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	<title>BLOG &#187; Pensée</title>
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		<title>Épicure et culture</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Feb 2011 16:23:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Romain Pac</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ce mois-ci, j&#8217;ai acheté Les cahiers du Cinéma opus Janvier 2011. Au-delà de la maquette pointue du magazine &#8211; propre et pertinente -, je redécouvre ce que le mot culture veut dire. Les articles délivrent des noms de réalisateurs qui me sont inconnus, des analyses avec des références de cinéphiles confirmés. En parcourant les différentes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce mois-ci, j&#8217;ai acheté <a href="http://www.cahiersducinema.com/">Les cahiers du Cinéma</a> opus Janvier 2011. Au-delà de la maquette pointue du magazine &#8211; propre et pertinente -, je redécouvre ce que le mot culture veut dire. Les articles délivrent des noms de réalisateurs qui me sont inconnus, des analyses avec des références de cinéphiles confirmés. En parcourant les différentes rubriques, je tombe sur un dossier à propos d&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Sokourov">Alexandre Sokourov</a>, de passage à Paris et interrogé sur le long-métrage qu&#8217;il est en train de tourner, une adaptation de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Faust">Faust</a>.</p>
<p>J&#8217;avais déjà entendu parler de cet artiste hors-norme pour sa fameuse réalisation <a href="http://www.imdb.com/title/tt0318034/">L&#8217;arche russe</a>, plan-séquence d&#8217;une heure et trente minutes filmé à la steadycam dans les salles du <a href="http://www.hermitagemuseum.org/html_En/index.html">musée de l&#8217;Ermitage</a>. J&#8217;y apprends que son maître était le non moins connu <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Andre%C3%AF_Tarkovski">Andreï Tarkovski</a> qui avait lui-même pour maître <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mikhail_Romm">Mikhail Romm</a>. Ils sortent tous les trois de l&#8217;école de cinéma moscovite <a href="http://www.vgik.info/">VGIK</a>. Un système élève-maître à trois générations qui rappelle le trio philosophique SPA aka « Socrate &#8211; Platon &#8211; Aristote » !</p>
<p>Le <a href="http://www.jeudepaume.org/">Jeu de Paume</a> programme une rétrospective du travail de Sokourov avec des projections de documentaires, une mise en route intellectuelle qui permet de se plonger dans la filmographie riche du cinéaste russe incluant son cycle d&#8217;Élégies et une trilogie devenant tétralogie (trilogie sur les dictateurs Hitler, Lénine et Hirohito conclue par le film en cours d&#8217;achèvement sur l&#8217;adaptation de l&#8217;ouvrage de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Johann_Wolfgang_von_Goethe">Goethe</a>).</p>
<p>Hier matin, je visite enfin l&#8217;exposition L&#8217;or des Incas proposée par la <a href="http://www.pinacotheque.com/">Pinacothèque</a> &#8211; où l&#8217;on devient un <em>freak</em> lorsque l&#8217;on a moins de soixante ans &#8211; et dans la file d&#8217;attente, une charmante hôtesse nous demande si ce sont bien les joyaux de la civilisation précolombienne que l&#8217;on désire voir car il y a une annexe du musée qui vient d&#8217;ouvrir où l&#8217;attente est quasi nulle. Le thème : « Romanov, tsars collectionneurs : L&#8217;Ermitage, la naissance du musée impérial ».</p>
<p>Voilà, c&#8217;est ça que j&#8217;aime à Paris ! En quelques jours, à partir d&#8217;un article dans un magazine, je redécouvre Sokourov qui a une rétrospective dédiée au Jeu de Paume, puis me rappelle de <em>L&#8217;arche russe</em> tournée dans le musée de l&#8217;Ermitage pour finalement boucler la boucle, au détour d&#8217;une exposition, en recevant une invitation à en découvrir une autre sur ce même musée titanesque de Saint-Pétersburg.</p>
<p>Il y a de la culture partout quand on s&#8217;y intéresse et les ponts mentaux que l&#8217;on est obligé de faire entre un article, un cinéaste, une exposition, un film, un musée forcent la mémoire à asseoir un socle culturel pourtant en perpétuelle construction. Ce socle, c&#8217;est comme le lierre, il court, il s&#8217;épand, sautant d&#8217;un domaine à un autre, il est profondément insatiable. Cette impression &#8211; qui est en fait une rassurante réalité &#8211; devient une évidence que la connaissance ne trouve jamais conclusion. Un savoir est une invitation à en découvrir un autre, et l&#8217;adage de Tonton Socrate « Tout ce que je sais, c&#8217;est que je ne sais rien » est un brin plombant.</p>
<p>Je lui préfère une notion de sautillement intellectuel entre tous les domaines de la création : photographie, cinéma, théâtre, musique, architecture, peinture, design&#8230; etc, et ne vois dans le trou de la culture personnelle qui s&#8217;agrandit au fur et mesure que la connaissance s&#8217;accroit aucune frustration sinon une formidable stimulation mentale, une carotte intellectuelle qui vous récompense à dose de bonheur d&#8217;esprit pour l&#8217;effort premier que tout ignorant dans un domaine doit affronter.</p>
<p>Grâce à l&#8217;<a href="http://www.ecoledulouvre.fr/">école du Louvre</a>, grâce à <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ernst_Gombrich">Ernst Gombrich</a>, grâce au <a href="http://www.jeudepaume.org/">Jeu de Paume</a> et ses cours de culture visuelle, grâce à Internet, toutes ces sources de culture enrichissent la vision du monde et transforme l&#8217;invisible ou anodin en beauté remarquée.</p>
<p>Comment aurais-je pu apprécier l&#8217;élégance de la facture de ces étoffes incas à la Pinacothèque si je n&#8217;avais pas suivi le cours sur les textiles à l&#8217;école du Louvre la semaine passée ? Comment aurais-je pu apprécier toutes ces prouesses architecturales qui m&#8217;entourent et me narguent à Paris quotidiennement si je n&#8217;avais pas appris sur l&#8217;histoire et l&#8217;<em>art</em> en architecture ?</p>
<p>Le savoir ajoute de la force à la réception d&#8217;une œuvre au sens où l&#8217;on saisit avec plus de finesse les qualités (et les défauts) d&#8217;une création.</p>
<p>La culture donne les clés pour la contemplation d&#8217;une beauté imperceptible au premier abord. Il est illusoire de considérer l&#8217;art sans savoir ni culture. L&#8217;art est profondément contextuel et la connaissance de l&#8217;histoire et de l&#8217;histoire de l&#8217;art plus spécifiquement apporte encore plus de richesse au sentiment de bonheur que l&#8217;on a face à un chef d&#8217;œuvre.</p>
<p>La culture alimente Épicure. Elle est le mets abstrait responsable du plaisir intellectuel.</p>
<div id="attachment_1307" class="wp-caption aligncenter" style="width: 450px"><a rel="attachment wp-att-1307" href="http://www.jrpac.com/blog/2011/epicure-et-culture/farges-1/"><img class="size-full wp-image-1307 " title="Strates. Janvier 2011. Photo : Jean-Romain Pac." src="http://www.jrpac.com/blog/wp-content/uploads/2011/02/farges-1.jpg" alt="Strates. Janvier 2011. Photo : Jean-Romain Pac." width="440" height="293" /></a><p class="wp-caption-text">Strates. Janvier 2011. Photo : Jean-Romain Pac.</p></div>
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		<title>Correspondance avec le chamane Laurent Huguelit</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Nov 2010 18:58:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Romain Pac</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pensée]]></category>
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		<description><![CDATA[Laurent Huguelit est un « praticien chamanique, auteur, peintre et enseigne les techniques fondamentales du chamanisme dans le cadre de séminaires et stages » (biographie réduite extraite de son site). Avec son accord, je publie une correspondance électronique que j&#8217;ai eu avec lui il y a quelques mois. Elle présente les liens entre art et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.outremonde.ch/index.html">Laurent Huguelit</a> est un « praticien chamanique, auteur, peintre et enseigne les techniques fondamentales du chamanisme dans le cadre de séminaires et stages » (biographie réduite extraite de son site).</p>
<p>Avec son accord, je publie une correspondance électronique que j&#8217;ai eu avec lui il y a quelques mois. Elle présente les liens entre art et chamanisme et le pont reliant ces pratiques à la position de l&#8217;homme dans la société et dans sa propre vie.</p>
<p style="text-align: center;"><em> </em></p>
<p><strong>« Deux niveaux » : message initial envoyé en septembre 2010.</strong></p>
<p>Bonjour Laurent,</p>
<p>Je suis Jean-Romain Pac, photographe de l&#8217;INREES. Alors que je réalisais les photos lors de la conférence que vous avez co-animée avec Olivier Chambon il y a quelques mois, j&#8217;écoutais en même temps vos propos.</p>
<p>Vous avez parlé, à un moment, de la dureté et la complexité des relations humaines, très politisées, dans le monde des chamanes. Je ne connais pas du tout ce domaine donc je vous prie de m&#8217;excuser si les termes que j&#8217;emploie manquent de précision voire de justesse.<br />
Le monde tel que la plupart des personnes le connaissent semblerait alors, après une expérience chamanique, très léger, simple et presque &laquo;&nbsp;dérisoire&nbsp;&raquo;.<br />
En somme, ce que j&#8217;ai compris de votre intervention est que l&#8217;univers des chamanes est intense mais aussi impitoyable et violent. De fait, lorsque votre esprit retourne dans le monde que nous connaissons, un détachement naturel s&#8217;opère car en relatif, il paraît sans profondeur ou sans difficultés.</p>
<p>Je ne sais pas si j&#8217;ai bien compris mais ce qui est sur c&#8217;est que cela a fait écho dans mon esprit et avec ce que je suis en train de vivre actuellement. Mon intérêt pour l&#8217;art est de plus en plus marqué et je suis dans un tournant de ma vie où je dois faire un choix, celui de peut-être vivre dans l&#8217;inconfort intellectuel et l&#8217;épanouissement artistique. Celui où on doute, on se questionne et se remet en cause en permanence. Je désire effectivement m&#8217;orienter vers la photographie d&#8217;art.<br />
J&#8217;éprouve alors ce sentiment que ma vie d&#8217;avant et la vie actuelle de bien de mes amis baignent dans la légèreté et le superficiel (ce qui est très bien en soi ! je n&#8217;ai pas de jugement de valeur sur ce sujet / Cf. <a href="http://www.jrpac.com/blog/2009/la-futilite-est-un-signe-devolution/">mon article où je fais l&#8217;éloge de la futilité</a> !). Bref, en somme je crois que plus on vit ou on aspire à vivre des expériences dures mais intenses, le reste nous semble simple. Lorsque je dois pour des raisons financières, réaliser une mission non-artistique, tout est simple et en règle générale, je la réalise sans encombres !</p>
<p>C&#8217;est encore un peu confus dans mon esprit donc je ne sais pas si mon propos est très limpide mais je ressens un parallèle assez évident entre ces &laquo;&nbsp;deux mondes&nbsp;&raquo; et ce que peut vivre intérieurement un artiste.</p>
<p>Voilà, c&#8217;est tout :-) Je voulais juste vous faire partager ma vision à ce sujet. En tout cas merci pour votre intervention à l&#8217;INREES qui m&#8217;a permis de comprendre un tout petit peu mieux le chamanisme (étant totalement profane sur ce sujet, la route est longue !).</p>
<p>Jean-Romain Pac.</p>
<p style="text-align: center;"><em> </em></p>
<p><strong>Réponse de Laurent Hugelit</strong></p>
<p>Bonjour Jean-Romain,</p>
<p>Tout d&#8217;abord, je tiens à vous remercier de partager vos questionnement avec moi. Les questions que vous soulevez sont fondamentales.</p>
<p>Voici un exemple : lorsque les colons sont arrivés en Amérique, ils ont avant tout été choqués par le fait que les peuplades indigènes passaient leur temps à flâner, à glandouiller, à peindre, à faire la sieste et à élever leurs enfants&#8230; et très peu de temps à se plaindre de la difficulté de la vie ; c&#8217;était bien évidemment scandaleux ! Et pourtant, cela résume bien l&#8217;approche chamanique : le travail des chamanes est tellement concentré et intense &#8212; l&#8217;anthropologue Michael Harner va jusqu&#8217;à parler de &laquo;&nbsp;combat héroïque&nbsp;&raquo; &#8211;, que le reste de l&#8217;existence dite &laquo;&nbsp;ordinaire&nbsp;&raquo; perd ses qualités dramatiques. Restent la détente, l&#8217;émerveillement et un détachement non sans humour&#8230; la futilité, dans toute son éclatante beauté.</p>
<p>Dans mon prochain livre (c&#8217;est un scoop), je dis ceci : aimer la trivialité est la clé du travail chamanique, parce que c&#8217;est la trivialité qui nous ramène sur Terre et nous prévient de devenir des allûmés mystico-intellos. Ou des chamanes qui n&#8217;arrivent pas à décrocher et continuent, même dans la réalité ordinaire, à se battre, ce qui donne au final un embrouillamini de relations complexes&#8230; et là, effectivement, ça devient politique. De mon côté, je me considère plutôt comme un plouc qui fait bien sont travail et cherche à simplifier, simplifier, simplifier encore ; parce que justement, comme vous l&#8217;avez relevé, le travail chamanique (ou artistique) demande une telle implication corps et âme, que le reste du temps se doit d&#8217;être un peu apaisé (ce qui n&#8217;est pas toujours évident).</p>
<p>Ce qui est au centre de tout cela, c&#8217;est le rapport au temps, qui est géré de manière duale dans le chamanisme : il y a le travail chamanique dans l&#8217;autre monde, très intense, durant lequel le temps est compressé au maximum et les enjeux très complexe, profonds, subtils, etc. En passant par exemple une heure en état modifié de conscience, le facteur temps/émotions/acquisition de savoir est démultiplié, ce qui permet ensuite, dans la vie ordinaire, de laisser le temps faire son travail&#8230; donc de glandouiller en attendant que les résultats apparaissent. C&#8217;est une approche temporelle stratégique, que nous avons un peu perdue dans notre culture urbaine en particulier, puisque le temps est devenu un coursier que rien ne semble arrêter et que nous cherchons en vain à rattraper. Nous sommes devenus les victimes de notre outil.</p>
<p>Il ne fait aucun doute que les artistes sont des chamanes (et vice versa), et que le rapport entre l&#8217;intensité du travail et le reste de la vie (que l&#8217;on choisit simple ou pas ; c&#8217;est une question de choix, d&#8217;affinité) pose les mêmes questions ; lorsque je fais du travail chamanique, que je peins ou que j&#8217;écris, l&#8217;intensité du travail, avec ses hauts et ses bas, ses questionnements proprement existentiels, me nourrit et me permet ensuite de simplement jouir de la vie.</p>
<p>J&#8217;aime beaucoup votre représentation graphique en pyramide [1] ; cela résonne avec mon prochain livre ; mais j&#8217;y ai ajouté des étages au-dessus du futile (ou plutôt en parallèle, car il y a toujours une approche multidimensionnelle de la réalité à prendre en compte&#8230; et difficile à représenter). À suivre, donc.</p>
<p>Dernièrement, je suis allé voir une importante exposition sur Basquiat et j&#8217;ai également eu cette impression : la découverte d&#8217;un chef d&#8217;œuvre [2].</p>
<p>Bien à vous,</p>
<p>Laurent.</p>
<p style="text-align: center;"><em> </em></p>
<p><strong>Références au blog</strong></p>
<p>[1] Article « <a href="http://www.jrpac.com/blog/2009/la-futilite-est-un-signe-devolution/">La futilité est un signe d&#8217;évolution !</a> »</p>
<p>[2] Article « <a href="http://www.jrpac.com/blog/2010/jai-decouvert-un-chef-doeuvre/">J&#8217;ai découvert un chef d&#8217;œuvre !</a> »</p>
<div id="attachment_1100" class="wp-caption aligncenter" style="width: 450px"><a rel="attachment wp-att-1100" href="http://www.jrpac.com/blog/2010/correspondance-avec-le-chamane-laurent-huguelit/jrpac-fresh_hell-001/"><img class="size-full wp-image-1100 " title="Photo de l'exposition &quot;Fresh Hell&quot; au Palais de Tokyo. Novembre 2010. Photo : Jean-Romain Pac." src="http://www.jrpac.com/blog/wp-content/uploads/2010/11/jrpac-fresh_hell-001.jpg" alt="Photo de l'exposition &quot;Fresh Hell&quot; au Palais de Tokyo. Novembre 2010. Photo : Jean-Romain Pac." width="440" height="283" /></a><p class="wp-caption-text">Photo de l&#39;exposition &quot;Fresh Hell&quot; au Palais de Tokyo. Novembre 2010. Photo : Jean-Romain Pac.</p></div>
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		<title>Le grand enfant qui dirigeait le monde</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Nov 2010 22:49:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Romain Pac</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pensée]]></category>
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		<description><![CDATA[« The Social Network » est un film de David Fincher, sorti en salle le 13 octobre dernier. Il relate l&#8217;épopée de Facebook au travers des relations sentimentale, d&#8217;amitié et d&#8217;influence qu&#8217;entretient son créateur Mark Zuckerberg avec son entourage. Le film en lui-même est honnête, c&#8217;est du David Fincher bien rôdé : réalisation impeccable, scénario sans failles, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>« <a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=147912.html">The Social Network</a> » est un film de <a href="http://www.imdb.com/name/nm0000399/">David Fincher</a>, sorti en salle le 13 octobre dernier. Il relate l&#8217;épopée de <a href="http://www.facebook.com/">Facebook</a> au travers des relations sentimentale, d&#8217;amitié et d&#8217;influence qu&#8217;entretient son créateur Mark Zuckerberg avec son entourage.</p>
<div id="attachment_1066" class="wp-caption alignright" style="width: 210px"><a rel="attachment wp-att-1066" href="http://www.jrpac.com/blog/2010/le-grand-enfant-qui-dirigeait-le-monde/affiche_the_social_network/"><img class="size-full wp-image-1066 " title="Affiche du film &quot;The Social Network&quot; de David Fincher" src="http://www.jrpac.com/blog/wp-content/uploads/2010/11/affiche_the_social_network.jpg" alt="Affiche du film &quot;The Social Network&quot; de David Fincher" width="200" height="267" /></a><p class="wp-caption-text">Affiche du film &quot;The Social Network&quot; de David Fincher</p></div>
<p>Le film en lui-même est honnête, c&#8217;est du David Fincher bien rôdé : réalisation impeccable, scénario sans failles, rythme soutenu sans pour autant être un <a href="http://www.imdb.com/title/tt0317919/">M:i:III</a> et la photographie est correcte bien qu&#8217;un peu en deçà par rapport au reste (trop emprunte aux codes des séries TV). Ne vous trompez pas, le sujet de The Social Network n&#8217;est pas Facebook, l&#8217;intérêt est ailleurs : dans l&#8217;aspect social et la révélation en filigrane d&#8217;un monde qui change d&#8217;un point de vue anthropologique.</p>
<p>Il y a encore quelques décennies, pour être en haut de la pyramide sociale il fallait avoir de l&#8217;expérience dans les relations humaines, un charisme certain, une aisance rhétorique ; en somme, il s&#8217;agissait d&#8217;être un <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A2le_dominant">Alpha-Mâle</a> intellectuel (l&#8217;<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Alpha_(ethology)">article anglais</a> est plus fourni). La vision autre de ce postulat que propose dans ce film le scénariste <a href="http://www.imdb.com/name/nm0815070/">Aaron Sorkin</a> n&#8217;est pas une libre interprétation personnelle du monde actuel mais un fait : les codes sociaux sont en totale mutation.</p>
<p>Le film de Fincher n&#8217;est pas un documentaire mais il relate malgré tout la vie réelle du créateur de Facebook. Zuckerberg est en deuxième année à Harvard et sa petite amie de l&#8217;époque, excédée par son arrogance le quitte. Il boit de l&#8217;alcool pour faire passer la nouvelle et la même nuit se venge en créant Facemash, site web où les étudiants d&#8217;Harvard votent pour la fille la plus sexy du campus. Quelques mois plus tard, il reprend une partie du principe communautaire de Facemash et développe Facebook. Alors qu&#8217;il n&#8217;a que 20 ans, le site est lancé. Trois ans plus tard, il devient le plus jeune milliardaire de la planète.</p>
<p>Ce qui est fou et frappant, c&#8217;est comment un simple étudiant en informatique, presque autiste, mené par une motivation puérile initiale devienne l&#8217;une des personnes les plus influentes du monde. C&#8217;est fascinant et inquiétant. Fascinant car Mark Zuckerberg est un grand enfant, avec tout ce que ça implique. Un enfant ne voit pas le profit (Zuckerberg avait d&#8217;ailleurs créée Synapse quelques temps plus tôt, un logiciel qui détecte vos goûts musicaux et l&#8217;avait diffusé gratuitement sur la toile malgré des propositions d&#8217;achat par Microsoft et AOL), s&#8217;intéresse souvent à des choses nobles car simples et ne connait pas les codes sociaux du monde des adultes. Il s&#8217;affranchit donc automatiquement du poids de la responsabilité. Inquiétant car un enfant peut donc agir sans avoir la notion des conséquences de ses actes. Dans mon ancien métier d&#8217;informaticien, beaucoup de personnes très fortes techniquement étaient coupées du monde réel et ne voyaient pas les graves implications pour le coup loin d&#8217;être virtuelles de certaines de leurs actions.</p>
<p>Internet est encore un circuit parallèle. On peut arriver en haut sans passer par le circuit traditionnel. La voie normale, c&#8217;est encaisser les claques imagées délivrées par ses supérieurs pour nos erreurs de jeunesse &#8211; celles qui révèlent une vision étriquée du fonctionnement d&#8217;une société -, c&#8217;est se confronter à la complexité d&#8217;un marché, quel qu&#8217;il soit, c&#8217;est comprendre les réseaux d&#8217;influences, l&#8217;importance des aptitudes politiques dans l&#8217;ascension hiérarchique et surtout, calmer ses ardeurs de jeune loup prétentieux en emmagasinant un minimum d&#8217;humilité et de sagesse, la dernière qualité étant indissociable d&#8217;un poste à responsabilité.</p>
<p>Lorsque que Mark Zuckerberg est devenu le plus jeune milliardaire au monde, de par l&#8217;aspect financier, il bascule de fait dans le monde <em>réel</em> et celui des grands dirigeants. Sa parole porte et sa moindre décision peut être un raz-de-marée si elle porte sur un sujet sensible. Quelles seront les conséquences de ce genre de situation ? <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Larry_Page">Larry Page</a> et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Sergei_Brin">Sergei Brin</a> de <a href="http://www.google.fr/">Google</a> ont l&#8217;air de plutôt bien gérer leur affaire quant à eux. Ils sont accompagnés d&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Eric_Schmidt">Eric Schmidt</a> formant le fameux triumvirat qui a fait la force du moteur de recherche mais ils me semblent bien plus matures que Mark.</p>
<p>Pour revenir à l&#8217;aspect social, ce qu&#8217;il faut retenir de cette histoire c&#8217;est que ce sont les simples capacités intellectuelles du créateur de Facebook qui l&#8217;ont amené à cette situation. Il a bien évidemment fait les bons choix, a mis en œuvre rapidement de bonnes idées mais il est un handicapé social et ça, c&#8217;est une donnée assez nouvelle me semble-t-il.</p>
<p>Les grandes têtes dénuées d&#8217;une certaine <em>virilité sociale</em> ont rarement accédé à de telles sphères. Plus l&#8217;être humain évolue, moins l&#8217;aspect physique importe. L&#8217;encéphale devient la carte de visite. Lorsque je vois des jeunes qui ont un intellect très développé mais évoluent dans un cercle assez fermé, limitant par là même les possibilités de confrontation sociale et donc d&#8217;apprentissage de la vie en communauté (une société !), je me dis que mon opinion est passéiste et qu&#8217;un jour les « no life » dirigeront le monde ! Je ne sais pas si c&#8217;est triste ou heureux.</p>
<p>Quelque part, il y a un paradoxe. Lorsqu&#8217;un animal s&#8217;élève mentalement, les codes sociaux deviennent plus importants. Ce n&#8217;est pas le plus beau ou le plus fort qui domine mais le fin stratège, celui qui use de son cerveau pour se positionner dans la société. Dès lors, les qualités que le groupe reconnaîtra auprès de celui qui dirige porteront inconsciemment sur cette capacité à communiquer intelligemment avec les autres, à persuader, plaire, assurer, affirmer. Aujourd&#8217;hui, le crédit donné à l&#8217;intellect dans les sociétés dites développées croît de jours en jours (malgré une ouverture &#8211; mais est-ce un effet de mode ? &#8211; vers plus d&#8217;écoute de son corps et de son esprit) et la brusque arrivée du monde virtuel dans nos vies, depuis quelques dizaines d&#8217;années est en train de balayer toute cette culture de l&#8217;importance des codes sociaux, au profit de facultés d&#8217;analyse et de réflexion seules.</p>
<div id="attachment_1071" class="wp-caption aligncenter" style="width: 450px"><a rel="attachment wp-att-1071" href="http://www.jrpac.com/blog/2010/le-grand-enfant-qui-dirigeait-le-monde/placedesvictoires/"><img class="size-full wp-image-1071 " title="Place des Victoires à Paris. Octobre 2010. Chambre 4x5&quot;. Photo : Jean-Romain Pac." src="http://www.jrpac.com/blog/wp-content/uploads/2010/11/PlaceDesVictoires.jpg" alt="Place des Victoires à Paris. Octobre 2010. Chambre 4x5&quot;. Photo : Jean-Romain Pac." width="440" height="340" /></a><p class="wp-caption-text">Place des Victoires à Paris. Octobre 2010. Chambre 4x5&quot;. Photo : Jean-Romain Pac.</p></div>
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		<title>Arte : Grand&#8217;art, P&#8217;tit critique</title>
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		<pubDate>Tue, 26 Oct 2010 00:58:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Romain Pac</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pensée]]></category>
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		<description><![CDATA[Ce week-end, alors que je me baladais sur le site d&#8217;Arte, je suis tombé sur la page d&#8217;une émission sur la peinture : Grand&#8217;Art. « Chouette ! » me dis-je intérieurement. Que cette chaîne a une programmation géniale, riche et qualitative ! C&#8217;était sans compter sur le présentateur et critique d&#8217;art qui anime l&#8217;émission, Hector Obalk. Ses [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce week-end, alors que je me baladais sur le site d&#8217;<a href="http://www.arte.tv/">Arte</a>, je suis tombé sur la page d&#8217;une émission sur la peinture : <a href="http://www.arte.tv/fr/Echappees-culturelles/Grand-Art/2469468.html">Grand&#8217;Art</a>. « Chouette ! » me dis-je intérieurement. Que cette chaîne a une programmation géniale, riche et qualitative ! C&#8217;était sans compter sur le présentateur et critique d&#8217;art qui anime l&#8217;émission, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Hector_Obalk">Hector Obalk</a>.</p>
<p>Ses interventions sur <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Rive_droite_rive_gauche">Rive droite / Rive gauche</a> étaient déjà assez brouillon et peu intéressantes (ses avis très personnels baignaient dans le banal) mais à la lecture de son émission sur Ingres, je crois qu&#8217;il a touché le fond.</p>
<p>Le principe de Grand&#8217;Art est simple : Hector Obalk revisite une partie de l&#8217;histoire de l&#8217;art en filmant les tableaux et en les commentant. Là, il nous parle du peintre <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Auguste-Dominique_Ingres">Ingres</a> et commence par la peinture Venus anadyomène exposée au <a href="http://www.musee-conde.fr/">Musée Condé</a> à Chantilly.</p>
<div id="attachment_1037" class="wp-caption aligncenter" style="width: 428px"><a rel="attachment wp-att-1037" href="http://www.jrpac.com/blog/2010/arte-grandart-ptit-critique/ingres-venus/"><img class="size-full wp-image-1037" title="Vénus anadyomène. 1848. Jean-Auguste-Dominique Ingres. Musée Condé." src="http://www.jrpac.com/blog/wp-content/uploads/2010/10/ingres-venus.jpg" alt="Vénus anadyomène. 1848. Jean-Auguste-Dominique Ingres. Musée Condé." width="418" height="650" /></a><p class="wp-caption-text">Vénus anadyomène. 1848. Jean-Auguste-Dominique Ingres. Musée Condé.</p></div>
<p style="text-align: center;"><em> </em></p>
<p>Alors qu&#8217;il zoome sur la toile et se déplace à l&#8217;intérieur avec des mouvements de caméra, Hector Obalk nous relate son opinion. Il se met devant la peinture et parle :</p>
<blockquote>
<div id="_mcePaste">Donc là j&#8217;ai la preuve que c&#8217;est une merde.</div>
<p style="text-align: center;"><em> </em></p>
<div>
<p>C&#8217;est donc une vénus qui sort de l&#8217;eau. Pourquoi je n&#8217;aime pas beaucoup ce tableau ?</p>
<p style="text-align: center;"><em> </em></p>
<p>D&#8217;abord parce que sa tête est assez affreuse, on descend et les enfants sont vraiment moches quoi, par rapport à Corrège. C&#8217;est pas beau ces enfants là, c&#8217;est d&#8217;une mièvrerie alors regardez-bien, je sais pas si vous voyez quelque chose ; la mousse qui est censée être de l&#8217;écume de l&#8217;eau est nulle pictoralement, ça rend pas du tout l&#8217;écume de l&#8217;eau, le corps de l&#8217;enfant est vraiment horrible. Et puis alors c&#8217;est très laid son effet de dégradé sur la mer là, une kitscherie de restaurant italien çà, r&#8217;garde moi ça, regarde moi ces dégradés affreux là, t&#8217;as vu le restaurant de fruit de mers là. Sexe féminin, c&#8217;est pas bon. C&#8217;est pas bon. Le bras est toujours trop gros. Regarde le bras de camionneur tout d&#8217;un coup regarde là avec une épaule de jeune fille regarde ça ! Non mais regarde-moi ces bras attends t&#8217;y crois pas !</p>
</div>
</blockquote>
<p style="text-align: center;"><em> </em></p>
<p style="text-align: center;"><em> </em></p>
<div>Il se met à rire de manière cynique. Et moi je pleure, je pleure virtuellement en me disant qu&#8217;Arte puisse cautionner ce genre de propos. On peut dépoussiérer l&#8217;histoire de l&#8217;art, l&#8217;aborder de manière vivante, actuelle et non ennuyeuse sans avoir à utiliser un ton si irrespectueux et méprisant. Jean-François Zygel nous parle avec simplicité et passion de la musique classique pour la rendre plus accessible et plus comprise. C&#8217;est tout aussi possible en art. Durant les divers cours que je suis à l&#8217;Ecole du Louvre, beaucoup de conférenciers restent humbles et sympathiques face aux œuvres, même envers celles qu&#8217;ils n&#8217;aiment pas.</div>
<p>Arte, dans le descriptif de l&#8217;émission nous dit &laquo;&nbsp;Non sans une certaine insolence quand il moque ses &laquo;&nbsp;dégradés kitsch dignes de restaurants italiens&nbsp;&raquo;, Hector Obalk sonde aujourd&#8217;hui l&#8217;oeuvre de l&#8217;auteur de La baigneuse Valpinçon&nbsp;&raquo;. A quoi bon l&#8217;insolence si elle est sinistre et cynique ? Je l&#8217;aime bien moi l&#8217;insolence, lorsqu&#8217;elle est emprunte d&#8217;humour. Rappelez-vous Laurent Baffie qui demande à Jean-Pierre Chevènement en micro-troittoir : &laquo;&nbsp;Une question Jean-Pierre, lorsqu&#8217;on est connu, c&#8217;est plus facile avec les gonzesses ou c&#8217;est plus difficile ?!&nbsp;&raquo; (<span style="color: #000000;"><a href="http://www.youtube.com/watch?v=WRrieeWAWiU">voir la vidéo</a></span>).</p>
<p>Rien de cela chez Hector Obalk, on découvre avec désarroi une argumentation pauvre, qu&#8217;il confesse lui-même dans l&#8217;émission sur Ingres. La pilule de l&#8217;irrespect et de la déconsidération du travail de l&#8217;artiste est encore plus difficile à avaler lorsque certains passages du critique d&#8217;art semblent refléter une certaine méprise sur l&#8217;appréciation d&#8217;une œuvre d&#8217;art.</p>
<div>
<div id="attachment_1038" class="wp-caption aligncenter" style="width: 450px"><a rel="attachment wp-att-1038" href="http://www.jrpac.com/blog/2010/arte-grandart-ptit-critique/venus_odalisque/"><img class="size-full wp-image-1038 " title="Une Odalisque. 1814. Jean-Auguste-Dominique Ingres. Photo : © Musée du Louvre / A. Dequier - M. Bard." src="http://www.jrpac.com/blog/wp-content/uploads/2010/10/venus_odalisque.jpg" alt="Une Odalisque. 1814. Jean-Auguste-Dominique Ingres. Photo : © Musée du Louvre / A. Dequier - M. Bard." width="440" height="294" /></a><p class="wp-caption-text">Une Odalisque. 1814. Jean-Auguste-Dominique Ingres. Photo : © Musée du Louvre / A. Dequier - M. Bard.</p></div>
</div>
<p style="text-align: center;"><em> </em></p>
<div>Face à la Vénus en Odalisque, il confond l&#8217;exactitude et la justesse :</div>
<p style="text-align: center;"><em> </em></p>
<blockquote>
<div>Là je pense qu&#8217;il y a quelque chose qui ne va pas là. Je sais pas, il y a un truc qui déconne dans le talon. Regarde, la monstruosité de Francis Bacon tu sais quand il fait les chairs difformes, c&#8217;est pas un Bacon ça ? On se demande&#8230; ça pourrait être un coude ! C&#8217;est n&#8217;importe quoi.</div>
</blockquote>
<p style="text-align: center;"><em> </em></p>
<p>L&#8217;observateur n&#8217;attend pas qu&#8217;un tableau soit une reproduction exacte de la réalité. Michel-Ange a volontairement cassé légèrement certaines proportions en faisant des mains et des pieds plus grands que la normale. Cela lui semblait certainement plus juste, plus esthétique ou répondait à une vision personnelle non commune qui faisait son génie.</p>
<p>Arte m&#8217;a déçu et Hector Obalk une désastreuse re-découverte. Qu&#8217;importe, je continuerai à me délecter des reportages subtiles et instructifs des autres émissions. Récemment, j&#8217;ai appris l&#8217;existence d&#8217;un <span style="color: #000000;"><a href="http://www.enea-garden.ch/">musée des arbres</a></span> à Zürich grâce à <span style="color: #000000;"><a href="http://www.arte.tv/fr/Echappees-culturelles/metropolis/3475312.html">Métropolis</a></span> et j&#8217;ai suivi l&#8217;artiste <span style="color: #000000;"><a href="http://www.combas.com">Robert Combas</a></span> dans l&#8217;excellente émission l&#8217;<span style="color: #000000;"><a href="http://www.arte.tv/fr/Echappees-culturelles/L-Art-et-la-Maniere/2988624.html">Art et la manière</a></span>.</p>
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		<title>J&#8217;ai découvert un chef d&#8217;œuvre !</title>
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		<pubDate>Sat, 18 Sep 2010 00:28:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Romain Pac</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Dès la première vision, une sensation vous submerge, celle de reconnaître une pièce d&#8217;art, une vraie ! Dans l&#8217;anonymat de la foule et avec un regard vierge de tout préjugé, vous n&#8217;avez effectivement toujours pas pris connaissance du titre de la toile et du nom de son auteur. Mais telle une pépite d&#8217;or à vos pieds que personne n&#8217;a vue, vous profitez de cet instant magique et esquissez un petit sourire intérieur qui devient rapidement extérieur et visible. Quel délice d&#8217;avoir l&#8217;impression de découvrir tout seul un chef d&#8217;œuvre ! On se félicite alors de son extrême sensibilité et de son (bon) goût pour l&#8217;art ! Oui, vous vivez la sensation d&#8217;avoir découvert la révélation artistique de l&#8217;année sinon de la décennie et les plus audacieux d&#8217;entre vous rêvent déjà de devenir un art-maker à la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Saatchi">Charles Saatchi</a> ; vous savez, ce publicitaire anglais et grand collectionneur d&#8217;art qui par le simple achat d&#8217;une œuvre en salle de vente peut provoquer un effet de mode ou une tendance dans le milieu de l&#8217;art !</p>
<p>Je suis au musée Marmottan à ce moment là et la visite sur Claude Monet continue. Au détour d&#8217;un regard, je vois une œuvre immense, abstraite, dans les tons de vert. Le reste du groupe écoute attentivement la guide alors que je suis corporellement happé par cette toile. Quelle force ! Il y a comme un magnétisme qui émane  de l&#8217;œuvre. Il faut que je sache qui est l&#8217;artiste, je m&#8217;approche timidement du petit écriteau sur la droite. Je veux le regarder tranquillement car je suis impressionné par cette peinture et je ne voudrais pas lui manquer de respect en jettant un regard furtif qui volerait et violerait les informations associées par une lecture hâtive et vulgaire ! Un bon repas se déguste sans précipitation.</p>
<div id="attachment_942" class="wp-caption aligncenter" style="width: 450px"><a rel="attachment wp-att-942" href="http://www.jrpac.com/blog/2010/jai-decouvert-un-chef-doeuvre/gerhard/"><img class="size-full wp-image-942" title="Abstraktes Bild, See. 1997. Gerhard Richter." src="http://www.jrpac.com/blog/wp-content/uploads/2010/09/gerhard.jpg" alt="Abstraktes Bild, See. 1997. Gerhard Richter." width="440" height="500" /></a><p class="wp-caption-text">Abstraktes Bild, See. 1997. Gerhard Richter.</p></div>
<p>Mince ! Encore lui, il m&#8217;a eu, il me suit. Cet inconnu il y a encore dix secondes ne l&#8217;était finalement pas du tout pour mon inconscient ! Ses toiles ont le dessus sur mes capacités d&#8217;analyse et de prise de recul qui auraient pu me dire doucement, sous forme d&#8217;indice à la <em>Questions pour un Champion</em> &laquo;&nbsp;Artiste-peintre allemand contemporain&nbsp;&raquo;. Au fond, j&#8217;aurais voulu que mon esprit se dise &laquo;&nbsp;C&#8217;est bon Gerhard, j&#8217;t'ai reconnu ! Arrête ton cinéma ! Je ne suis pas dupe&nbsp;&raquo;. Je croyais pourtant bien l&#8217;avoir cerné avec ses autres tableaux, je pensais le comprendre, connaître son œuvre pour la détecter avant même que je lise le descriptif et malgré tout il me surprend toujours ! L’intellect avait été éteint et l&#8217;effet de la peinture était passé au travers de la culture artistique, de la raison, de la connaissance de ses travaux et la fatigue à voir beaucoup d&#8217;œuvres distinctes et de grands maîtres cette semaine là semblaient s&#8217;être évaporée l&#8217;instant où mes yeux s&#8217;étaient posés sur ce sombre vert-cyan gratté, texturé et torturé. Le diamant avait jailli de nulle part, enfin au sein d&#8217;une salle dédiée à Monet et ses fils artistiques quand même !</p>
<p>Les événements se suivent et se ressemblent. En août, je suis allé à Bilbao et ai visité le musée des Beaux-Arts. Cette scène s&#8217;est répétée avec une peinture de la renaissance, le rapt de Deidamia par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Paul_Rubens">Rubens</a>, puis celui d&#8217;Europe par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Maarten_de_Vos">Martin de Vos</a> (une réelle claque esthétique dont je me remets encore difficilement) et enfin &#8211; bien moins évident -, &laquo;&nbsp;Some neat cushions&nbsp;&raquo; par l&#8217;imprévisible mais toujours aussi génial <a href="http://www.davidhockney.com/">David Hockney</a>.</p>
<div id="attachment_947" class="wp-caption aligncenter" style="width: 450px"><a rel="attachment wp-att-947" href="http://www.jrpac.com/blog/2010/jai-decouvert-un-chef-doeuvre/rubens/"><img class="size-full wp-image-947 " title="Le rapt de Deidamia, 1637. Peter Paul Rubens." src="http://www.jrpac.com/blog/wp-content/uploads/2010/09/rubens.jpg" alt="Le rapt de Deidamia, 1637. Peter Paul Rubens." width="440" height="279" /></a><p class="wp-caption-text">Le rapt de Deidamia, 1637. Peter Paul Rubens.</p></div>
<p style="text-align: center;"><em> </em></p>
<div id="attachment_948" class="wp-caption aligncenter" style="width: 450px"><a rel="attachment wp-att-948" href="http://www.jrpac.com/blog/2010/jai-decouvert-un-chef-doeuvre/europe/"><img class="size-full wp-image-948 " title="Le rapt d'Europe, 1590. Martin de Voos." src="http://www.jrpac.com/blog/wp-content/uploads/2010/09/EUROPE.jpg" alt="Le rapt d'Europe, 1590. Martin de Voos." width="440" height="339" /></a><p class="wp-caption-text">Le rapt d&#39;Europe, 1590. Martin de Voos.</p></div>
<p style="text-align: center;"><em> </em></p>
<div id="attachment_949" class="wp-caption aligncenter" style="width: 450px"><a rel="attachment wp-att-949" href="http://www.jrpac.com/blog/2010/jai-decouvert-un-chef-doeuvre/hockney/"><img class="size-full wp-image-949 " title="Some Neat Cushions, 1967. David Hockney." src="http://www.jrpac.com/blog/wp-content/uploads/2010/09/hockney.jpg" alt="Some Neat Cushions, 1967. David Hockney." width="440" height="438" /></a><p class="wp-caption-text">Some Neat Cushions, 1967. David Hockney.</p></div>
<p style="text-align: center;"><em> </em></p>
<p>Me voilà rassuré, je croyais avoir un cœur de pierre ces derniers temps. La faute à ces artistes contemporains comme <a href="http://www.guggenheim-bilbao.es/secciones/programacion_artistica/nombre_exposicion_claves.php?idioma=en&amp;id_exposicion=133">Anish Kapoor</a>, <a href="http://www.guggenheim-bilbao.es/secciones/la_coleccion/fondos_propios_nombre_obra.php?idioma=en&amp;id_coleccion=6">Richard Serra</a> et autres <a href="http://www.mtschiember.com/work/iron-maiden/">Morgane Tschiember</a> qui ne me font aucun effet, sinon celui de perdre mon temps à essayer de comprendre le travail d&#8217;imposteurs. Grâce à ces récents coups de cœur, j&#8217;éprouvais à nouveau ce doux sentiment de pouvoir à nouveau apprécier une œuvre, l&#8217;adorer dès l&#8217;instant où je la découvrais et la faire rentrer dans l&#8217;art sans la moindre hésitation, avec une inflexible conviction. Le temps nous dira si cette conviction était si inébranlable.</p>
<p><strong>En savoir plus</strong></p>
<ul>
<li><a href="http://www.gerhard-richter.com/">Site officiel de Gerhard Richter</a></li>
<li><a href="http://www.marmottan.com/">Musée Marmottan</a></li>
<li><a href="http://www.museobilbao.com/">Musée des Beaux-Arts de Bilbao</a></li>
<li><a href="http://www.guggenheim-bilbao.es/index.php?idioma=fr">Musée Guggenheim à Bilbao</a> où j&#8217;ai découvert les travaux de Richard Serra et Anish Kapoor</li>
</ul>
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		<title>Du déni à l&#8217;appréciation&#8230; de la mode et de l&#8217;art !</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Sep 2010 22:35:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Romain Pac</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Allez, introduisons cet article par deux courts extraits vidéos tirés du film The September Issue. Anna Wintour, rédactrice en chef de VOGUE, évoque dans la première séquence le milieu de la mode, non sans une petite fierté délicieuse à être spectatrice et actrice majeure de cette sphère. Dans le second extrait, le cadre n&#8217;a pas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Allez, introduisons cet article par deux courts extraits vidéos tirés du film <a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=145352.html">The September Issue</a>.</p>
<p><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Anna_Wintour">Anna Wintour</a>, rédactrice en chef de <a href="http://www.vogue.com/?us_site=y">VOGUE</a>, évoque dans la première séquence le milieu de la mode, non sans une petite fierté délicieuse à être spectatrice et actrice majeure de cette sphère. Dans le second extrait, le cadre n&#8217;a pas pas changé. Même personne. Même film. Mais le discours est autre, il est emprunt de souffrance du à l&#8217;incompréhension, sinon au mépris de son entourage pour son métier et son monde. Sa famille s&#8217;arrête au strass et aux paillettes.</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="440" height="330" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/xeo584?additionalInfos=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="440" height="330" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/xeo584?additionalInfos=0" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always"></embed></object><br />
<strong><a href="http://www.dailymotion.com/video/xeo584_anna-wintour-about-fashion-sphere_creation">Anna Wintour about fashion sphere</a></strong></p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="440" height="330" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/xepcei?additionalInfos=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="440" height="330" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/xepcei?additionalInfos=0" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always"></embed></object><br />
<strong><a href="http://www.dailymotion.com/video/xepcei_anna-wintour-about-her-family-circl_creation">Anna Wintour about her family circle</a></strong></p>
<p>Il existe une cruauté dans le déni et le mépris. Une cruauté-bulldozer qui n&#8217;a pas l&#8217;élégance de comprendre ce qu&#8217;elle écrase. Ces filles écervelées qui défilent avec des visons sur un podium entouré de groupies, de chipies et pseudo-journalistes de mode trendy, cette peinture immensément blanche tâchée d&#8217;un minuscule carré rouge en son centre alors que le commissaire d&#8217;exposition au vernissage agrémente son discours de superlatifs aussi abscons que le dernier mot que je viens d&#8217;employer, ce film d&#8217;auteur qui fait fuir la moitié de la salle et qui obtient la Palme d&#8217;Or et l&#8217;approbation unanime de toute la critique presse.</p>
<p>Au début je trouvais ça ridicule, vraiment. Maintenant, je revois ce premier jugement, celui du déni de la mode et de certaines œuvres d&#8217;art. <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-fran%C3%A7ois_zygel">Jean-François Zygel</a> parlait en des termes similaires en présentant un nouvel épisode de <a href="http://programmes.france2.fr/la-boite-a-musique/index.php?page=article&amp;numsite=4010&amp;id_rubrique=4013&amp;id_article=11807">La boîte à musique</a> sur l&#8217;Opéra  :</p>
<blockquote><p>Quand j&#8217;étais petit, ça ne me disait pas grand chose l&#8217;opéra. Je trouvais même ça passablement ridicule, ces grosses dames qui chantaient avec des airs convaincus, un peu héroïques et puis avec des robes franchement pas possibles.</p>
<p>Non, c&#8217;est plus tard, que je me suis rendu compte qu&#8217;il se jouait là quelque chose d&#8217;important. Et puis, ça fait plus de trois siècles qu&#8217;on écrit des opéras, que tout le monde continue à aller voir cela alors, il doit y avoir quelque chose, quelque chose d&#8217;important dans cette histoire d&#8217;opéra.</p></blockquote>
<p>Avec le temps, en m&#8217;y intéressant légèrement plus, je me suis rendu compte qu&#8217;il y a dans la mode plus de profondeur que ce que l&#8217;œil du profane pourrait y voir. C&#8217;est un monde léger, coloré et qui s&#8217;amuse, à l&#8217;image des robes de <a href="http://www.ladygaga.com/">Lady Gaga</a> conçues par <a href="http://www.jc-de-castelbajac.com/">Jean-Charles de Castelbajac</a>. C&#8217;est un monde qui travaille, énormément, sans cesse, toujours sur la brèche, toujours porté vers l&#8217;avenir. La mode est ancrée dans le contemporain et est donc connectée au monde en permanence. Et puis ce qu&#8217;il me plaît le plus et qui est une qualité partagée avec les compositeurs de hip-hop, les « modeux » sont curieux : ils s&#8217;intéressent à tout, leur culture est certes superficielle mais s&#8217;étend à l&#8217;ensemble des styles musicaux, aux modes de vie des gens, au design, à l&#8217;art.</p>
<p>La mode est profondément liée à la société et dicte bien des comportements sociaux ! L&#8217;appartenance à un groupe social implique une certaine tenue vestimentaire. Que l&#8217;on s&#8217;intéresse ou non aux vêtements, on ne peut nier l&#8217;importance de ces bouts de tissus sociologiquement parlant. Tout n&#8217;est donc pas futile dans la mode (<a href="http://www.jrpac.com/blog/2009/la-futilite-est-un-signe-devolution/">et quand bien même, ce n&#8217;est pas grave</a>) et les détails auxquels elle semble s&#8217;attarder n&#8217;en sont pas !</p>
<p>Voici un extrait du génialissime <a href="http://www.nyu.edu/gsas/dept/anthro/programs/csho/pmwiki.php/Home/RandallWhite">Randall White</a>, spécialiste de l&#8217;art et de la parure du Paléolithique supérieur européen, il est professeur d&#8217;anthropologie à l&#8217;université de New York (<a href="http://www.nyu.edu/">NYE</a>) ; cet extrait provient de l&#8217;article <a href="http://www.nyu.edu/gsas/dept/anthro/programs/csho/Content/Facultycvandinfo/White/RWarticles/RW2000LaRecherchehorsserie.pdf">Un Big Bang socioculturel</a> paru dans <a href="http://www.larecherche.fr/">La Recherche</a> :</p>
<blockquote><p>Prenons un exemple : un anneau porté au nombril renvoie à des associations métaphoriques complètement différentes d&#8217;un anneau porté à l&#8217;annulaire de la main gauche. En outre, l&#8217;évocation ne sera pas la même selon le matériau, or, platine ou cuivre. De même qu&#8217;une lettre écrite sur du papier vergé à en-tête, imprimé en relief, sera plus solennelle que si elle est écrite sur du papier ordinaire. Pourtant il n&#8217;y a aucune signification inhérente à l&#8217;or, au papier vergé, à l&#8217;annulaire de la main gauche, ni même à la forme circulaire. Les symboles sont en fait représentés sous des formes matérielles culturellement convenues, dont le sens subjectif échappe aux individus d&#8217;une culture différente.</p></blockquote>
<p>Du &laquo;&nbsp;sens subjectif&nbsp;&raquo; qui échappe à certaines personnes au &laquo;&nbsp;sens du beau&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;sens artistique&nbsp;&raquo;, il n&#8217;y a qu&#8217;un pas ! La culture dans l&#8217;appréciation d&#8217;une œuvre est donc primordiale, de même que le palet d&#8217;un œnologue s&#8217;éduque pour apprécier tous les parfums d&#8217;un bon vin ! C&#8217;est ainsi qu&#8217;après la lecture de livres sur l&#8217;art, la présence à des conférences sur des domaines que je ne connaissais pas et l&#8217;intérêt de l&#8217;ignare en mode que je suis pour ce milieu, je suis passé du déni à l&#8217;appréciation.</p>
<blockquote><p><strong>DÉNIER</strong></p>
<p><em>Refuser (le plus souvent injustement) d&#8217;accorder que quelqu&#8217;un possède ou puisse posséder telle qualité, tel droit.</em></p>
<p><strong>APPRÉCIER</strong></p>
<p><em>Porter un jugement favorable sur une personne ou une chose, en reconnaître la valeur, la qualité, l&#8217;importance.</em></p></blockquote>
<p>La société fonctionne avec des sphères sociales :  les artistes, les agents immobiliers, les informaticiens, les journalistes, les commerciaux, &#8230;etc. Chaque sphère a une part d&#8217;invisible et il est frustrant pour leurs acteurs de ses sphères, sinon blessant, que cette part soit déconsidérée par autrui.  Les sphères sociales sont différentes, s&#8217;entrecroisent rarement, s&#8217;observent et se jugent. Il en résulte une vision biaisée et bien souvent peu flatteuse de ce que l&#8217;on ne connait pas. L&#8217;ignorance doublée d&#8217;un manque d&#8217;ouverture d&#8217;esprit nous amènent à dénigrer certains milieux.</p>
<p>Dans mon ancienne vie, je ne comprenais pas que mes parents ne me comprennent pas ! Je passais des nuits entières à développer des logiciels informatiques et j&#8217;étais fier de la manière avec laquelle je réalisais ces programmes. Lorsque je présentais le produit fini, j&#8217;aurais voulu que l&#8217;on s&#8217;intéresse à l&#8217;envers du décor, à la beauté de telle ou telle partie du programme et je ressentais les remarques <em>superficielles</em>, sur ce que l&#8217;on voit, comme un véritable déshonneur face à mon travail. L&#8217;histoire se suit et se répète lorsque je fais une photographie et que la seule question qu&#8217;on va me poser porte sur l&#8217;appareil photo utilisé ou et le diaphragme employé !</p>
<p>Mais je ne peux pas en vouloir à mes congénères, je suis exactement comme eux ! Je suis le premier à poser des questions sans intérêt réel dans l&#8217;approche et la réalisation d&#8217;un travail.</p>
<p>On retrouve là peut-être l&#8217;essence même de ce qu&#8217;est un artiste : une manière de faire les choses impossible à décrire car trop dans le ressenti, la sensation et une singularité dans l&#8217;action et le geste que l&#8217;on ne peut verbaliser. Au fond, on pourrait se dire qu&#8217;importe ce que pense Stravinski, ce que  ressent Rubens, leur œuvre est le meilleur reflet de la profondeur et l&#8217;élégance de leur esprit. Le fond d&#8217;un artiste est impénétrable et c&#8217;est ce qui le rend hors normes, magique dans une certaine mesure. La nature de l&#8217;esprit est la signature du créateur. Le pinceau suit la main, dirigée par le cerveau. Comme le disait Léonard de Vinci au sujet de la peinture, l&#8217;art est une &laquo;&nbsp;cosa mentale&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Si les méandres de la pensée de l&#8217;artiste sont impénétrables, il peut en être autant de son œuvre finie !</p>
<p>Le duo d&#8217;artistes <a href="http://www.lernertandsander.com/index.php?/about-us/">Lernert &amp; Sander</a> est parti du constat qu&#8217;il est difficile d&#8217;expliquer à ses parents son travail artistique (au sens où ce n&#8217;est pas une large fumisterie et juste du grand n&#8217;importe quoi !) pour réaliser une série de documentaires vidéos intitulée <a href="http://www.lernertandsander.com/index.php?/projects/how-do-i-explain-my-parents/">How To Explain It To My Parents</a> où des artistes plus ou moins connus, plus ou moins jeunes, s&#8217;assoient avec leurs parents autour d&#8217;une table et tentent d&#8217;expliquer leur démarche et leur activité. Le résultat est touchant, vrai et assez emblématique des deux sphères qui se voient sans se comprendre. Cette confrontation d&#8217;opinion s&#8217;étend bien au-delà du cercle familial.</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="440" height="247" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=13487217&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=0&amp;show_byline=0&amp;show_portrait=0&amp;color=fff&amp;fullscreen=1&amp;autoplay=0&amp;loop=0" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="440" height="247" src="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=13487217&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=0&amp;show_byline=0&amp;show_portrait=0&amp;color=fff&amp;fullscreen=1&amp;autoplay=0&amp;loop=0" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always"></embed></object></p>
<p>Grâce à une ouverture sur le monde, à un intérêt de l&#8217;inconnu et l&#8217;extension de sa culture personnelle, on peut apprécier ce que l&#8217;on déniait auparavant et revoir sa position. En art, la richesse et la multiplicité des niveaux de lecture d&#8217;une œuvre font que ces révisions sont permanentes. Un jour cette œuvre sera un chef d&#8217;œuvre, le jour suivant elle sera une imposture. Les approches sont tellement différentes que l&#8217;évaluation d&#8217;une œuvre est un rubik&#8217;s cube pour n&#8217;importe quel amateur d&#8217;art et a fortiori pour le critique.</p>
<p>Beaucoup d&#8217;œuvres d&#8217;art, surtout maintenant, sont inaccessibles. Elles présupposent une culture qui officiera comme un éveil. Mais, si avoir le bagage nécessaire pour recevoir mentalement une œuvre d&#8217;art est une chose, pouvoir déterminer si cette peinture ou cette photographie relève du pipeau intégral ou d&#8217;un véritable chef d&#8217;œuvre est une autre affaire !</p>
<p>J&#8217;ai dans ma &laquo;&nbsp;boîte à chaussures virtuelle&nbsp;&raquo; un schéma que je présenterai dans un prochain article permettant d&#8217;évaluer une œuvre et de comprendre la versatilité permanente d&#8217;un bon critique d&#8217;art.</p>
<p>En attendant, je vous laisse découvrir les peintures de l&#8217;artiste Roat Romano Chocalescu (!) et aussi, pour le plaisir, la bande-annonce du film Musée Haut, Musée Bas de Jean-Michel Ribes.</p>
<p><em>Roat Romano Choucalescu, un « destructureur d&#8217;intemporalité »</em></p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="440" height="352" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/G0WoW7hbOWA?fs=1&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="440" height="352" src="http://www.youtube.com/v/G0WoW7hbOWA?fs=1&amp;hl=fr_FR" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always"></embed></object></p>
<p><em>Bande-annonce de Musée Haut, Musée Bas</em></p>
<div id="blogvision" style="width: 420px; height: 335px;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="100%" height="100%" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.allocine.fr/blogvision/18837531" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="100%" height="100%" src="http://www.allocine.fr/blogvision/18837531" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always"></embed></object></div>
<p><em><br />
</em></p>
<p><strong>En savoir plus</strong></p>
<ul>
<li>Mode
<ul>
<li><a href="http://www.arte.tv/fr/Echappees-culturelles/Le-jour-d-avant/2903194,CmC=2903146.html">Le jour d&#8217;avant</a> par <a href="http://www.imdb.com/name/nm1459873/">Loïc Prigent</a>, une série documentaire diffusée sur <a href="http://www.arte.tv/">Arte </a>sur les 24H précédents un défilé de mode, dans 4 grandes maisons de couture</li>
<li><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=111567.html">Film documentaire Lagerfeld Confidentiel</a></li>
</ul>
</li>
<li>Art
<ul>
<li><a href="http://www.lernertandsander.com/">Site Web de Lernert &amp; Sander</a></li>
<li><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=129366.html">Film Musée Haut, Musée Bas</a> de <a href="http://www.imdb.com/name/nm0722980/">Jean-Michel Ribes</a></li>
<li><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=135547.html">Film Achille et la tortue</a> de <a href="http://www.imdb.com/name/nm0001429/">Takeshi Kitano</a></li>
</ul>
</li>
<li>Musique
<ul>
<li><a href="http://www.youtube.com/watch?v=EVBsypHzF3U">Clip Telephone de Lady Gaga</a>, où la robe rayée noir et blanc qu&#8217;elle porte a été spécialement conçue pour le clip par Jean-Charles de Castelbajac</li>
<li>Interview vidéo de Jean-François Zygel : <a href="http://animateurs.france2.fr/IMG/asx/zygel-1.asx">partie 1</a>, <a href="http://animateurs.france2.fr/IMG/asx/zygel-2.asx">partie 2</a></li>
</ul>
</li>
<li><a href="http://www.cnrtl.fr/definition/d%C3%A9nier">Source de la définition du verbe Dénier</a></li>
<li><a href="http://www.cnrtl.fr/definition/appr%C3%A9cier">Source de la définition du verbe Apprécier</a></li>
</ul>
<div id="attachment_907" class="wp-caption aligncenter" style="width: 450px"><a rel="attachment wp-att-907" href="http://www.jrpac.com/blog/2010/du-deni-a-lappreciation-de-la-mode-et-de-lart/jrpac-001/"><img class="size-full wp-image-907 " title="Pyrénées espagnoles. Août 2010. Photo : Jean-Romain Pac." src="http://www.jrpac.com/blog/wp-content/uploads/2010/09/jrpac-001.jpg" alt="Pyrénées espagnoles. Août 2010. Photo : Jean-Romain Pac." width="440" height="293" /></a><p class="wp-caption-text">Pyrénées espagnoles. Août 2010. Photo : Jean-Romain Pac.</p></div>
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		</item>
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		<title>L&#8217;art n&#8217;existe pas</title>
		<link>http://www.jrpac.com/blog/2010/lart-nexiste-pas/</link>
		<comments>http://www.jrpac.com/blog/2010/lart-nexiste-pas/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 12 Feb 2010 16:59:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Romain Pac</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Une oeuvre devient une oeuvre d&#8217;art à partir du moment où elle entre dans un musée. Vous souvenez-vous de cette vidéo qui avait envahi la toile il y a quelques années ? Joshua Bell, un violoniste virtuose jouait dans le hall de la gare de Washington DC dans l&#8217;indifférence générale. Cette expérience est très révélatrice. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une oeuvre devient une oeuvre d&#8217;art à partir du moment où elle entre dans un musée.</p>
<p>Vous souvenez-vous de cette vidéo qui avait envahi la toile il y a quelques années ? <a href="http://www.joshuabell.com/">Joshua Bell</a>, un violoniste virtuose jouait dans le hall de la gare de Washington DC dans l&#8217;indifférence générale.</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="425" height="344" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/myq8upzJDJc&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;rel=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="344" src="http://www.youtube.com/v/myq8upzJDJc&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;rel=0" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p>Cette expérience est très révélatrice. L&#8217;art a besoin d&#8217;un contexte pour être apprécié. Si un panneau à côté indiquait : &laquo;&nbsp;Cet homme a gagné un Grammy Award&nbsp;&raquo; ou si le musicien jouait exactement les mêmes morceaux, avec la même interprétation mais juste dans une salle de concert, la réception de son œuvre aurait été totalement différente.</p>
<p>De même, à l&#8217;époque préhistorique, un silex gravé avec des ornements gagnera en reconnaissance uniquement si le groupe social, c&#8217;est-à-dire la société le reconnaît comme une œuvre d&#8217;art et non comme simple outil. La reconnaissance, légitime ou pas, impose l&#8217;intérêt.</p>
<p>Il n&#8217;y a pas d&#8217;art sans institutions. En soi, une peinture de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Rembrandt">Rembrandt</a>, un film de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fritz_Lang">Fritz Lang</a>, une musique de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Wolfgang_Amadeus_Mozart">Mozart</a> ou une sculpture de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Alberto_Giacometti">Giacometti</a> ne sont que des productions, des créations humaines.</p>
<p>Au fond, qu&#8217;est-ce qui différencie l&#8217;activité du peintre <a href="http://www.pierre-soulages.com/">Pierre Soulages</a>, qui investit toute sa vie à peindre des toiles blanches avec du noir d&#8217;un chercheur mathématicien qui dédie toute son existence à la démonstration d&#8217;un théorème ? Les deux sont déterminés, impliqués ; ils cultivent le goût pour l&#8217;excellence et sont &laquo;&nbsp;spécialistes&nbsp;&raquo; voire même uniques dans leur domaine. Les mathématiques font tout aussi appel à une ouverture sur le monde que la création picturale.</p>
<p>La seule différence que je vois dans ces deux productions, c&#8217;est l&#8217;étiquette. Ce label virtuel qui indique que les œuvres de Pierre Soulages relève du domaine artistique et pas celles du mathématicien. Ne faut-il pas de folie, de persévérance et d&#8217;entreprise à fort message &#8211; conceptuel ou pas &#8211; pour faire décoller une fusée et découvrir l&#8217;univers ? Certes, il y a des impératifs commerciaux et une volonté lucrative mais cela n&#8217;a pas toujours été le cas. Honnêtement, les ingénieurs qui réalisent ces objets sont très semblables aux artistes, autant dans la personnalité que dans la démarche.</p>
<p>Le fait donc de dire &laquo;&nbsp;ça c&#8217;est de l&#8217;art&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;ça ce n&#8217;est pas de l&#8217;art&nbsp;&raquo;, en quelque sorte n&#8217;a rien à voir avec l&#8217;œuvre même. Les institutions qui ont droit de vie ou de mort sur les travaux d&#8217;un créateur dessinent le paysage artistique, sur des critères qui me semblent bien peu ouverts. Le triumvirat infernal -  galeries, musées et salles de vente &#8211; est à l&#8217;origine de ce comité de censure et de promotion décentralisé. Il n&#8217;est pas seul, aidé par quelques branches satellites tenues par des universitaires, des critiques d&#8217;art et quelques concours à influence internationale, il représente une couche d&#8217;abstraction, ô combien subjective qui appose une valeur artistique ou financière à une œuvre.</p>
<p>De ce constat, on peut en déduire que l&#8217;art n&#8217;existe pas, ou tout du moins, qu&#8217;il ne représente que l&#8217;avis de certaines institutions, peu importe sur quoi porte cet avis. Il faut bien saisir d&#8217;ailleurs, que le mot &laquo;&nbsp;artiste&nbsp;&raquo; employé en son sens communément admis aujourd&#8217;hui n&#8217;est apparu qu&#8217;à partir de la Renaissance, soit extrêmement tard dans l&#8217;histoire de l&#8217;humanité. C&#8217;est donc une notion nouvelle et sa définition est aussi multiple que le nombre d&#8217;humains sur cette planète !</p>
<p>Je crois qu&#8217;il faut prendre du recul sur ce qui est l&#8217;art aujourd&#8217;hui. On devrait tous se considérer comme des praticiens, des artisans, des créateurs. <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Johann_Sebastian_Bach">Johann Sebastian Bach</a> se prenait-il pour un artiste ? J&#8217;en doute. Il travaillait sur commande uniquement, devait rendre sa copie tel un écolier toutes les semaines pour la messe du dimanche. On est bien loin de l&#8217;imagerie romantique de l&#8217;artiste-poète dont le génie impose la tolérance de tous les excès.</p>
<p><a href="http://www.vanityfair.com/culture/features/2009/11/norman-rockwell-200911?currentPage=1">Norman Rockwell</a> par exemple avait une vie assez banale, voire même monotone. Considéré comme un workaholic par son entourage, il fait plus penser à un enseignant-chercheur dévoué à sa tâche, mettant en second plan sa vie familiale et sociale qu&#8217;au très séduisant <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Keats">John Keats</a>.</p>
<p><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fontaine_%28Duchamp%29">La fontaine</a> de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Duchamp">Marcel Duchamp</a> est définitivement une œuvre majeure car non seulement elle explique le fonctionnement du milieu de l&#8217;art et la reconnaissance d&#8217;une œuvre par les institutions mais elle est aussi une métaphore très forte sur l&#8217;impact du groupe social dans l&#8217;échelle de valeurs de la société.</p>
<p>Tout n&#8217;est que hiérarchie : de la reconnaissance (célébrité, compétence) à la position sociale (pouvoir, argent) sans oublier la sacro-sainte séduction et attraction sexuelle intimement liée aux deux premiers points.</p>
<p>Les hommes et les femmes évoluent dans la rue de manière assez simple. Certains sont bien habillés, d&#8217;autres pas. Certains sont souriants, d&#8217;autres sont énervés mais, en filigrane, au-dessus de cette partie visible, il y a un monde parallèle, perceptible que par nos structures mentales complexes, celle des hiérarchies et de la place de la réussite, du succès. Tout est dicté par ça : ceux qui ont réussi et ceux qui sont restés en bas de l&#8217;échelle.</p>
<p>La différence va venir du choix de l&#8217;échelle justement : alors que les bouddhistes vont avancer sur les rails de la spiritualité, les sociétés occidentales elles ont choisi le matérialisme ou la position sociale. Mettre un urinoir dans un musée, c&#8217;est révéler les échelles de valeur et les étiquettes. Un objet insignifiant à Beaubourg représente, de facto, une œuvre d&#8217;art et profite donc d&#8217;une renommée mondiale dans le milieu de l&#8217;art. Duchamp crée l&#8217;étiquette, crée lui-même à partir de rien une légende qui dit : &laquo;&nbsp;La société va trouver ça génial donc à partir de là, considère-le&nbsp;&raquo;. Et ça fonctionne !</p>
<p>Son œuvre est donc méta-sociétale : elle explique le fonctionnement de la société en l&#8217;appliquant à un sous domaine, celui de l&#8217;art.</p>
<p>Ce n&#8217;est pas Rembrandt qui est de l&#8217;art, c&#8217;est le fait de le dire.</p>
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		<title>J&#8217;ai 26 ans et je peux mourir</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Dec 2009 02:19:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Romain Pac</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pensée]]></category>
		<category><![CDATA[aventure]]></category>
		<category><![CDATA[confort]]></category>
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		<description><![CDATA[Faites le deuil de votre propre mort et vous commencerez à vivre ! J&#8217;ai 26 ans et je considère que j&#8217;ai fait mon temps sur Terre. Ne lisez pas dans ces lignes un aveu de projet d&#8217;autolyse comme on dit dans l&#8217;armée (pour parler du suicide) mais exactement l&#8217;inverse ! L&#8217;homme préhistorique, avec qui je [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Faites le deuil de votre propre mort et vous commencerez à vivre ! J&#8217;ai 26 ans et je considère que j&#8217;ai fait mon temps sur Terre. Ne lisez pas dans ces lignes un aveu de projet d&#8217;autolyse comme on dit dans l&#8217;armée (pour parler du suicide) mais exactement l&#8217;inverse !</p>
<p>L&#8217;homme préhistorique, avec qui je me plais souvent à réaliser quelques comparaisons a une <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9decine_dans_la_Pr%C3%A9histoire_et_la_Protohistoire#Estimations_de_l.27esp.C3.A9rance_de_vie_moyenne_des_hommes_pr.C3.A9historiques">espérance de vie inférieure à 30 ans</a>. Quelque part, chaque année supplémentaire à laquelle j&#8217;ai droit est une chance, un bonus : alors, pourquoi ne pas en profiter comme tel ?!</p>
<p>L&#8217;hédonisme a dicté les décisions les plus importantes que j&#8217;ai eu à faire dans ma vie.  Arrêter mes études en cours de route alors que tout le monde me conseillait le contraire. Partir en Colombie sur un coup de tête en achetant un billet aller-retour pour Bogotá à 2 heures du matin. Tout plaquer pour quitter plus de dix ans d&#8217;apprentissage et de compétences dans un domaine &#8211; l&#8217;informatique &#8211; pour en découvrir un nouveau où je débute &#8211; la photographie -. Ou encore, pour mes 19 ans, organiser un voyage le long des lignes du transsibérien avec un ami alors que personne n&#8217;y croyait, à commencer par mes parents !</p>
<p>Suivre ses désirs et rien que ses désirs, tant que l&#8217;on n&#8217;endosse pas quelconque responsabilité au regard de la société, c&#8217;est le meilleur moyen d&#8217;avancer, pas forcément de grandir par contre. Pour ça, il faut regarder la personnalité de chacun et surtout l&#8217; &laquo;&nbsp;âge d&#8217;une âme&nbsp;&raquo;. Je pourrai développer ce point dans un autre article mais rapidement je considère qu&#8217;une personne que l&#8217;on qualifie de mature le doit à son âme. L&#8217;âme serait ce qui regroupe plusieurs vies de la même manière qu&#8217;une vie regroupe l&#8217;enfance, l&#8217;adolescence et l&#8217;âge adulte.</p>
<p>Voici un rapide schéma résumant ma pensée sur le sujet.</p>
<div id="attachment_532" class="wp-caption aligncenter" style="width: 450px"><a rel="attachment wp-att-532" href="http://www.jrpac.com/blog/2009/jai-26-ans-et-je-peux-mourir/evolution_maturite_ame/"><img class="size-full wp-image-532 " title="Vision personnelle de l'évolution de la maturité." src="http://www.jrpac.com/blog/wp-content/uploads/2009/12/evolution_maturite_ame.gif" alt="Vision personnelle de l'évolution de la maturité." width="440" height="328" /></a><p class="wp-caption-text">Vision personnelle de l&#39;évolution de la maturité.</p></div>
<p>Bref, l&#8217;envie du moment c&#8217;est de vivre des expériences hors du commun, de faire des rencontres humaines et de ne pas perdre mon temps à construire mon confort matériel dans une société qui n&#8217;est basée que sur ça. Je n&#8217;ai rien contre le matérialisme. Comme le dirait <a href="http://www.prajna-philia.com/index.php?m=03">Fabrice Midal</a>, il n&#8217;y a rien de mauvais dans l&#8217; &laquo;&nbsp;avoir&nbsp;&raquo;, bien au contraire. Cependant, actuellement, c&#8217;est plus un boulet pour moi qu&#8217;autre chose, le matérialisme ne m&#8217;apporte plus rien dans mon développement personnel. A choisir entre un voyage et un bel appareil photo, je choisis sans hésiter le premier. Il y a quinze ans, je ne suis pas sûr que j&#8217;aurais répondu la même chose !</p>
<p>Je veux donc découvrir, vivre sans filet, aimer, donner, souffrir, apprendre, douter, apprécier et être encore plus sensible. La sensibilité, c&#8217;est une connexion directe au monde qui nous entoure. Le rapport à autrui fait tout l&#8217;intérêt et le mystère d&#8217;un être humain. Si avant je pouvais admirer quelqu&#8217;un par ses réalisations, maintenant, cela m&#8217;est totalement indifférent. Je me contrefiche de la culture d&#8217;un Homme, de ce qu&#8217;il fait, de son intelligence. Il est prix Nobel de physique ? Il a monté son entreprise et maintenant est milliardaire ? Il est docteur en philosophie et ses livres sont traduits dans plus de cinquante pays ? Tout cela m&#8217;est bien égal. Ce n&#8217;est qu&#8217;une succession de non-informations dans mon esprit. Par contre, l&#8217;humanité qui se dégage d&#8217;un être est le point important de l&#8217;Humanité tout court.</p>
<p>Mon entourage a changé par rapport à il y a quelques années. J&#8217;accorde de plus en plus d&#8217;importance aux gens qui sont, simplement. Ceux qui vous disent sans détour ce qu&#8217;ils pensent de vous, qui vous côtoient pour l&#8217;unique intérêt du plaisir de passer du temps ensemble, ceux qui vous font rire et que vous continuez à voir même s&#8217;ils sont avares, égoïstes ou lunatiques ! Au fond, ce sont les personnes qui amènent un bol d&#8217;air frais, un souffle positif sur leur entourage. N&#8217;y voyez pas ce positivisme simpliste que les média se plaisent à relayer parce que &laquo;&nbsp;ça fait vendre et c&#8217;est tendance&nbsp;&raquo;, ni même ce positivisme thérapeutique où une relation entre deux amis ne tient que par la bipolarité des personnalités (un heureux, un triste). Je pense plutôt aux gens qui sont bienveillants. J&#8217;en ai rencontré partout dans le monde : en Colombie grâce à Michael, ce voyageur itinérant qui en quelques phrases m&#8217;a donné la plus grande leçon de vie de mon existence, en Mongolie par cette femme, la maîtresse de maison qui s&#8217;occupait de toute la famille dans la yourte où nous étions hébergés et qui nous avait amenés, à dos de chameau, dans le désert de Gobi. Elle ne disait mot mais son visage envoyait les messages les plus purs que j&#8217;ai pu recevoir. Et puis en Europe bien évidemment, notamment avec Morisia, mon ex-colocatrice italienne avec qui j&#8217;ai une relation quasi-fraternelle.</p>
<p>Cet après-midi mon neveu de deux ans regardait un dessin animé pour enfants. Deux petits oiseaux s&#8217;éloignent du nid et l&#8217;un deux a peur : &laquo;&nbsp;il faut rentrer, c&#8217;est dangereux&nbsp;&raquo;. L&#8217;autre, plus téméraire persiste et s&#8217;avance dans la nature hostile. Un renard surgit, les menace et les deux petits oiseaux ne sachant pas encore voler commencent à courir. Le renard distancé, ils avaient survécu. L&#8217;oiseau qui doutait dit à l&#8217;autre &laquo;&nbsp;Tu vois, je t&#8217;avais dit qu&#8217;il ne fallait pas s&#8217;éloigner&nbsp;&raquo;. L&#8217;autre, encore essoufflé lui répond avec un sourire &laquo;&nbsp;Mais si ! Regarde, si on n&#8217;était pas parti, on n&#8217;aurait jamais vécu cette expérience !&nbsp;&raquo;.</p>
<p>La vie devrait se résumer à cette devise simpliste mais tellement vraie et saine.</p>
<p>Qu&#8217;importe si on perd la vie suite à quelconque danger pris, on aura vécu pleinement et intensément.</p>
<p>Le fait de dire je peux mourir demain est une double libération : celle de l&#8217;existence, plus ternie ni lissée par la crainte de la mort et celle de la mort elle-même qui ne nécessite plus aucune préparation psychologique pour &laquo;&nbsp;partir en paix&nbsp;&raquo;. Vivre ses passions passionnément répond à tout ça.</p>
<p>Lorsqu&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Cartier-Bresson">Henri Cartier-Bresson</a> parle du Mexique, la larme à l&#8217;œil, il évoque de suite la passion qui anime les gens qui vivent dans ce pays. Il en parle avec nostalgie, celle d&#8217;un temps &#8211; une époque de sa vie &#8211; où on ne se préoccupe pas du temps justement. Tout est dans le présent.</p>
<p>Dans ma vision idéaliste, il suffit de prendre un avion pour Rio, pour aller étudier l&#8217;anthropologie dans une université brésilienne. Le portugais ? J&#8217;apprendrai sur place, tout comme j&#8217;ai appris l&#8217;espagnol à Alicante.</p>
<p>Et puis, je m&#8217;en lasserai, la vie tranquille me rattraperait avec tout son danger d&#8217;immobilisme mental. Je voudrai à nouveau remettre mon corps en danger par l&#8217;insécurité et vivre des expériences marquantes. Je me débrouillerai pour trouver un moyen de rentrer aux États-Unis, légalement, et j&#8217;irai à New York. Je n&#8217;aurai pas d&#8217;emploi et là, je tomberai sur une affichette dans la rue qui proposerait d&#8217;être barman. J&#8217;ai toujours rêvé de travailler dans la restauration, c&#8217;est un théâtre interactif, on assiste au bal des êtres humains et on en est acteur par la même occasion ! Il faut comprendre les comportements des clients, il faut analyser sociologiquement tous les individus. Ceux-là sont-ils en couple ? Et ces parents accompagnés de leurs enfants, sont-ils en train de s&#8217;offrir leur premier voyage en famille ? Ce vieil homme qui lit son journal tous les matins à la même place, dois-je lui amener directement son jus d&#8217;orange quotidien ou lui laisserais-je l&#8217;occasion de briser la routine du quotidien en le laissant me commander une autre boisson ?</p>
<p>Ainsi, d&#8217;expérience en expérience, ma vie s&#8217;enrichirait. Elle  serait une suite d&#8217;aventures fatigantes mais croustillantes où les relations humaines prendraient la place centrale. Se confronter à l&#8217;autre, humainement, culturellement parlant, c&#8217;est devenir un caméléon et s&#8217;adapter à l&#8217;autre pour le comprendre. Tout cela suppose d&#8217;accepter l&#8217;inconfort de l&#8217;acceptation de nouveaux points de vue, remettant en cause tout le socle sur lequel nous nous sommes bâtis pendant plusieurs années. L&#8217;Homme a besoin de repères mais l&#8217;Homme réellement libre ne s&#8217;enrichit que par la seule certitude de l&#8217;incertitude. La vraie curiosité et découverte, celle qui nous change profondément, a un coût. Il suffit de renoncer à ce que l&#8217;on va perdre pour recevoir ce qui nous sera donné dans notre vie. Dès lors, on peut mourir demain ou dans cent ans car notre vie n&#8217;aura souffert d&#8217;aucun regret.</p>
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		<title>La futilité est un signe d&#8217;évolution !</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Dec 2009 02:11:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Romain Pac</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Quelle folie d&#8217;aller s&#8217;asseoir dans le fauteuil rouge profond d&#8217;une salle de concert et d&#8217;écouter, transporté, un concerto de Tchaïkovski ! Quel délice d&#8217;oser prendre sur son temps pour remplir de couleurs harmonieuses une feuille de papier, dessiner et s&#8217;exprimer. Enfin, quel luxe de pouvoir aller dans un parc, prendre place sur un banc et, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quelle folie d&#8217;aller s&#8217;asseoir dans le fauteuil rouge profond d&#8217;une salle de concert et d&#8217;écouter, transporté, un concerto de Tchaïkovski !</p>
<p>Quel délice d&#8217;oser prendre sur son temps pour remplir de couleurs harmonieuses une feuille de papier, dessiner et s&#8217;exprimer.</p>
<p>Enfin, quel luxe de pouvoir aller dans un parc, prendre place sur un banc et, muet, penser à sa condition voire à l&#8217;humanité.</p>
<p>Me voilà de retour de la projection du film <a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=127661.html">La route</a>, tiré du roman éponyme de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Cormac_McCarthy">Cormac McCarthy</a>. Il présente la vie quotidienne d&#8217;un père et son fils, dans un univers post-apocalyptique. Ils doivent manger, survivre, marcher et tentent d&#8217;éviter le cannibalisme malgré leur faim. Leur vie est brute, sans répit. Dans un monde pareil, la tranquillité semble être un néologisme. Même s&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une fiction, il fut un temps sur Terre où l&#8217;ensemble des êtres humains devaient avoir une vie similaire.</p>
<p>En regardant la vie d&#8217;un occidental moyen, le contraste est saisissant. Qu&#8217;est-ce qui fait qu&#8217;aujourd&#8217;hui, on insère un plat cuisiné dans le four à micro-ondes et deux minutes plus tard, notre repas est prêt et son besoin oublié ?</p>
<p>L&#8217;évolution.</p>
<p>L&#8217;homme a trois besoins : se nourrir, dormir et se reproduire. Toute l&#8217;évolution de l&#8217;humanité s&#8217;est efforcée de travailler sur ces trois points pour qu&#8217;ils ne représentent plus de problème à l&#8217;homme dans sa vie de tous les jours. Il n&#8217;a plus à s&#8217;en préoccuper et peut donc passer au palier supérieur.</p>
<div id="attachment_465" class="wp-caption aligncenter" style="width: 450px"><img class="size-full wp-image-465 " title="Pyramide de l’activité humaine en fonction de l’évolution." src="http://www.jrpac.com/blog/wp-content/uploads/2009/12/pyramide_besoins1.jpg" alt="Pyramide de l’activité humaine en fonction de l’évolution." width="440" height="219" /><p class="wp-caption-text">Pyramide de l’activité humaine en fonction de l’évolution.</p></div>
<p>Il existe une pyramide des priorités, variant plus ou moins en fonction des cultures. Chacun pourrait créer la sienne, je vous présente ci-dessus comment je vois l&#8217;évolution humaine. La définition même d&#8217;évolution est très subjective : les moines tibétains n&#8217;auront certainement pas la même définition que certains milliardaires ultra-matérialistes mais qu&#8217;importe, il y a malgré tout des points communs.</p>
<p>Le premier fait de l&#8217;évolution humaine porte sur la pensée. Tout être humain n&#8217;a pas le luxe de philosopher. La philosophie, représentée en rouge dans le schéma (pensée) suppose d&#8217;être serein, donc d&#8217;avoir du temps et de vivre dans un certain confort matériel.</p>
<p>Pouvoir penser aux choses qui nous entourent et analyser notre rapport au monde n&#8217;est pas du tout lié à la structure mentale de l&#8217;individu. En d&#8217;autres termes, même les imbéciles peuvent philosopher ! Par contre, le mineur &#8211; intelligent ou pas &#8211; qui travaille douze heures par jour à casser de la roche tous les mois de l&#8217;année, qui n&#8217;a pas de vacances et qui dort dans une habitation bruyante n&#8217;aura que peu de chance de se voir philosopher un jour sur sa condition. Effectivement, cela suppose du temps et un environnement apaisant.</p>
<p>Le but de l&#8217;évolution humaine, à mon sens, est que ce luxe n&#8217;en soit plus un. Une société moderne, idyllique à la préhistoire, serait que l&#8217;ensemble des êtres humains passent leur temps à s&#8217;amuser, rigoler, créer, écouter de la musique, discuter. Arriver à cet état signifierait que les premiers paliers de l&#8217;évolution, en suivant le schéma sont acquis et que les Hommes ne se concentrent que sur le haut de la pyramide. Tout le monde aurait une maison chauffée, avec l&#8217;eau courante et l&#8217;électricité, elle serait reliée à Internet et on se déplacerait avec une grande mobilité.</p>
<p>On pourrait alors disserter sur l&#8217;avenir de l&#8217;Homme, ou plus futilement se demander si &laquo;&nbsp;<a href="http://burkiblog.blog.canalplus.fr/archive/2009/11/24/la-chronique-du-mardi-24-novembre.html">le prout, c&#8217;est chic ?</a>&nbsp;&raquo; (le <a href="http://burkiblog.blog.canalplus.fr/">blog de Daphné Burki</a> est une véritable agence de publicité pour le futile. Et, sérieusement, c&#8217;est une grande marque d&#8217;évolution humaine !) ou enfin faire une soirée beauf-revival en écoutant du Joe Dassin sous-titré en japonais.</p>
<p>De même, les notions de plaisir et d&#8217;humour n&#8217;ont rien de systématiques. Si le rire est presque une exclusivité humaine (à l&#8217;exception du singe, et de quelques rares autres animaux qui jouent entre eux), il est fortement lié au cadre dans lequel on vit, aux conditions sociales. Il est évident qu&#8217;une vie dure, comme celle des héros du film La Route, n&#8217;est pas du tout propice à l&#8217;humour. Ce dernier répond donc d&#8217;un certain confort &laquo;&nbsp;matériel&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Je crois donc en la futilité. Longtemps je me suis demandé ce qui m&#8217;intriguait chez certaines personnes (surtout des filles), il s&#8217;agissait de cette légèreté dans l&#8217;appréciation de la vie. <a href="http://www.penelope-jolicoeur.com/">Pénélope Bagieu</a> (mais aussi <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Pintades">Les Pintades</a>) en fait partie par exemple. Ses histoires sont fraîches, simples et marrantes ! Elles font du bien au cerveau car nous éloignent de nos besoins primaires, pulsionnels.</p>
<p>La futilité est donc un hymne au plus haut niveau de l&#8217;évolution humaine, selon les valeurs occidentales malgré tout. C&#8217;est une sorte de Graal à atteindre et dont la route présente entre autres points de contrôle toute la culture Pop des années 60-70.</p>
<p>Le seul point inquiétant dans tout ça, et je ne m&#8217;étendrai pas dessus car l&#8217;heure est suffisamment au pessimisme, c&#8217;est l&#8217;extrême polarité des conditions sociales. Comment dans un pays comme la France, peut-on encore trouver des êtres qui essaient de survivre, comme les sans-abri par exemple : attaqués, affamés comme des animaux et sur le trottoir d&#8217;en face une personne s&#8217;amusant sur son téléphone portable pour atteindre le dernier niveau de son jeu vidéo à grands renforts de sabres laser en pixels ?!</p>
<p>Quoiqu&#8217;il en soit, les activités qui n&#8217;ont pas d&#8217;importance profonde représentent un cap du confort matériel. La spiritualité, grande absente de cet article, pourrait finalement n&#8217;être qu&#8217;une étape vers le palier supérieur.</p>
<p>Arriver à la futilité, c&#8217;est atteindre un niveau de sagesse, dicté certes par une aisance matérielle mais aussi par une liberté de l&#8217;esprit, qui s&#8217;inscrit dans le présent.</p>
<div id="attachment_462" class="wp-caption aligncenter" style="width: 450px"><img class="size-full wp-image-462 " title="Citroën 2CV, Pays-Bas, 2009." src="http://www.jrpac.com/blog/wp-content/uploads/2009/12/grenouille.jpg" alt="Citroën 2CV, Pays-Bas, 2009." width="440" height="320" /><p class="wp-caption-text">Citroën 2CV, Pays-Bas, 2009.</p></div>
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		<title>Elle tournait les pages une à une</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Nov 2009 18:11:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Romain Pac</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pensée]]></category>
		<category><![CDATA[Vie]]></category>
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		<category><![CDATA[erasmus]]></category>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Silvie est une amie canadienne. On s&#8217;est rencontrés pendant mon année en Espagne et on a toujours gardé contact. Elle m&#8217;envoie ses cartes postales originales, quelques fois faites main et au verso toujours écrit avec un feutre noir. Sur les bords, il y a des fleurs colorées et sa signature intègre toujours un cœur rose. Point de déclaration d&#8217;amour déguisée derrière ce rituel, juste un état d&#8217;esprit et une vision de la vie positive et multicolore qui lui est propre.</p>
<p>Au printemps dernier, elle est venue passée quelques jours à Paris et je l&#8217;ai hébergée. Ma période Erasmus à Alicante a été émotionnellement forte et je crois qu&#8217;il en a été de même pour tous les étudiants, si bien que je n&#8217;ai pas du tout le même type de relations avec eux qu&#8217;avec mes amis Français. On n&#8217;a rien à se prouver, tout le monde est connecté de manière limpide. Il y a de la vie, simplement.</p>
<p>Donc, quand Silvie est venue dormir chez moi, elle était chez elle et ça s&#8217;est fait de suite, comme si c&#8217;était évident. Mon appartement l&#8217;avait intégré. Dans l&#8217;expérience Erasmus, tout le monde partage une partie de soi et il en résulte une proximité, un peu comme de vieux amis qui se connaîtraient depuis plusieurs dizaines d&#8217;années et qui auraient tout vécu ensemble. Là, le temps n&#8217;est pas passé mais a laissé place à l&#8217;intensité &#8211; et véracité &#8211; des relations humaines exacerbées par le contexte. Inconsciemment on s&#8217;est tous livrés et notre vraie personnalité ressort, diffusée.</p>
<p>Elle pose son sac à dos, je mets de la musique et allume la lampe-boule rouge et une autre lumière. Il fait nuit dehors. Ça fait longtemps qu&#8217;on ne s&#8217;est pas vus, plusieurs années déjà mais il n y pas un flot de parole incessant. On est bien, c&#8217;est calme. Il faut dire que Silvie a une voix douce et plus lente que nous, Français, réputés pour parler tellement vite que ça en devient incompréhensible !</p>
<p>Comme la plupart de mes hôtes, je lui amène un bouquin photo que j&#8217;adore particulièrement parce qu&#8217;il est beau et que son auteur fait partie des cinq photographes que j&#8217;admire le plus depuis bien des années. C&#8217;est le livre <a href="http://www.amazon.fr/gp/product/0810993805?ie=UTF8&amp;tag=photo400jours-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=0810993805">Beneath the Roses</a> (Traduction : Sous la surface des Roses) de <a href="http://www.luhringaugustine.com/index.php?mode=artists&amp;object_id=66">Gregory Crewdson</a>. Je pense que l&#8217;univers de cet artiste, fortement inspiré par les rêves, fera écho à sa manière d&#8217;être parce qu&#8217;elle est souvent <em>dans les nuages</em>, ailleurs, dans ses pensées. Même si l&#8217;œuvre de Crewdson est très accessible (et c&#8217;est ce que j&#8217;aime chez lui : une simplicité dans la représentation, loin d&#8217;un snobisme artistique !), sa démarche incite malgré tout à se questionner, à analyser finement ce qu&#8217;il nous présente.</p>
<p>Elle s&#8217;installe dans le futon et commence à ouvrir cet ouvrage grand format. Il y a plus de cent pages, avec une photo à chaque feuille. Ancré dans la superficialité et la rapidité de la vie citadine que je mène, je me dis qu&#8217;elle va &#8211; comme la plupart des gens à qui j&#8217;ai montré ce livre &#8211; le feuilleter pendant une à deux minutes, le refermer brusquement et conclure par un attendu &laquo;&nbsp;c&#8217;est incroyable&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;c&#8217;est joli&nbsp;&raquo;, que sais-je !</p>
<p>Erreur.</p>
<p>Elle l&#8217;a ouvert à la première page, a parcouru la préface car elle était en français puis est passée au premier tableau de Crewdson : une photographie d&#8217;une rue de grande banlieue nord-américaine, à l&#8217;aube, avec tous les feux tricolores en position orange et surtout une femme en plein milieu mais de profil, enceinte, en petite nuisette et avec des chaussures  rouges à talons. Le comportement du sujet de cette image marque un moment d&#8217;absence, d&#8217;égarement dans une situation surréaliste.</p>
<p>Silvie regardait cette photo et au bout d&#8217;une minute passe à la photo suivante. Elle tournait les pages une à une, contemplant les œuvres de cet artiste. Elle prenait le temps d&#8217;apprécier. Son attitude était un hymne à la contemplation et à la lenteur, avec toute la profondeur à laquelle elle est associée.</p>
<p>Ils s&#8217;étaient trouvés finalement ! Crewdson, qui travaille en chambre photographique avec un processus de réalisation très long pour chaque image et Silvie, une lectrice à la hauteur du travail de l&#8217;artiste qui passa presque une heure à regarder ce livre.</p>
<p>Puis, elle ferme le livre. Je ne sais plus trop ce qu&#8217;elle dit ou même si elle dit quelque chose ! Quoiqu&#8217;il en soit, ce moment de calme a joué un rôle introductif à la soirée.</p>
<p>On a commencé à discuter et non, on ne s&#8217;est pas racontés nos vies mais plutôt on a eu une discussion banale, entre bons et vieux amis, sur des préoccupations humaines et relationnelles du quotidien. C&#8217;est ça Erasmus, on quitte les gens, on les revoit des années après, mais on a compris tellement ce qui fait l&#8217;importance d&#8217;un être et qui il est vraiment qu&#8217;on s&#8217;attarde sur des sujets qui peuvent sembler simples mais au fond sont primordiaux voire existentiels, en enlevant toute connotation philosophique.</p>
<p>Le lendemain matin, vers six heures, je l&#8217;entendais se préparer. Je me lève, l&#8217;accompagne en bas de chez moi et la laisse partir pour Vancouver, par un vol depuis Paris sans escales.</p>
<div id="attachment_394" class="wp-caption aligncenter" style="width: 450px"><img class="size-full wp-image-394 " title="Recto/Verso. 2008." src="http://www.jrpac.com/blog/wp-content/uploads/2009/11/lettre_silvie.jpg" alt="Recto/Verso. 2008." width="440" height="224" /><p class="wp-caption-text">Recto/Verso. 2008.</p></div>
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