vraiment. Maintenant, je revois ce premier jugement, celui du déni de la mode et de certaines œuvres d&#8217;art. <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-fran%C3%A7ois_zygel">Jean-François Zygel</a> parlait en des termes similaires en présentant un nouvel épisode de <a href="http://programmes.france2.fr/la-boite-a-musique/index.php?page=article&amp;numsite=4010&amp;id_rubrique=4013&amp;id_article=11807">La boîte à musique</a> sur l&#8217;Opéra  :</p>
<blockquote><p>Quand j&#8217;étais petit, ça ne me disait pas grand chose l&#8217;opéra. Je trouvais même ça passablement ridicule, ces grosses dames qui chantaient avec des airs convaincus, un peu héroïques et puis avec des robes franchement pas possibles.</p>
<p>Non, c&#8217;est plus tard, que je me suis rendu compte qu&#8217;il se jouait là quelque chose d&#8217;important. Et puis, ça fait plus de trois siècles qu&#8217;on écrit des opéras, que tout le monde continue à aller voir cela alors, il doit y avoir quelque chose, quelque chose d&#8217;important dans cette histoire d&#8217;opéra.</p></blockquote>
<p>Avec le temps, en m&#8217;y intéressant légèrement plus, je me suis rendu compte qu&#8217;il y a dans la mode plus de profondeur que ce que l&#8217;œil du profane pourrait y voir. C&#8217;est un monde léger, coloré et qui s&#8217;amuse, à l&#8217;image des robes de <a href="http://www.ladygaga.com/">Lady Gaga</a> conçues par <a href="http://www.jc-de-castelbajac.com/">Jean-Charles de Castelbajac</a>. C&#8217;est un monde qui travaille, énormément, sans cesse, toujours sur la brèche, toujours porté vers l&#8217;avenir. La mode est ancrée dans le contemporain et est donc connectée au monde en permanence. Et puis ce qu&#8217;il me plaît le plus et qui est une qualité partagée avec les compositeurs de hip-hop, les « modeux » sont curieux : ils s&#8217;intéressent à tout, leur culture est certes superficielle mais s&#8217;étend à l&#8217;ensemble des styles musicaux, aux modes de vie des gens, au design, à l&#8217;art.</p>
<p>La mode est profondément liée à la société et dicte bien des comportements sociaux ! L&#8217;appartenance à un groupe social implique une certaine tenue vestimentaire. Que l&#8217;on s&#8217;intéresse ou non aux vêtements, on ne peut nier l&#8217;importance de ces bouts de tissus sociologiquement parlant. Tout n&#8217;est donc pas futile dans la mode (<a href="http://www.jrpac.com/blog/2009/la-futilite-est-un-signe-devolution/">et quand bien même, ce n&#8217;est pas grave</a>) et les détails auxquels elle semble s&#8217;attarder n&#8217;en sont pas !</p>
<p>Voici un extrait du génialissime <a href="http://www.nyu.edu/gsas/dept/anthro/programs/csho/pmwiki.php/Home/RandallWhite">Randall White</a>, spécialiste de l&#8217;art et de la parure du Paléolithique supérieur européen, il est professeur d&#8217;anthropologie à l&#8217;université de New York (<a href="http://www.nyu.edu/">NYE</a>) ; cet extrait provient de l&#8217;article <a href="http://www.nyu.edu/gsas/dept/anthro/programs/csho/Content/Facultycvandinfo/White/RWarticles/RW2000LaRecherchehorsserie.pdf">Un Big Bang socioculturel</a> paru dans <a href="http://www.larecherche.fr/">La Recherche</a> :</p>
<blockquote><p>Prenons un exemple : un anneau porté au nombril renvoie à des associations métaphoriques complètement différentes d&#8217;un anneau porté à l&#8217;annulaire de la main gauche. En outre, l&#8217;évocation ne sera pas la même selon le matériau, or, platine ou cuivre. De même qu&#8217;une lettre écrite sur du papier vergé à en-tête, imprimé en relief, sera plus solennelle que si elle est écrite sur du papier ordinaire. Pourtant il n&#8217;y a aucune signification inhérente à l&#8217;or, au papier vergé, à l&#8217;annulaire de la main gauche, ni même à la forme circulaire. Les symboles sont en fait représentés sous des formes matérielles culturellement convenues, dont le sens subjectif échappe aux individus d&#8217;une culture différente.</p></blockquote>
<p>Du &laquo;&nbsp;sens subjectif&nbsp;&raquo; qui échappe à certaines personnes au &laquo;&nbsp;sens du beau&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;sens artistique&nbsp;&raquo;, il n&#8217;y a qu&#8217;un pas ! La culture dans l&#8217;appréciation d&#8217;une œuvre est donc primordiale, de même que le palet d&#8217;un œnologue s&#8217;éduque pour apprécier tous les parfums d&#8217;un bon vin ! C&#8217;est ainsi qu&#8217;après la lecture de livres sur l&#8217;art, la présence à des conférences sur des domaines que je ne connaissais pas et l&#8217;intérêt de l&#8217;ignare en mode que je suis pour ce milieu, je suis passé du déni à l&#8217;appréciation.</p>
<blockquote><p><strong>DÉNIER</strong></p>
<p><em>Refuser (le plus souvent injustement) d&#8217;accorder que quelqu&#8217;un possède ou puisse posséder telle qualité, tel droit.</em></p>
<p><strong>APPRÉCIER</strong></p>
<p><em>Porter un jugement favorable sur une personne ou une chose, en reconnaître la valeur, la qualité, l&#8217;importance.</em></p></blockquote>
<p>La société fonctionne avec des sphères sociales :  les artistes, les agents immobiliers, les informaticiens, les journalistes, les commerciaux, &#8230;etc. Chaque sphère a une part d&#8217;invisible et il est frustrant pour leurs acteurs de ses sphères, sinon blessant, que cette part soit déconsidérée par autrui.  Les sphères sociales sont différentes, s&#8217;entrecroisent rarement, s&#8217;observent et se jugent. Il en résulte une vision biaisée et bien souvent peu flatteuse de ce que l&#8217;on ne connait pas. L&#8217;ignorance doublée d&#8217;un manque d&#8217;ouverture d&#8217;esprit nous amènent à dénigrer certains milieux.</p>
<p>Dans mon ancienne vie, je ne comprenais pas que mes parents ne me comprennent pas ! Je passais des nuits entières à développer des logiciels informatiques et j&#8217;étais fier de la manière avec laquelle je réalisais ces programmes. Lorsque je présentais le produit fini, j&#8217;aurais voulu que l&#8217;on s&#8217;intéresse à l&#8217;envers du décor, à la beauté de telle ou telle partie du programme et je ressentais les remarques <em>superficielles</em>, sur ce que l&#8217;on voit, comme un véritable déshonneur face à mon travail. L&#8217;histoire se suit et se répète lorsque je fais une photographie et que la seule question qu&#8217;on va me poser porte sur l&#8217;appareil photo utilisé ou et le diaphragme employé !</p>
<p>Mais je ne peux pas en vouloir à mes congénères, je suis exactement comme eux ! Je suis le premier à poser des questions sans intérêt réel dans l&#8217;approche et la réalisation d&#8217;un travail.</p>
<p>On retrouve là peut-être l&#8217;essence même de ce qu&#8217;est un artiste : une manière de faire les choses impossible à décrire car trop dans le ressenti, la sensation et une singularité dans l&#8217;action et le geste que l&#8217;on ne peut verbaliser. Au fond, on pourrait se dire qu&#8217;importe ce que pense Stravinski, ce que  ressent Rubens, leur œuvre est le meilleur reflet de la profondeur et l&#8217;élégance de leur esprit. Le fond d&#8217;un artiste est impénétrable et c&#8217;est ce qui le rend hors normes, magique dans une certaine mesure. La nature de l&#8217;esprit est la signature du créateur. Le pinceau suit la main, dirigée par le cerveau. Comme le disait Léonard de Vinci au sujet de la peinture, l&#8217;art est une &laquo;&nbsp;cosa mentale&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Si les méandres de la pensée de l&#8217;artiste sont impénétrables, il peut en être autant de son œuvre finie !</p>
<p>Le duo d&#8217;artistes <a href="http://www.lernertandsander.com/index.php?/about-us/">Lernert &amp; Sander</a> est parti du constat qu&#8217;il est difficile d&#8217;expliquer à ses parents son travail artistique (au sens où ce n&#8217;est pas une large fumisterie et juste du grand n&#8217;importe quoi !) pour réaliser une série de documentaires vidéos intitulée <a href="http://www.lernertandsander.com/index.php?/projects/how-do-i-explain-my-parents/">How To Explain It To My Parents</a> où des artistes plus ou moins connus, plus ou moins jeunes, s&#8217;assoient avec leurs parents autour d&#8217;une table et tentent d&#8217;expliquer leur démarche et leur activité. Le résultat est touchant, vrai et assez emblématique des deux sphères qui se voient sans se comprendre. Cette confrontation d&#8217;opinion s&#8217;étend bien au-delà du cercle familial.</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="440" height="247" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=13487217&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=0&amp;show_byline=0&amp;show_portrait=0&amp;color=fff&amp;fullscreen=1&amp;autoplay=0&amp;loop=0" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="440" height="247" src="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=13487217&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=0&amp;show_byline=0&amp;show_portrait=0&amp;color=fff&amp;fullscreen=1&amp;autoplay=0&amp;loop=0" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always"></embed></object></p>
<p>Grâce à une ouverture sur le monde, à un intérêt de l&#8217;inconnu et l&#8217;extension de sa culture personnelle, on peut apprécier ce que l&#8217;on déniait auparavant et revoir sa position. En art, la richesse et la multiplicité des niveaux de lecture d&#8217;une œuvre font que ces révisions sont permanentes. Un jour cette œuvre sera un chef d&#8217;œuvre, le jour suivant elle sera une imposture. Les approches sont tellement différentes que l&#8217;évaluation d&#8217;une œuvre est un rubik&#8217;s cube pour n&#8217;importe quel amateur d&#8217;art et a fortiori pour le critique.</p>
<p>Beaucoup d&#8217;œuvres d&#8217;art, surtout maintenant, sont inaccessibles. Elles présupposent une culture qui officiera comme un éveil. Mais, si avoir le bagage nécessaire pour recevoir mentalement une œuvre d&#8217;art est une chose, pouvoir déterminer si cette peinture ou cette photographie relève du pipeau intégral ou d&#8217;un véritable chef d&#8217;œuvre est une autre affaire !</p>
<p>J&#8217;ai dans ma &laquo;&nbsp;boîte à chaussures virtuelle&nbsp;&raquo; un schéma que je présenterai dans un prochain article permettant d&#8217;évaluer une œuvre et de comprendre la versatilité permanente d&#8217;un bon critique d&#8217;art.</p>
<p>En attendant, je vous laisse découvrir les peintures de l&#8217;artiste Roat Romano Chocalescu (!) et aussi, pour le plaisir, la bande-annonce du film Musée Haut, Musée Bas de Jean-Michel Ribes.</p>
<p><em>Roat Romano Choucalescu, un « destructureur d&#8217;intemporalité »</em></p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="440" height="352" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/G0WoW7hbOWA?fs=1&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="440" height="352" src="http://www.youtube.com/v/G0WoW7hbOWA?fs=1&amp;hl=fr_FR" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always"></embed></object></p>
<p><em>Bande-annonce de Musée Haut, Musée Bas</em></p>
<div id="blogvision" style="width: 420px; height: 335px;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="100%" height="100%" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.allocine.fr/blogvision/18837531" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="100%" height="100%" src="http://www.allocine.fr/blogvision/18837531" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always"></embed></object></div>
<p><em><br />
</em></p>
<p><strong>En savoir plus</strong></p>
<ul>
<li>Mode
<ul>
<li><a href="http://www.arte.tv/fr/Echappees-culturelles/Le-jour-d-avant/2903194,CmC=2903146.html">Le jour d&#8217;avant</a> par <a href="http://www.imdb.com/name/nm1459873/">Loïc Prigent</a>, une série documentaire diffusée sur <a href="http://www.arte.tv/">Arte </a>sur les 24H précédents un défilé de mode, dans 4 grandes maisons de couture</li>
<li><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=111567.html">Film documentaire Lagerfeld Confidentiel</a></li>
</ul>
</li>
<li>Art
<ul>
<li><a href="http://www.lernertandsander.com/">Site Web de Lernert &amp; Sander</a></li>
<li><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=129366.html">Film Musée Haut, Musée Bas</a> de <a href="http://www.imdb.com/name/nm0722980/">Jean-Michel Ribes</a></li>
<li><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=135547.html">Film Achille et la tortue</a> de <a href="http://www.imdb.com/name/nm0001429/">Takeshi Kitano</a></li>
</ul>
</li>
<li>Musique
<ul>
<li><a href="http://www.youtube.com/watch?v=EVBsypHzF3U">Clip Telephone de Lady Gaga</a>, où la robe rayée noir et blanc qu&#8217;elle porte a été spécialement conçue pour le clip par Jean-Charles de Castelbajac</li>
<li>Interview vidéo de Jean-François Zygel : <a href="http://animateurs.france2.fr/IMG/asx/zygel-1.asx">partie 1</a>, <a href="http://animateurs.france2.fr/IMG/asx/zygel-2.asx">partie 2</a></li>
</ul>
</li>
<li><a href="http://www.cnrtl.fr/definition/d%C3%A9nier">Source de la définition du verbe Dénier</a></li>
<li><a href="http://www.cnrtl.fr/definition/appr%C3%A9cier">Source de la définition du verbe Apprécier</a></li>
</ul>
<div id="attachment_907" class="wp-caption aligncenter" style="width: 450px"><a rel="attachment wp-att-907" href="http://www.jrpac.com/blog/2010/du-deni-a-lappreciation-de-la-mode-et-de-lart/jrpac-001/"><img class="size-full wp-image-907 " title="Pyrénées espagnoles. Août 2010. Photo : Jean-Romain Pac." src="http://www.jrpac.com/blog/wp-content/uploads/2010/09/jrpac-001.jpg" alt="Pyrénées espagnoles. Août 2010. Photo : Jean-Romain Pac." width="440" height="293" /></a><p class="wp-caption-text">Pyrénées espagnoles. Août 2010. Photo : Jean-Romain Pac.</p></div>
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		</item>
		<item>
		<title>Une œuvre d&#8217;art doit-elle être rare ?</title>
		<link>http://www.jrpac.com/blog/2009/une-oeuvre-dart-doit-elle-etre-rare/</link>
		<comments>http://www.jrpac.com/blog/2009/une-oeuvre-dart-doit-elle-etre-rare/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 10 Nov 2009 00:00:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Romain Pac</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pensée]]></category>
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		<description><![CDATA[Avant d&#8217;arriver à cette question, le fil rouge de ma réflexion a suivi ces interrogations : Quelle est la nature particulière de la photographie dans le marché de l&#8217;art ? La valeur d&#8217;une œuvre est-elle liée à son caractère unique ? Allons plus loin : est-ce que derrière l&#8217;unicité, il n&#8217;y aurait pas une notion [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Avant d&#8217;arriver à cette question, le fil rouge de ma réflexion a suivi ces interrogations :</p>
<ol>
<li>Quelle est la nature particulière de la photographie dans le marché de l&#8217;art ?</li>
<li>La valeur d&#8217;une œuvre est-elle liée à son caractère unique ?</li>
<li>Allons plus loin : est-ce que derrière l&#8217;unicité, il n&#8217;y aurait pas une notion plus fondamentale &#8211; et universelle &#8211; : celle de la rareté de toute création artistique ?</li>
</ol>
<p><strong>Quelle est la nature particulière de la photographie dans le marché de l&#8217;art ?</strong></p>
<p>Le marché de l&#8217;art a toujours été très conservateur. Dès lors qu&#8217;il y&#8217;a de l&#8217;argent en jeu, et surtout de manière conséquente, les investisseurs veulent des garanties. Ces garanties portent essentiellement sur la <strong>valeur</strong> d&#8217;un artiste donc sur son œuvre. Pour simplifier, je ferai abstraction de la migration actuelle d&#8217;une frange du marché de l&#8217;art qui se base plus sur la côte d&#8217;un artiste que sur la valeur réelle de son travail. Certaines ventes répondent donc plus à un effet de mode qu&#8217;à une conviction <em>émotionnelle </em>sincère de la part des investisseurs.</p>
<p>Le documentaire vidéo &laquo;&nbsp;Pauvre et Sexy&nbsp;&raquo; d&#8217;<a href="http://www.arte.tv/">Arte</a> évoque notamment ces mutations ayant lieu dans certains salons et ventes aux enchères d&#8217;art. Quant à la notion de valeur, je vous renvoie aux traités fondamentaux de Marx sur la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_de_la_valeur_%28marxisme%29">théorie de la valeur</a>, qui peut s&#8217;appliquer, dans une certaine mesure, au domaine artistique.</p>
<div id="attachment_376" class="wp-caption alignright" style="width: 223px"><img class="size-full wp-image-376 " title="Karl Marx" src="http://www.jrpac.com/blog/wp-content/uploads/2009/11/karl_marx.jpg" alt="Karl Marx" width="213" height="300" /><p class="wp-caption-text">Karl Marx</p></div>
<p>La photographie est arrivée dans le marché de l&#8217;art assez tardivement, il y&#8217;a environ 10-15 ans en France. Pour une œuvre picturale ou une sculpture, la méthode de création en fait un objet physique unique. On ne peut pas le reproduire, le copier et le dupliquer à l&#8217;identique.</p>
<p>Le support photographique est différent à ce sujet : il est possible, à partir d&#8217;un même négatif (ou fichier numérique) de tirer (ou imprimer) plusieurs épreuves sur papier et ce de manière identique. L&#8217;œuvre qu&#8217;aura créé l&#8217;artiste est donc multipliable à l&#8217;infini.</p>
<p>La parade à cette limitation a été d&#8217;introduire le concept de séries limitées. Concrètement, le photographe décide de ne faire, par exemple, que 50 tirages d&#8217;une même photo, numérotés et signés. Au-delà, toute production supplémentaire n&#8217;est plus légale dans le cadre d&#8217;une vente.</p>
<p>A l&#8217;époque de l&#8217;argentique, chaque tirage était véritablement unique. De nos jours, avec des impressions type &laquo;&nbsp;Art&nbsp;&raquo; comme le système Digigraphie d&#8217;Epson, chaque épreuve est identique. Seul le numéro au dos du tirage et la signature de l&#8217;auteur en fait un objet à part.</p>
<p>Le vrai débat est alors ailleurs : une œuvre d&#8217;art doit-elle être unique pour avoir de la valeur ?</p>
<p><strong>La valeur d&#8217;une œuvre est-elle liée à son caractère unique ?</strong></p>
<p>Si on peut reproduire une œuvre d&#8217;art, cela déprécie en quelque sorte le talent qu&#8217;aura pu avoir l&#8217;artiste lors de sa création. Cette vision est en passe de devenir totalement rétrograde, surtout en regardant le contenu de l&#8217;art contemporain, fortement basé sur l&#8217;idée de concept plutôt que d&#8217;objet.</p>
<p>Finalement, l&#8217;art actuel est tiraillé entre l&#8217;<strong>objet</strong> et l&#8217;<strong>idée</strong>. Si il y&#8217;a quelques décennies, l&#8217;objet était ce que le spectateur allait admirer dans les musées, l&#8217;évolution de la société &#8211; et sa forte complexification &#8211; amène a porter notre attention sur le concept et l&#8217;idée même d&#8217;une création artistique.</p>
<p>Les conservateurs de musée sont donc en train de faire le deuil de la sensibilité d&#8217;un artiste au profit d&#8217;un concept qui l&#8217;amènerait dans les murs du patrimoine artistique d&#8217;un pays. L&#8217;exemple le plus probant est bien évidemment la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fontaine_%28Duchamp%29">Fontaine</a> de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Duchamp">Marcel Duchamp</a> qui n&#8217;a strictement aucun intérêt esthétique et n&#8217;a rien d&#8217;unique. Cet urinoir est le produit d&#8217;une société industrielle et existe donc en de multiples exemplaires, tous identiques (à noter d&#8217;ailleurs que plusieurs fontaines, certifiées par Marcel Duchamp, sont présentes dans différents musées du monde).</p>
<div id="attachment_375" class="wp-caption alignleft" style="width: 220px"><img class="size-full wp-image-375  " title="Fontaine, Marcel Duchamp." src="http://www.jrpac.com/blog/wp-content/uploads/2009/11/marcel_duchamp_fontaine.jpg" alt="Fontaine, Marcel Duchamp." width="210" height="193" /><p class="wp-caption-text">Fontaine, Marcel Duchamp.</p></div>
<p>Quelle est la donc la valeur ajoutée qu&#8217;apporte l&#8217;artiste pour que cela devienne une œuvre d&#8217;art ? Une réponse en trois mots pourrait être : le concept, la réflexion et l&#8217;intellect.</p>
<p>Si à la fin du XIXème siècle, la différence admise entre la production d&#8217;un artisan et celle d&#8217;un artiste était l&#8217;intelligence dans la démarche, nous retrouvons de nos jours ce trait là de manière très visible. Les artistes sont dans l&#8217;art contemporain des intellectuels avant tout. Je ne porte plus de jugement sur ce fait car c&#8217;est un débat sans fin ; pour paraphraser le designer <a href="http://www.starck.com/">Philippe Starck</a> lors de sa <a href="http://www.ted.com/talks/lang/eng/philippe_starck_thinks_deep_on_design.html">conférence à TED</a>, l&#8217;Homme actuel ne peut s&#8217;élever intellectuellement que s&#8217;il comprend qu&#8217;il fait partie d&#8217;un maillon de l&#8217;évolution de l&#8217;humanité : il y a eu un avant et il y&#8217;aura un après et vouloir renoncer à l&#8217;évolution est une aberration par nature. Donc, quelque part, tout effort à critiquer l&#8217;art actuel et à le déconsidérer (comme l&#8217;architecture du Centre Pompidou pendant de longues années) est vain.</p>
<p>En même temps, cela ne veut pas forcément dire que l&#8217;art <em>physique</em> est mort. Lorsque l&#8217;artiste <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Pinoncelli">Pierre Pinoncelli</a> dégrade l&#8217;urinoir de Marcel Duchamp, ne pourrait-on pas y voir la tentative de combattre l&#8217;art conceptuel par une action elle-même conceptuelle ? Les 2,8 millions d&#8217;euros de dommages et intérêts demandés par le musée Beaubourg à l&#8217;artiste montrent une certaine absurdité du modèle mercantile dans l&#8217;art. Cet urinoir ne vaut physiquement pas cet argent, on peut demander à l&#8217;industriel d&#8217;en reproduire un autre : l&#8217;idée ironique et géniale qu&#8217;a eu Marcel Duchamp à mettre cette fontaine dans un musée restera intacte ! On peut y voir une métaphore avec les actions politiques : si les têtes disparaissent, l&#8217;idée, elle, ne meurt jamais. En l&#8217;occurrence, elle a été évaluée à 2,8 millions d&#8217;euros !</p>
<p>Je crois qu&#8217;il faut donc discerner, avant tout propos ou analyse sur une œuvre d&#8217;art, deux catégories : les œuvres conceptuelles et les physiques ; car si l&#8217;actualité nous amène à faire relever les flashmobs, happenings ou toute autre performance originale du domaine artistique, il reste malgré tout un art plus traditionnel et profondément naturel où on découvre une idée de rareté.</p>
<p><strong>Allons plus loin : est-ce que derrière l&#8217;unicité, il n&#8217;y aurait pas une notion plus fondamentale &#8211; et universelle &#8211; : celle de la rareté de toute création artistique ?</strong></p>
<p>La nature d&#8217;une œuvre artistique venant de grands peintres par exemple est la qualité. La réalisation, le choix du format, les décisions dans la composition : tout amène à contempler le tableau et à le parcourir sans fin.</p>
<p>En guise de récréation d&#8217;esprit et avant de poursuivre, amusez-vous sur <a title="Créer en amateur une fausse peinture de Jackson Pollock" href="http://www.jacksonpollock.org/">ce site</a> permettant de créer un faux-Pollock en quelques clics !</p>
<div id="attachment_373" class="wp-caption aligncenter" style="width: 450px"><img class="size-full wp-image-373 " title="Lavender Mist : Number 1. Jackson Pollock, 1950." src="http://www.jrpac.com/blog/wp-content/uploads/2009/11/jackson_pollock_number1.jpg" alt="Lavender Mist : Number 1. Jackson Pollock, 1950." width="440" height="326" /><p class="wp-caption-text">Lavender Mist : Number 1. Jackson Pollock, 1950.</p></div>
<p>Pour trouver la place qu&#8217;a la rareté dans l&#8217;art, il suffit de retourner au premier âge, à l&#8217;époque préhistorique. Voici un extrait d&#8217;un texte écrit par <a href="http://www.nyu.edu/gsas/dept/anthro/programs/csho/white.html">Randall White</a>, spécialiste de l&#8217;art et de la parure du Paléolithique supérieur européen. Le texte provient du livre <a href="http://www.amazon.fr/naissance-lart-Randall-White/dp/2847342907/ref=sr_1_10?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1257810908&amp;sr=8-10">La naissance de l&#8217;art</a> :</p>
<blockquote><p>En fait, notre conception occidentale de l&#8217;art nous fait exclure les formes de représentation dont l&#8217;objectif est pratique : on ne range pas dans la catégorie &laquo;&nbsp;art&nbsp;&raquo; des activités comme la publicité des magazines ou de la télévision. Pourtant, si nos capacités de représentation relèvent d&#8217;un succès évolutif, nous devons supposer que leur valeur adaptative doit être dissociée de l&#8217;idée de l&#8217;art pour l&#8217;art.</p>
<p>[...]</p>
<p>La décoration corporelle est toujours impliquée dans l&#8217;identité sociale ou &laquo;&nbsp;moi social&nbsp;&raquo;, mais elle ne traduit pas simplement une identité : elle participe de manière fondamentale à sa construction.</p>
<p>[...]</p>
<p>La parure corporelle est en général liée à l&#8217;obtention sur de longues distances &#8211; souvent grâce à des échanges &#8211; de matières premières. Habituellement, les gens ne se parent guère d&#8217;objets ou de substances ordinaires ou obtenus facilement. Dès lors, nous constatons souvent une sorte de prédilection pour la rareté. Des parties d&#8217;animaux, de plantes, des matières de grande valeur cosmologique sont souvent utilisées. C&#8217;est dans ce contexte que la question de l&#8217;origine de la représentation doit être évaluée.</p></blockquote>
<p>On voit donc que dès le début, la rareté est une notion indissociable de la représentation artistique.</p>
<p>Pour reprendre le titre de cet article, une œuvre d&#8217;art ne &laquo;&nbsp;doit&nbsp;&raquo; rien, elle est. Cependant, si pour la création physique la notion de rareté sera présente directement ou indirectement dans l&#8217;œuvre, pour la création conceptuelle, celle-ci est déportée dans l&#8217;intelligence et la subtilité du message qui deviennent alors la véritable enveloppe de l&#8217;œuvre, son &laquo;&nbsp;corps&nbsp;&raquo;.</p>
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